FRANCE 2017-Les premiers témoins entendus dans l'enquête Fillon

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    * Les premiers témoins dans le bureau des enquêteurs 
    * Le contexte particulier de la présidentielle 
 
 (Actualisé avec audition de Christine Kelly) 
    PARIS, 27 janvier (Reuters) - Les enquêteurs, qui 
travaillent dans le contexte sensible de la campagne 
présidentielle, ont entamé vendredi les auditions destinées à 
déterminer si l'épouse de François Fillon a bénéficié d'emplois 
fictifs comme l'affirme Le Canard enchaîné. 
    L'ex-directeur de la "Revue des deux mondes", pour laquelle 
aurait travaillé l'épouse du candidat de la droite, a passé 
plusieurs heures dans les locaux  de l'Office central de lutte 
contre les infractions financières et fiscales, à qui le Parquet 
national financier (PNF) a confié l'enquête mercredi. 
    Michel Crépu, qui avait auparavant dit n'avoir reçu de 
Penelope Fillon que "deux notes de lecture" de moins d'une page 
chacune, n'a pas souhaité faire de nouvelles déclarations devant 
les journalistes à son arrivée à Nanterre, près de Paris. 
    "J'ai découvert l'existence de ce poste il y a quelques 
jours, en lisant le Canard enchaîné, qui m'avait interrogé au 
préalable en faisant leur enquête. Je ne le savais pas", 
avait-il affirmé jeudi sur RTL. 
    L'ex-membre du CSA Christine Kelly, auteure de la première 
biographie de François Fillon en 2007, a elle aussi été entendue 
vendredi. 
    L'affaire a très vite pris de l'ampleur après les 
révélations du Canard enchaîné, qui ont filtré mardi, sur de 
possibles emplois fictifs occupés par l'épouse de l'ex-Premier 
ministre, comme attachée parlementaire de son mari puis de son 
suppléant pour un montant de 500.000 euros au total, et comme 
collaboratrice de revue pour 100.000 euros. 
    Le parquet a ouvert mercredi une enquête préliminaire pour 
détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de 
ces délits et, jeudi, François Fillon, ses soutiens politiques 
et son avocat ont organisé la riposte. 
     
    ÉPÉE DE DAMOCLÈS  
    Le candidat de la droite à la présidentielle a parlé jeudi 
soir de "calomnies" et affirmé que Penelope Fillon avait bien 
travaillé à ses côtés depuis plus de trente ans. 
    Son avocat Antonin Lévy s'est par ailleurs déplacé au 
Parquet national financier pour remettre des pièces censées 
prouver les activités de Penelope Fillon.   
    La démarche de l'avocat de François Fillon n'est pas 
courante car, d'ordinaire, les services de police sollicitent ou 
se procurent les pièces utiles à l'enquête sans attendre 
qu'elles ne leur soient remises. 
    François Fillon a déclaré mercredi, par communiqué, qu'il 
souhaitait être entendu "dans les plus brefs délais". 
    Toute la question pour le camp Fillon est de savoir si les 
enquêteurs parviendront à faire rapidement la lumière sur 
l'affaire, le candidat ayant déclaré qu'il renoncerait à se 
présenter s'il était mis en examen. 
    Dans le cas contraire, l'enquête pèserait comme une épée de 
Damoclès au-dessus du candidat durant toute la campagne pour la 
présidentielle, dont le premier tour aura lieu le 23 avril. 
    Or, si les enquêteurs suivent leur processus habituel 
consistant à recueillir des éléments de preuve - notes rédigées, 
agendas, photos, audition des témoins et éventuellement 
confrontation entre les faits et la personne mise en cause -, la 
durée de l'enquête semble difficile à prévoir. 
    "Tout le monde est conscient du contexte (électoral), mais 
personne ne peut fixer de délai", selon une source judiciaire.   
 
 (Simon Carraud, avec Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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