France-A Moirans, Valls rejette les accusations de laxisme

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* Valls en Isère deux semaines après les violences * Le Premier ministre assure que les auteurs seront arrêtés * Un discours à Grenoble pour contrer Sarkozy par Catherine Lagrange MOIRANS, Isère, 6 novembre (Reuters) - Manuel Valls, taxé de laxisme par l'opposition, a assuré vendredi que les auteurs des violences de Moirans seraient "interpellés, poursuivis et sanctionnés" après avoir défendu sur Facebook la politique de sécurité du gouvernement face à "ceux qui singent l'autorité." La petite commune iséroise a été le 20 octobre dernier le théâtre de dégradations et de violences de la part de plusieurs dizaines de personnes qui réclamaient la libération provisoire d'un de leurs amis actuellement incarcéré. ( ID:nL8N12K4TV ) La droite avait alors dénoncé dans ces événements le symptôme de la "faiblesse" voire de la "décomposition" de l'Etat, argument repris cette semaine par Nicolas Sarkozy qui a présenté ses propositions sécuritaires en vue de la présidentielle de 2017. ( ID:nL8N12L1YX ) et ( ID:nL8N12Y2FD ) Le ministère de l'Intérieur n'a pas fait état d'interpellations à ce jour, mais le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a déclaré vendredi matin sur BFM TV que des arrestations pourraient intervenir prochainement. Le Premier ministre devait prononcer un discours sur l'autorité et la sécurité à Grenoble, ville où Nicolas Sarkozy avait déclaré en juillet 2010, tournant de son quinquennat, la "guerre" aux "trafiquants" et aux "voyous" à la suite de violences urbaines. Dans une tribune diffusée jeudi soir sur Facebook, Manuel Valls oppose sa vision de l'autorité à celle de l'ancien chef de l'Etat en évoquant notamment "les violences à Air France", "les scènes d'émeutes de Moirans". Il défend le choix du gouvernement d'"agir avec constance pour renforcer l'autorité", "en corrigeant les dérives du passé et en renforçant structurellement l'autorité". "LE DÉBAT ET AUSSI LA CASTAGNE" "Cela passe par une éthique de comportement. Cela passe, aussi, par les actes", écrit-il en critiquant la dérive, à ses yeux, "d'une partie de la droite". "Celle de ceux qui singent l'autorité, la dénaturent, versent dans le seul autoritarisme, par l'agitation des mots et la facilité des postures", dit-il en visant implicitement Nicolas Sarkozy. "C'est toujours l'attitude de l'extrême droite. C'est souvent, et de plus en plus, l'attitude d'une partie de la droite, qui lui court après", ajoute-t-il. A Moirans, Manuel Valls a plaidé pour le "rassemblement". "J'aime de plus en plus la République quand elle est rassemblée. J'aime le débat et aussi la castagne quand elle est nécessaire", a-t-il résumé. Auparavant, lors d'une étape à Lyon, le chef du gouvernement a concédé que la réforme contestée de la dotation globale de fonctionnement (DGF), la principale aide de l'Etat aux collectivités locales, était "inéquitable et illisible". Il a annoncé mardi son report au 1er janvier 2017. "Il s'agit d'une démarche d'ampleur, complexe, et nous devons prendre le temps de faire des ajustements nécessaires pour prendre en compte la nouvelle carte intercommunale" a-t-il expliqué à Lyon où il a assisté à la naissance de "La France Urbaine". Cette nouvelle association d'élus de grandes villes est née de la fusion de l'association des maires des grandes villes de France et de l'association des communautés urbaines de France, qui représentent quelque 30 millions de Français. Le sénateur-maire socialiste de Lyon, Gerard Collomb, s'est montré peu convaincu par les arguments de Manuel Valls. "Le Premier ministre n'a pas franchement apporté de réponses à nos soucis entraînés par les baisses de dotations de l'Etat", a-t-il dit à la presse. (Edité par Sophie Louet)

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