FRANCE 2017-Pas de vote électronique aux législatives face à la menace cyber

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    * Fekl invoque un niveau élevé de menace cyber 
    * La mesure concerne les Français de l'étranger 
    * La décision dénoncée par plusieurs élus 
 
 (Actualisé avec Axelle Le Maire, Pays-Bas) 
    PARIS, 6 mars (Reuters) - Matthias Fekl a annoncé lundi 
l'abandon du vote électronique pour les Français de l'étranger 
pour les élections législatives de juin, invoquant des raisons 
de sécurité dans un contexte électoral marqué par des soupçons 
de cyber-déstabilisation imputée notamment à la Russie. 
    Cette décision a été prise "sur la base des recommandations 
des experts de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes 
informatiques (ANSSI) et en tenant compte du niveau de menace 
extrêmement élevé de cyberattaques qui pourrait affecter le 
déroulement du vote électronique", explique le secrétaire d'Etat 
chargé des Français de l'étranger dans un communiqué du Quai 
d'Orsay.  
    "En raison de ce contexte, il a été jugé préférable de ne 
prendre aucun risque de nature à compromettre le scrutin 
législatif pour les Français de l'étranger", ajoute-t-il.  
    Le vote électronique a été instauré en France en 2012, 
uniquement pour les élections législatives - pour les électeurs 
inscrits dans l'une des 11 circonscriptions électorales à 
l'étranger - et pour les élections des conseillers consulaires. 
    En dehors de ces deux élections, le vote se fait en personne 
au bureau de vote ou par procuration. 
    "L'exercice du droit de vote de nos compatriotes à 
l'étranger pour les législatives se déroulera donc dans des 
conditions identiques à celles de l'élection présidentielle", 
souligne le Quai d'Orsay. "A cette fin, les Français inscrits 
sur les listes électorales pourront exercer leur droit de vote à 
l'urne dans les mêmes conditions que lors de l'élection 
présidentielle." 
    "Les votes par correspondance et par procuration seront 
facilités et encouragés", ajoute-t-il.  
    Selon des données provisoires publiées par l'Insee ce lundi, 
1,3 million de Français de l'étranger étaient inscrits sur une 
liste consultaire au 15 février.  
     
    PÉTITION 
    Lors d'une audition devant le Sénat le 18 janvier, le 
directeur de l'ANSSI Guillaume Poupard avait exprimé des 
réserves sur le vote électronique, disant notamment ne pas y 
être favorable.  
    "Aujourd'hui, quand on met en regard les capacités de 
sécurisation que l'on a, même en faisant beaucoup d'efforts, 
même avec des gens très sérieux, et le niveau des attaquants 
potentiels (...), on a du mal à totalement rassurer", avait-il 
dit.  
    L'annonce de la suspension du vote électronique a été 
critiquée par plusieurs élus, notamment Frédéric Lefebvre, 
député LR des Français d'Amérique du Nord, qui a dénoncé une 
"mesure inacceptable" et lancé une pétition en ligne invitant le 
gouvernement à revenir sur sa décision.   
    L'ancienne secrétaire d'Etat au Numérique et à l'Innovation 
Axelle Le Maire, qui a démissionné le 27 février pour rejoindre 
l'équipe de campagne du candidat socialiste à l'élection 
présidentielle Benoît Hamon, a pour sa part dénoncé sur Twitter 
"un déni démocratique". 
    "Modifier sans débat un mode de scrutin à 3 mois d'une 
échéance électorale, amateurisme ou autoritarisme ?", 
écrit-elle.  
    La menace d'une cyber-déstabilisation a surgi ces derniers 
mois en France, avec en toile de fond les soupçons de piratage 
russe qui ont entaché les élections américaines de novembre 
dernier.  
    L'équipe de campagne d'Emmanuel Macron s'est notamment 
alarmée de la multiplication d'attaques visant le site du 
mouvement "En Marche!" et a appelé les autorités françaises à 
prendre des mesures pour apporter les garanties d'un déroulement 
"normal" du scrutin présidentiel. 
    La question a été évoquée lors d'un conseil de défense la 
semaine dernière - une première - au cours duquel François 
Hollande a demandé la mobilisation de tous les moyens face aux 
cybermenaces dans la perspective des élections présidentielle et 
législatives du printemps.   
    En février, les Pays-Bas avaient eux aussi annoncé leur 
décision de ne pas avoir recours au vote électronique lors des 
élections législatives prévues le 15 mars prochain, invoquant de 
possibles piratages informatiques. 
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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