FRANCE 2017-Macron dénonce les extrêmes, Le Pen se démarque de son père

le
0
    * Emmanuel Macron met en garde contre les extrêmes 
    * Marion Maréchal-Le Pen l'accuse de "récupération" 
    * Marine Le Pen réaffirme la rupture avec son père 
 
    PARIS, 30 avril (Reuters) - A une semaine du second tour de 
l'élection présidentielle, la confrontation entre Emmanuel 
Macron et Marine Le Pen s'est cristallisée autour du devoir de 
mémoire dimanche, à l'occasion de la journée nationale des 
victimes de la déportation.  
    L'ex-ministre de l'Economie n'a eu de cesse cette semaine de 
ramener le Front national à ses origines, dans un travail de 
sape de la "dédiabolisation" opérée ces dernières années par son 
adversaire du second tour.  
    Mais Marine Le Pen a réaffirmé dimanche la rupture 
"définitive" avec son père, fondateur du parti d'extrême droite, 
tandis que Marion Maréchal-Le Pen, nièce de la candidate, a 
accusé Emmanuel Macron de "récupération" et de "chantage à la 
Seconde Guerre mondiale".    
    Après sa visite dans le village martyr d'Oradour-sur-Glane 
(Haute-Vienne), vendredi, le candidat du mouvement En Marche ! a 
lancé une nouvelle mise en garde contre "les extrêmes" à l'issue 
d'une visite au mémorial de la Shoah à Paris.  
    "L'hommage que je souhaitais rendre aujourd'hui, c'était ce 
devoir que nous devons à toute ces vies fauchées par les 
extrêmes, par la barbarie", a-t-il déclaré à la presse au terme 
de ce déplacement. 
    "Nous avons aujourd'hui un devoir qui est double, le devoir 
de mémoire (...) et le devoir que cela n'advienne plus jamais en 
n'acceptant en rien l'affaiblissement moral qui peut tenter 
certains, le relativisme qui peut tenter d'autres, le 
négationnisme dans lequel certains trouvent refuge", a-t-il 
ajouté.   
     
    RUPTURE "DÉFINITIVE" 
    L'histoire du Front national a notamment été ponctuée par 
les déclarations répétées de son fondateur Jean-Marie Le Pen, 
mettant en cause la réalité de la persécution des juifs par les 
nazis.  
    L'ex-président du parti, dont la qualification inattendue 
pour le second tour de l'élection présidentielle le 21 avril 
2002 avait provoqué un choc en France, a été exclu de sa 
formation politique en août 2015 après ses déclarations répétées 
sur les chambres à gaz nazies, "détail de l'histoire de la 
Seconde Guerre mondiale" selon lui.  
    Marine Le Pen, qui a tenté de normaliser l'image du FN 
depuis qu'elle a succédé à son père en 2011, a réaffirmé 
dimanche sa différence. 
    Elle a notamment déclaré sur France 2 s'être "fait violence 
en rompant politiquement avec Jean-Marie Le Pen" tout en 
précisant avoir procédé à cette "rupture politique (...) 
définitive" parce que "l'intérêt supérieur du pays était en 
cause".   
    "Je n'entretiens plus de relation avec lui, je ne suis pas 
responsable de ses dérapages, de ses propos inadmissibles", 
a-t-elle également dit dans un entretien publié dans Le Parisien 
Dimanche.   
    Une nouvelle polémique concernant des propos négationnistes 
présumés du président par intérim du FN Jean-François Jalkh a 
par ailleurs incité ce dernier à se retirer vendredi. 
  
     
    "INDÉCENT" 
    La visite d'Emmanuel Macron au mémorial de la Shoah, deux 
jours après son déplacement à Oradour-sur-Glane  , a 
suscité des critiques virulentes de la part de Marion 
Maréchal-Le Pen, la nièce de la candidate du FN.   
    Sans nommer directement l'ex-banquier d'affaires, la députée 
FN du Vaucluse a qualifié sur BFMTV son comportement 
d'"indécent", l'accusant de faire "de la récupération des morts 
et de ces déportations, du chantage à la Seconde Guerre 
mondiale".   
    "Rendre hommage à nos morts, à nos souffrances passées, 
c'est un devoir civique", a-t-elle dit. "Utiliser de façon 
indécente politiquement cela pour essayer de faire passer des 
messages moraux ou historiques assez malvenus, je trouve ça 
indécent."  
    "Je crois que nos adversaires politiques n'arrivent plus à 
nous attaquer sur le fond parce qu'ils sont complètement 
dépassés par leur bilan désastreux, et donc, à partir de là, ils 
essaient de faire de la morale", a-t-elle ajouté. 
    A l'issue d'une visite au mémorial des martyrs de la 
déportation, également à Paris, Emmanuel Macron a répliqué 
sèchement à ces accusations. 
    "Voudrait-elle, parce qu'elle a dans son parti et ses 
membres fondateurs, des gens qui le nient, voudrait-elle qu'on 
ne célèbre plus, qu'on n'exerce plus le devoir de mémoire (...) 
voudrait-elle qu'on ne fasse plus notre devoir ?" a-t-il dit à 
des journalistes. 
    "Allons, nous avons subi déjà bien des intimidations, nous 
en supportons déjà beaucoup de sa part, pour que fièrement, 
résolument, nous puissions encore défendre ce que nous sommes, 
notre histoire, la mémoire de celles et ceux qui ont péri et la 
volonté farouche et jusqu'au bout que cela ne revienne jamais", 
a-t-il ajouté. "Madame Le Pen et les siens peuvent bien se 
plaindre, je ne leur céderai rien".   
    Le grand rabbin de France Haïm Korsia a pour sa part dénoncé 
les propos de Marion Maréchal-Le Pen. "Je crois que lorsqu'on 
parle d'opportunisme c'est finalement qu'on ne comprend pas 
l'importance de se recueillir", a-t-il déclaré.    
    Marine Le Pen avait pour sa part rendu hommage aux victimes 
de la déportation dans la matinée à Marseille sans avoir annoncé 
ce déplacement à la presse. 
    Elle a déposé une gerbe devant une stèle commémorative en 
compagnie de Stéphane Ravier, sénateur des Bouches-du-Rhône et 
maire du septième secteur de Marseille, selon des photos 
publiées sur Twitter par Kévin Pfeffer, membre de son équipe de 
campagne.  
 
 (Emmanuel Jarry et Myriam Rivet, édité par Danielle Rouquié) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant