France-23 personnes interpellées lors de 168 perquisitions

le
0

* Des perquisitions permises par l'état d'urgence * 31 armes, dont quatre de guerre, ont été saisies * 104 personnes assignées à résidence (Actualisé avec autres déclarations, précisions) PARIS, 16 novembre (Reuters) - Vingt-trois personnes ont été interpellées lors des 168 perquisitions effectuées dans la nuit de dimanche à lundi dans de nombreuses villes françaises après les attentats de Paris et Saint-Denis, a annoncé le ministre de l'Intérieur. Dans le même temps, la France a décrété 104 assignations à résidence de personnes faisant l'objet de "l'attention particulière" des services spécialisés, a précisé Bernard Cazeneuve lors d'une déclaration à la presse. "La riposte sera d'ampleur et totale. Ça n'est là qu'un début", a-t-il affirmé. "Nous utilisons les possibilités que nous donne l'état d'urgence, c'est-à-dire des perquisitions administratives 24 heures sur 24 et cela permet à nos services de police et de gendarmerie d'interpeller tous ceux et toutes celles qui sont dans la mouvance djihadiste", avait auparavant souligné le Premier ministre, Manuel Valls, sur RTL. L'état d'urgence permet des perquisitions sous la direction du préfet dans des dossiers qui ne sont pas encore judiciarisés. Depuis ces dernières heures, l'opposition presse l'exécutif de prendre des mesures fortes. MODIFICATIONS DRASTIQUES ? Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, a ainsi appelé à "des modifications drastiques" de la politique de sécurité et à mettre un bracelet électronique aux 11.500 personnes fichées pour radicalisation. Face aux premières critiques, Bernard Cazeneuve a rappelé que 203 interdictions de sortie du territoire avaient été prononcées à l'encontre de personnes suspectées de vouloir partir en Syrie ou en Irak, et que 62 interdictions d'entrée en France avaient été notifiées à l'encontre de suspects étrangers. En outre, six déchéances de nationalité française ont été prononcées et 34 arrêtés d'expulsion ont visé des ressortissants étrangers liés à la mouvance djihadiste, en particulier des "imams prêcheurs de haine", a-t-il dit. Parallèlement, le conseil des ministres examinera prochainement les procédures en cours visant à dissoudre des associations cultuelles "occupant des lieux de culte radicalisés et faisant l'apologie de la violence". Les perquisitions ont permis la saisie de 31 armes, dont quatre de guerre, de vêtements militaires, de drogue et d'ordinateurs, a précisé Bernard Cazeneuve. Elles se sont déroulées dans 19 départements et de nombreuses villes, principalement à Lille, Strasbourg, Lyon, Grenoble, Marseille et Toulouse. Celles menées dans l'agglomération lyonnaise ont conduit à l'interpellation de cinq personnes et à la saisie d'un véritable "arsenal de guerre", a indiqué une source policière. A Feyzin, près de Lyon, les enquêteurs ont ainsi découvert un lance-roquettes, un fusil d'assaut kalachnikov, une série d'armes de poing et d'épaule, ainsi que des gilets pare-balles. Dans les Bouches-du-Rhône, près de 200 policiers ont été mobilisés pour mener des perquisitions administratives. "Nous avions 20 objectifs de personnes radicalisées. Nous devions vérifier si ces personnes étaient là, si elles étaient éventuellement en possession d'armes, le but était de faire progresser des enquêtes", a déclaré à Reuters Laurent Nunez, préfet de police de Marseille qui a annoncé que ces perquisitions administratives allaient se poursuivre. Une arme a été saisie durant ces perquisitions ainsi que de la cocaïne et 15.000 euros en liquide. Une personne a été placée en garde à vue. (Gérard Bon, avec Catherine Lagrange à Lyon et François Revilla à Marseille, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant