France 2017-Le phénomène Fillon ouvre un espace pour Macron

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    * L'effet Fillon est encore difficile à mesurer 
    * Le PS mise sur la réactivation du clivage gauche-droite 
    * La contre-performance de Juppé profiterait à Macron 
    * De nombreuses inconnues restent à lever 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 21 novembre (Reuters) - La victoire désormais 
probable de François Fillon au second tour de la primaire de la 
droite pour l'élection présidentielle de 2017 ouvre de nouvelles 
perspectives pour Emmanuel Macron face à un candidat plus 
conservateur que son rival Alain Juppé. 
    L'ancien ministre de l'Economie de François Hollande entend 
sortir du carcan des partis pour promouvoir un large 
rassemblement de "progressistes", au grand dam des formations de 
gauche, PS en tête. 
    Il a officialisé sa candidature mercredi, quatre jours avant 
le premier tour de la primaire de droite, alors qu'Alain Juppé, 
qui lui dispute l'électorat centriste, était encore le favori. 
    La contre-performance du maire de Bordeaux au profit de 
François Fillon, tenant d'une droite conservatrice dans le 
domaine sociétal et économiquement ultra-libérale, est a priori 
plutôt une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron.   
    "Ça lui ouvre un espace bien plus évident que si c'était 
Alain Juppé qui gagnait", estime Céline Bracq, de l'institut de 
sondage Odoxa. "Le programme de François Fillon est un programme 
de droite traditionnelle, conservatrice. Quand ce programme sera 
mieux connu, ça lui sera plus simple de marquer sa différence." 
    Mais Stéphane Zumsteeg, de l'institut Ipsos, nuance : "Je ne 
suis sûr que ça lui ouvre un boulevard, loin de là, mais ça ne 
lui referme pas la porte." 
    L'entourage d'Emmanuel Macron reste prudent sur un effet 
Fillon encore difficile à mesurer. 
     
    FIN DE NON RECEVOIR 
    "L'offre politique de François Fillon est datée, archaïque 
et profondément réactionnaire", a déclaré à Reuters le député 
socialiste Richard Ferrand, secrétaire général d'"En Marche !", 
son mouvement. "Ça correspond à l'état de la droite militante 
mais pas à l'état d'esprit des Français." 
    "La probable victoire de François Fillon va mettre plus en 
exergue encore ce qui est porté par Emmanuel Macron face à un 
programme très conservateur et très dur socialement", renchérit 
le député PS Stéphane Travers, autre soutien de l'ex-ministre. 
    Pour le porte-parole d'"En Marche !", Benjamin Griveaux, 
réconcilier les deux droites, incarnées par Alain Juppé et 
François Fillon, sera en tout état de cause difficile pour le 
vainqueur de la primaire, quel qu'il soit. 
    "Ils n'ont rien en commun sur des sujets fondamentaux et 
sont condamnés à une synthèse bancale au soir du 27 novembre", 
explique-t-il. Un écueil qu'évitera selon lui Emmanuel Macron en 
refusant d'entrer dans le jeu de la primaire du PS. 
    Refus réitéré lundi par l'ancien ministre de l'économie en 
marge d'un déplacement en province, en réponse à un nouvel appel 
lancé par le premier secrétaire du PS.   
    Emmanuel Macron a déclaré que Nicolas Sarkozy aurait en fait 
été pour lui "le pire des candidat" et qu'il ne se déterminerait 
pas en fonction de la primaire de droite, rapporte Le Monde. 
    "Je vais continuer à creuser mon sillon (...) Si on a une 
vraie dynamique, on l'emporte quels que soient les candidats", 
ajoute-t-il. "Cela ne change donc rien à ma volonté de ne pas 
aller à la primaire de la gauche." 
     
    ÉQUATION À PLUSIEURS INCONNUES 
    Pour Céline Bracq, une inconnue, pour Emmanuel Macron, est 
l'attitude du président du MoDem, François Bayrou, qui soutient 
Alain Juppé et avait fait savoir qu'il se présenterait à la 
présidentielle si Nicolas Sarkozy gagnait la primaire de droite. 
    "Emmanuel Macron a lancé une OPA sur le centre. L'arrivée de 
Bayrou lui rendrait la tâche plus difficile", estime-t-elle. 
    Un proche collaborateur d'Emmanuel Macron estime cependant 
qu'une candidature de François Bayrou n'est plus à craindre. 
    "L'anti-sarkozysme qu'il pouvait incarner à droite et au 
centre est désormais purgé", explique-t-il. "Si Fillon gagne, 
Juppé aura sans doute la sagesse de se ranger derrière lui et 
Bayrou apparaîtrait complètement isolé. S'il veut avoir des 
députés, il aura aussi intérêt à s'aligner sur Fillon." 
    L'autre formation de centre droit, l'UDI présidée par 
Jean-Christophe Lagarde, laisse aussi planer le doute sur ce que 
sera son attitude. Mais la plus grande inconnue est l'état dans 
lequel la gauche elle-même abordera la présidentielle. 
    Pour le député socialiste Christophe Caresche, la probable 
victoire de François Fillon "va redonner du sens à un débat 
droite-gauche et il n'est pas certain que ce soit en faveur 
d'Emmanuel Macron", qui veut précisément dépasser ce clivage.  
    Reste à savoir qui représentera la gauche de gouvernement 
dans cet affrontement, autre inconnue de taille avec le degré de 
dispersion dans lequel la gauche dans son ensemble sera en 2017. 
    "Le problème pour Emmanuel Macron, c'est l'offre de 
candidats à gauche", estime ainsi Stéphane Zumsteeg. 
    Les partisans de l'ancien ministre de l'Economie n'en 
affichent pas moins la conviction qu'il a fait les bons choix. 
    "Actuellement, tous les pronostics sont pris en défaut. Rien 
ne va se passer comme prévu jusqu'au bout, ce qui nous convainc 
qu'il faut poursuivre sur la trajectoire que nous avons prévue", 
souligne l'un de ses conseillers, Sylvain Fort. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • milano12 il y a 2 mois

    la potiche de sarko un bilan nul et un ancien ministre encore plus nul bus macron on licencies mais surtout l espace pour prendre la porte

  • charleco il y a 2 mois

    Un espace pour Macron : les oubliettes.