FRANCE 2017-Macron, bousculé sur la colonisation, persiste et signe

le
4
    * Un meeting perturbé par une manifestation 
    * Macron assume ses propos même s'ils ont pu "blesser" 
    * Il se démarque de Fillon sur la sécurité 
    * Le programme de Macron toujours prévu pour mars 
 
    par Jean-François Rosnoblet 
    TOULON, Var,  18 février (Reuters) - Emmanuel Macron a 
reconnu samedi que ses propos sur la colonisation en Algérie 
avaient pu blesser des harkis et des rapatriés mais sans les 
renier, insistant sur la nécessité pour la France de regarder en 
face son "passé complexe" pour avancer. 
    La polémique déclenchée par ses déclarations à un média 
algérien assimilant la colonisation à un "crime contre 
l'humanité"   a poursuivi le leader d'"En marche" 
tout au long de sa tournée de deux jours dans le sud-est de la 
France, où la population d'origine pieds-noirs est nombreuse. 
    Une centaine de manifestants ont tenté samedi de bloquer les 
accès du Zénith de Toulon avant son meeting, Emmanuel Macron 
mettant en cause la responsabilité du Front national, qui a 
empêché selon lui des centaines de personnes d'entrer dans la 
salle. 
    Il a consacré une bonne partie de son discours d'une heure 
trente, prononcé devant 1.200 personnes, à ses propositions en 
matière de sécurité éventées la veille lors d'une visite à 
Carpentras, dans le Vaucluse.   
    Mais l'ancien ministre de l'Economie est aussi revenu sur la 
polémique qui a pollué sa campagne cette semaine au moment où il 
commence à marquer le pas dans les sondages d'opinion. 
    "J'ai dit les responsabilités de la France quant à son passé 
colonial" et pas seulement en Algérie, a-t-il déclaré. "Oui 
c'est un passé dans lequel il y a des crimes contre l'humain, il 
y a des crimes graves, de la barbarie (...) si on ne regarde pas 
ce passé en face, est-ce qu'on peut construire l'avenir ? Je ne 
le crois pas", a-t-il ajouté, en insistant aussi sur le "travail 
formidable" réalisé par des Français en Algérie. 
    Il a reconnu qu'il avait pu "blesser" par ses déclarations, 
qui lui ont valu des "lettres bouleversantes", parce que "ce 
sont des mémoires chaudes" pour beaucoup, mais a souligné que sa 
mise en cause ne visait pas des personnes mais "les choix et la 
responsabilité de l'Etat français". 
    "Notre pays a ses divisions qui sont irrationnelles. La  
responsabilité de quelqu'un qui prétend aux plus hautes 
fonctions est d'essayer de réconcilier, d'aller au delà de ces 
divisions, de ces passions", a-t-il encore dit, ajoutant: 
    "Alors pardon pour les passionnés, pardon de vous avoir fait 
mal parce ce n'est pas ce que je voulais ! Mais en même temps, 
comprenez que j'assume pleinement le discours de vérité que j'ai 
porté, mais dans sa complexité (...) parce que ce que je veux, 
c'est que nous allions de l'avant."  
     
    TOLÉRANCE ZÉRO 
    Côté sécurité, l'ancien ministre a dit vouloir mener la 
bataille contre la menace terroriste, d'abord à l'étranger, où 
il défend une politique de "lutte absolue contre le djihadisme 
et le terrorisme islamiste", puis en Europe, dont les moyens de 
surveillance aux frontières doivent être renforcés. 
    "La solution, elle n'est pas chez celles ou ceux qui vous 
promettent aujourd'hui de refermer les frontières. La solution 
est dans une politique européenne de sécurité", a-t-il déclaré. 
    S'agissant de la France, il s'est engagé à créer 10.000 
postes de policiers et de gendarmes et veut renforcer les  
renseignements sur le terrain, critiquant la suppression des 
Renseignements généraux sous Nicolas Sarkozy et son Premier 
ministre François Fillon. 
    Il a également reproché à l'ancien chef de l'Etat la 
suppression de la police de proximité, qu'il veut rétablir dans 
les quartiers sensibles, avant de revenir sur sa conception de 
la "tolérance zéro" développée la veille à Carpentras. 
    Il s'est encore démarqué de François Fillon en rejetant 
l'idée d'une majorité pénale à 16 ans avancée par le candidat du 
parti Les Républicains. 
    Il a fait allusion aux ennuis de son concurrent en 
critiquant les responsables politiques qui dénoncent la 
partialité de la justice parce qu'elle s'attaque à eux, 
demandant: "Est-ce que ces gens-là peuvent prétendre être les 
garants des institutions ?" 
    L'ancien directeur général de l'Organisation mondiale du 
Commerce, Pascal Lamy, était au premier rang du meeting 
d'Emmanuel Macron qui, pressé de dévoiler son programme, a 
maintenu son agenda, à savoir une présentation en mars de son 
"contrat avec la nation". 
    Il doit auparavant donner mercredi prochain le cadrage 
budgétaire de son programme et a promis à cette occasion de 
présenter ses propositions sur une trajectoire "de sérieux 
budgétaire" de la dette publique de la France et des moyens de 
la respecter. 
 
 (avec Yann Le Guernigou à Paris; édité par Henri-Pierre André) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • fortunos il y a 9 mois

    Occuper un pays (qui ne vous a rien demandé ) pendant cent trente ans, faire "suer le burnous" à ses habitants sans même leur accorder une nationalité (les indigènes), piller honteusement les richesses et y pratiquer des essais nucléaires et finalement leur faire la guerre quand ils réclament LEUR pays...oui, cela s'appelle un crime contre l'humanité !

  • nayara10 il y a 9 mois

    Ce type se moque de vous ...Le Show Bize à la Face de Bouke...Pour rallier les jeunes déboussolés accroc aux messageries stériles .Il a bien compris qu'un bulletin c'est de l'argent...Mieux que la Banque ...

  • bsdm il y a 9 mois

    Est ce que le PNF l'a poursuivi pour "avoir oublié" de faire sa déclaration ISF ?

  • bsdm il y a 9 mois

    Son sigle "la France en marche " a été déposé à l'INPI un an avant par Mr Vigne qui l'attaque devant les ribunaux

Partenaires Taux