France 2017-Valls survole les sondages pour la primaire

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    * Dix-huit points d'avance sur Montebourg 
    * "Rien n'est écrit", tempère l'ex-Premier ministre 
    * Les trois débats télévisés seront importants 
 
 (Actualisé avec commentaires, autres sondages, détails) 
    PARIS, 5 janvier (Reuters) - Malgré un début de campagne en 
demi-teinte, Manuel Valls reste largement en tête des intentions 
de vote pour les deux tours de la primaire de la gauche, selon 
un sondage Harris Interactive pour France Télévisions publié 
jeudi.  
    Dans cette enquête, l'ex-Premier ministre recueillerait 43% 
des voix au premier tour, devançant de 18 points l'ancien 
ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg (25%) et de 
21 points son ex-ministre de l'Education Benoît Hamon (22%), 
dans la foulée des sondages publiés depuis son acte de 
candidature tardif, le 5 décembre dernier. 
    Benoît Hamon, qui espère créer une surprise à la mesure de 
celle de François Fillon à la primaire de la droite en novembre, 
enregistre un bond de 11 points par rapport à la précédente 
enquête réalisée début décembre. 
    L'avance de Manuel Valls, invité ce jeudi soir de 
l'"Émission politique" sur France 2, demande à être confortée à 
la lumière des trois débats télévisés entre les sept candidats 
du premier tour prévus les 12, 15 et 19 janvier.  
    Signe de l'intérêt des Français pour cet exercice, le 
premier débat de la primaire de droite, le 13 octobre sur TF1, 
avait été suivi par 5,6 millions de téléspectateurs.  
    "Je ne suis pas favori mais rien n'est écrit ni sur la 
défaite ni sur la victoire, l'élection présidentielle n'est pas 
jouée", déclarait prudemment Manuel Valls mardi en présentant un 
programme écrit pour rassurer la gauche.   et 
  
    Après un début de campagne chaotique notamment lié à son 
inconfortable position de Premier ministre sortant, il a adopté 
un nouveau slogan, "Une République forte, une France juste", 
moins compliqué que le précédent, "Faire gagner tout ce qui nous 
rassemble".  
    "J'ai épousé la France à l'âge de 20 ans", écrit dans sa 
profession de foi ce fils d'un artiste peintre et d'une 
institutrice né Espagnol, naturalisé français dans sa jeunesse. 
     
    "CANDIDAT DE L'EXPÉRIENCE" 
    Une façon de marquer sa différence pour un quinquagénaire au 
profil atypique qui a dédié toute sa vie à la politique et se 
pose aujourd'hui en homme d'expérience.  
    Fort de l'appui récent de poids lourds du gouvernement comme 
Michel Sapin et Jean-Yves Le Drian, Manuel Valls peut aussi 
compter sur des soutiens de longue date comme le ministre de la 
Justice, Jean-Jacques Urvoas.      
    "Toute campagne est compliquée", a commenté le Garde des 
Sceaux jeudi sur RTL. "Dans cette affaire, c'est très simple : 
qui sera le candidat de gauche au deuxième tour de l'élection 
présidentielle ?" 
    A ses yeux, aucun doute : "Ça sera Manuel Valls, c'est le 
seul qui peut le faire." 
    "Le chemin est long", a-t-il insisté. "Il ne suffit pas 
d'avoir le permis de conduire, il ne suffit pas de connaître le 
parcours, il faut savoir conduire, savoir conduire, ça s'appelle 
l'expérience, Manuel Valls est le candidat de l'expérience".     
    Outre les trois favoris, le sondage Harris interactive 
crédite l'ex-ministre de l'Education Vincent Peillon de 7%, 
devant l'ex-ministre du Logement Sylvia Pinel (2%), le président 
du Parti écologiste François de Rugy (1%) et le président du 
Front démocrate Jean-Luc Bennahmias (moins de 0,5%).  
    Au second tour, Manuel Valls l'emporterait face à Arnaud 
Montebourg (55% contre 45%) et Benoît Hamon (57% contre 43%).  
    Au total, 42% des personnes interrogées se disent 
"intéressées" par la primaire, un chiffre en baisse de huit 
points par rapport à début décembre.  
    D'autres instituts de sondages (Sofres, Ifop et Louis 
Harris) prévoient un taux de participation supérieur à celui de 
la primaire de la gauche en 2011, qui avait rassemblé 2,7 
millions d'électeurs au premier tour et 2,9 millions au second.  
    Une forte participation est l'espoir du PS, la dynamique 
étant censée affaiblir Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, 
candidats hors primaire qui puisent dans l'électorat de gauche.  
    Entre 1,5 et deux millions "serait pas mal et intéressant 
pour la préparation de la présidentielle", a estimé sur Europe 1 
le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. "Ça 
veut dire que la gauche se sera prononcée massivement pour le 
candidat ou la candidate qui l'aura emporté." 
 
 (Elizabeth Pineau et Marine Pennetier, avec Jean-Baptiste Vey, 
édité par Yves Clarisse) 
 
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