France-A neuf jours de l'Euro, Benzema se dit victime de racisme

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    * Il accuse Didier Deschamps d'avoir cédé à la pression 
    * Une controverse lancée par Eric Cantona 
    * Thierry Braillard dénonce des propos "inacceptables" 
 
    PARIS, 1er juin (Reuters) - Karim Benzema, qui n'a pas été 
sélectionné en équipe de France pour l'Euro 2016 de football, a 
ouvert une nouvelle polémique à l'approche du tournoi en 
accusant Didier Deschamps d'avoir "cédé à la pression d'une 
partie raciste de la France". 
    Le secrétaire d'Etat aux Sports a dénoncé sur BFM TV des 
propos "injustifiés" et "inacceptables", que l'attaquant du Real 
Madrid tient dans le quotidien sportif espagnol Marca, paru ce 
mercredi. 
    "L'équipe de France est sélectionnée uniquement sur des 
critères techniques et de compétence et il n'y a absolument pas 
le moindre racisme dans cette fédération. Le moment est venu de 
faire plutôt l'unité derrière notre équipe", a souligné Thierry 
Braillard. 
    L'équipe de France de football, actuellement en stage à 
Neustift (Autriche), entamera l'Euro le 10 juin prochain par une 
rencontre contre la Roumanie. 
    La Fédération française de football (FFF) et le 
sélectionneur Didier Deschamps avaient décidé le 13 avril 
dernier de ne pas retenir Karim Benzema -- qui compte 81 
sélections à son actif -- dans la liste des 23 en raison de son 
implication présumée dans l'affaire dite de la "sextape" visant 
son coéquipier Mathieu Valbuena.  
    Dans Marca, Karim Benzema, 28 ans, déclare ne pas comprendre 
son éviction "sur le plan sportif" et ajoute, "sur le plan 
judiciaire" : "Je ne suis pas encore jugé et je suis présumé 
innocent. Il faudra attendre que la justice se prononce". 
    Les déclarations du footballeur font suite à des accusations 
de la même teneur de l'ancien international français Eric 
Cantona qui, le 26 mai dernier dans le quotidien britannique The 
Guardian, s'interrogeait sur l'absence de Karim Benzema et Hatem 
Ben Arfa, "les deux meilleurs joueurs en France". 
     
    "LA FRANCE N'EST PAS UN PAYS RACISTE" 
    L'ancien joueur de Manchester United imputait à mots 
couverts leur non-sélection à "leurs origines (...) 
nord-africaines". 
    Dans une interview à France Football publiée lundi, le 
comédien franco-marocain Jamel Debbouze estime que "Karim 
Benzema, et par extension Hatem Ben Arfa, payent la situation 
sociale de la France d'aujourd'hui". 
    L'ancien Premier ministre François Fillon, candidat à la 
primaire de la droite, a qualifié mercredi cette nouvelle 
polémique d'"insupportable". 
    "Je trouve ça insupportable parce que le sélectionneur est 
souverain dans ses choix et ensuite parce que le fait de ramener 
en permanence les problèmes du pays à des questions de race, de 
religion, d'ethnie et de communauté n'est pas un signe de bonne 
santé", a-t-il réagi sur RTL. 
    "Je déplore ces déclarations à l'emporte-pièce qui visent 
tout et personne, la France n'est pas un pays raciste", a dit 
pour sa part Bruno Le Maire sur BFM TV. 
    "Cette réaction est déplacée. Dans cette affaire, les 
questions de justice ont sans doute plus pesé que les questions 
de racisme. On a beau être un très bon joueur, il y a des 
conditions pour porter le maillot bleu-blanc-rouge", a commenté 
l'ancien Premier ministre (Les Républicains) Jean-Pierre 
Raffarin sur Europe 1. 
    Pour David Cormand, secrétaire national d'Europe 
Ecologie-Les Verts (EELV), interrogé sur iTELE, "il faut 
entendre cette crainte, ce ressenti" face à "une forme 
d'islamophobie qui augmente" en France. 
    "Je ne crois pas que (Didier) Deschamps soit raciste, je ne 
pense pas que la Fédération le soit, par contre, je pense que 
Benzema a raison de dire que nous sommes dans un pays où le 
racisme augmente", a renchéri l'ancien ministre socialiste 
Benoît Hamon sur Europe 1. 
 
 (Sophie Louet) 
 
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