FRANCE 2017-Les Français appelés à voter pour la primaire de la gauche

le , mis à jour à 14:58
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    * Une participation modeste à la mi-journée 
    * Tous les candidats appellent les électeurs à se déplacer 
    * Cambadélis appelle à ne pas sonner le glas du PS 
    * La droite et l'extrême droite fustigent une gauche divisée 
 
 (Actualisé avec participation, autres déclarations) 
    PARIS, 22 janvier (Reuters) - Les Français étaient appelés 
ce dimanche à choisir dans les urnes les deux personnalités qui 
s'affronteront au second tour de la primaire de la gauche en vue 
de la présidentielle, Manuel Valls, Benoît Hamon et Arnaud 
Montebourg faisant figure de favoris. 
    Le Parti socialiste et ses alliés espèrent au moins 1,5 
million à deux millions de votants pour créer une dynamique en 
faveur du vainqueur, que plusieurs sondages donnent pour 
l'instant cinquième du premier tour de la présidentielle. 
    Mais à midi, la participation était modeste, avec 400.000 
votants sur près de deux tiers des bureaux de vote, contre 
744.000 à 13h00 en 2011, lors du premier tour de la primaire 
d'investiture socialiste qui avait désigné François Hollande.  
    "Il y a quand même du monde dans les bureaux de vote de la 
primaire, au cours d'une matinée où la température était plus 
que polaire", a relativisé lors d'un point presse Christophe 
Borgel, président du comité d'organisation de la consultation. 
    "Nous pouvons constater (...) que dans toute une série 
d'endroits il y a actuellement une montée en puissance du vote, 
avec des files d'attente", a-t-il ajouté lors d'un point presse. 
    La plupart des candidats à la primaire de la gauche avaient 
appelé les électeurs, dans la matinée, à se mobiliser fortement 
pour ce scrutin, jugé crucial pour l'avenir du PS.  
    "Il faut que les Français, il faut que les électeurs aillent 
voter, c'est le plus important", avait ainsi déclaré à la presse 
l'ex-Premier ministre Manuel Valls après avoir voté à Evry 
(Essonne). Si "la participation est forte, elle donnera beaucoup 
de légitimité à celui qui est choisi", avait insisté Benoît 
Hamon depuis son bureau de vote à Trappes, dans les Yvelines.  
    "Je crois que malgré les discours ambiants, les Français 
vont avoir envie de saisir cette opportunité", avait de son côté 
prédit Vincent Peillon, dans son bureau de vote parisien.  
    Arnaud Montebourg a salué les premiers chiffres de 
participation dimanche midi. "On est bien", a-t-il voulu croire. 
"Le peuple de gauche n'est pas englouti, n'a pas disparu", 
avait-il déclaré plus tôt à la presse dans la matinée.  
    Plus de quatre millions de personnes ont participé en 
novembre à la primaire de la droite et du centre remportée par 
François Fillon. En 2011, 2,7 millions d'électeurs avaient voté 
au premier tour de la "primaire citoyenne" à gauche pour 
laquelle 9.500 bureaux de vote étaient ouverts, contre un peu 
plus de 7.500 ce dimanche.  
     
    L'AVENIR DU PS EN JEU ?  
    Les bons scores dans les sondages d'Emmanuel Macron, ancien 
ministre de l'Economie qui a refusé de participer à la primaire, 
et de Jean-Luc Mélenchon, qui n'y participe pas non plus, 
perturbent depuis des semaines la campagne des socialistes et de 
leurs alliés.   
    Dans un entretien au Journal du dimanche, Jean-Luc Mélenchon 
estime d'ailleurs qu'un désistement du vainqueur de la primaire 
organisée par le PS en sa faveur ou en celle d'Emmanuel Macron 
"fait partie des probabilités".  
    Tous les prétendants ont toutefois promis d'oeuvrer au 
rassemblement de la gauche, en excluant de se retirer au 
bénéfice d'un de ces deux candidats. 
    "Le PS existera après la présidentielle. Ce n'est pas un 
score électoral qui fait l'avenir définitif d'un parti", assure 
dans un entretien au Parisien le Premier secrétaire du Parti 
socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.  
    "Je trouve qu'on sonne le glas du PS trop tôt. Un parti ne 
disparaît pas comme cela. Il peut se disloquer. Mais s'il reste 
uni, il a toujours des chances de se ressourcer." 
    Plusieurs responsables politiques au centre, à droite et à 
l'extrême droite disent pourtant voir dans ce scrutin le signe 
de la division inéluctable de la gauche, en particulier du PS.  
    "Je crois que le parti socialiste n'a plus de réalité 
idéologique", a ainsi déclaré le centriste Jean-Christophe 
Lagarde dans Le Grand Rendez-vous sur Europe 1, iTELE et Les 
Echos. "Je pense qu'un parti qui n'a vraiment plus rien de 
commun sur le plan idéologique, si en plus il perd les 
élections, ce qui semble se dessiner, est conduit à se séparer", 
a ajouté le président de l'UDI.  
    Bruno Retailleau, coordinateur de la campagne du candidat de 
la droite François Fillon, a de son côté jugé dans le Grand Jury 
RTL-Le Figaro-LCI que la seule "certitude" était que la gauche 
allait "être divisée en trois", avec un candidat issu de la 
primaire, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.  
    Quant au directeur de campagne de la présidente du Front 
national Marine Le Pen, David Rachline, il a estimé sur France 3 
que tous les candidats de la primaire étaient "disqualifiés". 
    Outre les trois favoris, les quatre autres candidats en lice 
pour la primaire de la gauche sont l'ancien ministre Vincent 
Peillon (PS), la radicale de gauche Sylvia Pinel, l'écologiste 
François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate). 
    Les deux finalistes se retrouveront pour un ultime débat 
télévisé mercredi avant le second tour dimanche prochain. 
 
 (Chine Labbé, avec Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey; édité 
par Henri-Pierre André) 
 
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