France 2017-Macron en route pour l'élection présidentielle

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    * Macron perturbe la primaire à droite 
    * Les ambitions de Hollande et Valls contrariées par sa 
candidature 
    * Pour les sondages, il est encore un candidat de deuxième 
rang 
 
 (Avec précisions, contexte) 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 15 novembre (Reuters) - L'ancien ministre de 
l'Economie, Emmanuel Macron, officialisera mercredi sa 
candidature à l'élection présidentielle de 2017, une décision 
qui perturbe la primaire de la droite et coupe l'herbe sous les 
pieds de François Hollande et Manuel Valls. 
    "Il a pris sa décision. Elle était prise depuis longtemps. 
Il l'annoncera demain", a déclaré à Reuters un de ses proches. 
    Emmanuel Macron fera une déclaration à la presse à 10h30 
lors d'une visite à un centre d'apprentissage de Bobigny 
(Seine-Saint-Denis), près de Paris, précise son entourage. 
    Nombre des soutiens de l'ancien banquier de 38 ans le 
pressaient de se déclarer. A trop attendre, estimaient-ils, il 
risquait de décevoir les attentes d'une partie de ceux que son 
discours en faveur d'un renouvellement de la politique séduit.  
    Selon un de ses proches, Emmanuel Macron sait qu'il sera 
candidat depuis la création de son mouvement "En Marche !" en 
avril, bien avant sa démission du gouvernement, fin août.  
    "Il était conscient depuis un an que le président de la 
République ne serait pas en état de se présenter" avec la 
moindre chance de succès, explique ce soutien de l'ex-ministre.  
    
    Emmanuel Macron, qui se veut l'artisan d'un "rassemblement 
de progressistes" le plus large possible, a bâti les conditions 
de sa candidature à marche forcée. 
    "En Marche !", qui revendique aujourd'hui plus de 96.000 
adhérents, s'est doté d'une structure nationale et territoriale, 
avec un secrétaire général, le député PS Richard Ferrand, des 
référents départementaux et plus de 1.800 comités locaux. 
    L'ancien ministre a également commencé à dessiner un projet 
présidentiel, fruit de la collecte sur le terrain de milliers de 
témoignages. Il a lui-même multiplié déplacements et rencontres 
et devrait faire la synthèse de ses propositions lors d'un grand 
meeting, le 10 décembre, probablement à Paris.   
     
    PRÉFÉRÉ À VALLS 
    Selon les sondages, Emmanuel Macron et, dans une moindre 
mesure, le Premier ministre Manuel Valls, qui ne cache pas se 
préparer  , feraient de meilleurs présidents que le 
chef de l'Etat sortant aux yeux de nombreux Français.  
    Ils devancent les anciens ministres socialistes Arnaud 
Montebourg et Benoît Hamon, avec un avantage à Emmanuel Macron 
préféré par 56% des Français à Manuel Valls dans un récent 
sondage Odoxa pour France Info, pour affronter la droite et le 
Front national en cas de renoncement de François Hollande. 
    En matière d'intentions de vote, aucun des deux n'est 
cependant donné qualifié au second tour de la présidentielle, 
pas plus d'ailleurs que les autres candidats de gauche, Jean-Luc 
Mélenchon, champion de la "France insoumise", compris.  
    A ce jour, Emmanuel Macron est au mieux crédité d'environ 
14% des suffrages au premier tour de la présidentielle. 
    Avant même d'être officialisée, sa candidature n'en a pas 
moins suscité mardi soir une avalanche de réactions, notamment à 
droite, à cinq jours de la primaire présidentielle de la droite. 
    "J'ai cru comprendre qu'il nous disait, en gros, 'je vais 
faire de la politique différemment'", a ainsi déclaré sur BFM TV 
le député Benoist Apparu (Les Républicains), soutien du maire de 
Bordeaux Alain Juppé, favori de la primaire à droite.     
    "Et la première chose qu'il fait c'est une démarche purement 
politicienne, de calcul électoral en se disant 'je vais essayer 
de fausser (...) le résultat de la primaire de la droite et du 
centre'", a ajouté ce parlementaire. 
    Le député PS Yann Galut a pour sa part estimé qu'Emmanuel 
Macron avait accéléré son calendrier "parce que l'impression 
générale c'est que sa candidature ne prend pas sur le terrain." 
    "Il se met hors parti. C'est peut-être une carte à jouer 
pour lui mais je crois que ça va faire long feu", a-t-il ajouté. 
    Quant à la présidente du Front national, Marine Le Pen, que 
les sondages donnent systématiquement qualifiée pour le second 
tour de la présidentielle, elle a affiché une relative sérénité. 
    "Nous ne voyons pas d'inconvénient à ce qu'il soit 
candidat", a-t-elle dit à la presse. "L'élection présidentielle, 
c'est la rencontre entre une personnalité et le peuple. Reste à 
savoir maintenant si M. Macron va réussir à trouver le peuple." 
 
 (Avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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