France 2017-Macron accélère la décomposition de la gauche

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    * Macron veut aller au bout de sa démarche 
    * Les analystes sceptiques sur ses capacités d'être au 2e 
tour 
    * Sarkozy candidat serait sa meilleure chance 
    * Pour l'heure, il profite de la faiblesse de Hollande 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 16 novembre (Reuters) - La candidature atypique 
d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle de 2017 accentue 
la décomposition d'une gauche française à l'agonie et trouble le 
jeu d'une droite partagée entre tentation du repli identitaire 
et ouverture au centre. 
    Mais s'il renouvelle une offre politique sclérosée, le pari 
d'une "révolution démocratique" susceptible d'amener ce candidat 
hors parti de 38 ans au seuil de l'Elysée est loin d'être gagné, 
jugent les analystes interrogés par Reuters. 
    L'ancien conseiller et ex-ministre de l'Economie de François 
Hollande n'a laissé planer aucun doute mercredi sur sa volonté 
d'aller au bout de sa démarche, que le chef de l'Etat décide en 
décembre de briguer un deuxième mandat ou non.   
    "Rien n'est jamais écrit et c'est pourquoi je veux porter 
l'optimisme de la volonté", a expliqué mercredi l'ex-banquier, 
qui en dira plus sur ses projets dans un livre à paraître la 
semaine prochaine, selon un de ses proches. 
    Il est crédité aujourd'hui par les sondages d'environ 14% 
des intentions de vote au premier tour de la présidentielle. 
    Ce score le place devant les autres candidats de gauche, 
potentiels ou déclarés, mais reste encore loin du "ticket" 
d'entrée pour le second tour, bien qu'il morde sur tous les 
électorats, de gauche à droite, jusqu'au Front national. 
     
    PARI SUR SARKOZY 
    Ses partisans veulent y croire, malgré les sondages qui 
donnent la présidente du FN Marine Le Pen qualifiée pour le 
second tour, ce qui ne laisse qu'une place libre. 
    "Il se présente pour gagner, pas pour faire un bon score", 
assure ainsi le député radical de gauche Alain Touret, soutien 
de la première heure de l'ex-ministre de l'Economie. 
    Ses proches assurent qu'il recueillera sans problème les 500 
parrainages requis, notamment grâce au ralliement de nombreux 
élus locaux, et mettent en avant la montée en puissance de son 
mouvement, "En Marche !", qui revendique près de 100.000 
adhérents après seulement huit mois d'existence. 
    Alain Touret est persuadé que Nicolas Sarkozy sera le 
candidat de la droite, ce qui serait la configuration la plus 
favorable : la candidature d'Emmanuel Macro à quatre jours du 
premier tour de la primaire de droite est un coup dur pour le 
principal rival de l'ex-chef de l'Etat, Alain Juppé, jusqu'ici 
favori des sondages, estime l'élu PRG.  
    "Juppé espérait rassembler des voix du centre et du centre 
gauche mais une partie de cet électorat va passer chez Macron", 
prédit-il. "Et si Sarkozy est le candidat de la droite, Macron 
le battra parce que Sarkozy sera abandonné par un tas 
d'électeurs qui auraient voté Juppé ou Fillon."  
    Quant à François Hollande ou au Premier ministre Manuel 
Valls, "ils termineront à 5%", prédit le député PRG. 
    Les analystes se montrent beaucoup plus sceptiques. 
    "Le défi sera pour Emmanuel Macron de trouver un véritable 
espace", estime ainsi Stéphane Zumsteeg, de l'institut Ipsos. 
"Il lui sera très compliqué d'exister si Alain Juppé est le 
candidat LR et si Hollande ou Valls est celui du centre gauche, 
car ils se partageront plus ou moins le même électorat." 
     
    UN COUP D'AVANCE  
    Sa seule chance d'accéder au second tour serait 
effectivement d'être face à des candidats plus radicalement 
identifiés à droite, comme Nicolas Sarkozy ou François Fillon, 
et à gauche, comme Arnaud Montebourg, juge cet analyste, pour 
qui ce n'est cependant pas la configuration la plus probable. 
    Le président de la société de conseil Cap Stéphane Rozès 
crédite cependant Emmanuel Macron d'un coup d'avance, grâce à 
l'annonce de sa candidature avant la primaire de droite et dans 
l'attente de la décision de François Hollande. 
    "Il occupe le vide créé à gauche par l'affaiblissement du 
candidat naturel qu'est le président sortant et il n'est pas 
certain que le vainqueur de la primaire de droite soit le 
candidat préféré du peuple de droite", résume cet analyste. 
    Pour Matthias Fekl, le secrétaire d'Etat chargé du commerce 
extérieur, Emmanuel Macron était une "bombe à retardement placée 
au coeur d'une famille politique". 
    "La bombe a explosé", a-t-il dit sur RMC. 
    Pour le politologue Thomas Guénolé, Emmanuel Macron n'innove 
pas tant sur le plan des idées qu'en assumant explicitement la 
possibilité de proposer un panachage de politiques économiques 
de centre droit et de centre gauche.  
    Mais de là à voir Emmanuel Macron franchir le cap du premier 
tour, il y a un pas qu'il refuse de sauter : "Il n'a aucune 
chance d'être au second tour", juge Thomas Guénolé, selon qui 
l'ex-ministre de l'Economie ne peut guère espérer aller au-delà 
de 15 à 17% des suffrages au premier tour. 
    Ce qui restera de sa démarche, c'est néanmoins un 
renouvellement de l'offre politique qu'il lui faudra faire 
prospérer après la présidentielle, estime ce politologue.  
    "Dans tous les cas de figure, sa candidature est un facteur 
d'éclatement du Parti socialiste", ajoute-t-il. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • M999141 il y a 4 mois

    Sur bien des sujets, il est plus clair que Juppé qui entend occuper aussi la gauche du centre et qui rassemble autour de lui un bel échantillon de politiciens professionnels, prompts à retourner la veste et à poignarder leurs "amis". Voila qui va, je l'espère, redistribuer les cartes.