France 2017-Le Medef veut placer l'économie au coeur du débat

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    * Croissance forte et plein emploi comme objectif commun 
    * L'entreprise doit être au centre des projets 
    * Le Medef compte présenter des propositions aux candidats 
    * Emmanuel Macron mercredi devant les entrepreneurs 
 
 (Actualisé avec déclarations supplémentaires) 
    JOUY-EN-JOSAS, Yvelines, 30 août (Reuters) - Les candidats à 
l'élection présidentielle de 2017, et au-delà l'ensemble des 
Français, doivent se fixer pour objectif d'atteindre une 
croissance forte associée au plein emploi, a déclaré mardi le 
président du Medef. 
    "Je crois que cet objectif, de croissance forte associée au 
emploi, doit être la clef de voûte de tout programme économique 
digne de ce nom et ce programme économique devrait être 70% de 
tous les programmes politiques que les candidats doivent nous 
présenter dans les jours et les semaines à venir", a dit Pierre 
Gattaz en ouverture de l'université d'été de la première 
organisation patronale française à Jouy-en-Josas (Yvelines).  
    A un peu plus de huit mois de l'élection présidentielle, il 
souhaite fédérer pour que l'économie française parvienne à 
retrouver une croissance "durablement au-delà de 2% et 
idéalement à 3%" et un taux de chômage inférieur à 6%.     
    "Le chômage de masse affaiblit notre pays depuis trop 
longtemps", a-t-il observé en prévenant que "la croissance, il 
faut aller la chercher, on l'attend trop comme la pluie".  
    Pour atteindre cet objectif, "ambitieux mais réaliste", le 
président du Medef a estimé que les candidats devraient placer 
l'entreprise au coeur de leur programme économique.  
    Dressant un premier bilan du quinquennat de François 
Hollande, Pierre Gattaz a salué notamment le "Pacte de 
responsabilité" et le Crédit d'impôt compétitivité-emploi 
(CICE), qui vont selon lui dans le bon sens.  
    "Mais on n'a pas été jusqu'au bout, on est au milieu du 
gué", a-t-il estimé en appelant à hâter cette "révolution 
culturelle économique qu'il faut faire en France." 
    Jugeant que "nous ne sommes pas en crise, nous sommes en 
mutation", Pierre Gattaz estime que la France dispose de "tous 
les atouts pour réussir" face aux ruptures technologiques, 
économiques, sociétales et environnementales auxquelles elle est 
confrontée.  
     
    EMMANUEL MACRON AU PROGRAMME MERCREDI 
    Le Medef va préparer des propositions s'articulant autour de 
quatre blocs - fiscalité, social, simplification et formation - 
destinées à alimenter les programmes des candidats à la 
présidentielle, a indiqué Pierre Gattaz.       
    Des interventions de nombreux responsables politiques sont 
prévues lors de cette 18e édition du rassemblement de rentrée du 
Medef, qui se tient jusqu'à mercredi.  
    Le désormais ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui 
a présenté sa démission mardi à François Hollande  , 
est attendu mercredi sur le campus de HEC, un an après y avoir 
égratigné une nouvelle fois les 35 heures.  
    Interrogé lors d'un point presse avant l'annonce de cette 
démission, Pierre Gattaz avait déclaré qu'Emmanuel Macron était 
"le bienvenu au Medef dans tous les cas de figure". 
    "S'il est candidat déclaré, il sera traité comme tous les 
autres candidats ou représentants de candidats", c'est-à-dire 
qu'il devra présenter son programme, notamment sur le plan 
économique, avait-il ajouté.  
    Outre l'ancien locataire de Bercy, les quatre principaux 
concurrents de la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy, Alain 
Juppé, François Fillon et Bruno Le Maire, sont au programme du 
rendez-vous de rentrée du Medef.  
    Marie-Noëlle Lienemann, candidate à la primaire socialiste, 
doit également intervenir, tandis que le gouvernement sera 
notamment représenté par Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat 
chargé des relations avec le Parlement. 
    "Nous venons écouter ces candidats pour qu'ils nous 
expliquent leur vision, ce qu'ils vont faire pour les 
entreprises et surtout comment ils vont retrouver forte 
croissance et plein emploi pour la France", avait déclaré mardi 
matin Pierre Gattaz sur Europe 1.  
    Il avait alors salué les "programmes pragmatiques" présentés 
par les candidats du parti Les Républicains ainsi que l'abandon 
d'un certain nombre de tabous non seulement dans l'opposition 
mais aussi dans la majorité. 
    "Il y a des tabous qui sont tombés et cela me fait plaisir, 
à la fois à gauche lorsqu'on parle d'inversion de la hiérarchie 
des normes, lorsqu'on parle de simplification du droit du 
travail et à droite, où Les Républicains osent parler de la fin 
de l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune, NDLR), osent 
parler de la fin de 35 heures. C'est du pragmatisme", a-t-il 
estimé.  
    Dans un entretien paru mardi dans Les Echos, Pierre Gattaz 
avait déjà déclaré attendre des prétendants à l'Elysée des 
"engagements forts" pour ramener le chômage en France à 6% et 
retrouver une croissance supérieure à 2%.   
 
 (Myriam Rivet, édité par Simon Carraud) 
 
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