FRANCE 2017-Le camp Valls croit encore la victoire possible

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    * L'ex-Premier ministre mobilise son camp 
    * "Une deuxième élection" commence face à Hamon 
    * Le camp Valls s'oppose à "la gauche irréaliste" 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 23 janvier (Reuters) - Après la déception du premier 
tour de la primaire, les soutiens de Manuel Valls veulent 
croire, au nom du réalisme politique, à un sursaut en faveur de 
l'ex-Premier ministre qui lui permettrait de coiffer Benoît 
Hamon sur la lignée d'arrivée.  
    Deuxième du scrutin avec 31% des voix, Manuel Valls est 
l'outsider du deuxième tour d'une élection qui a vu 
l'ex-ministre de l'Education nationale (36%) se muer en favori. 
    Rallié par Arnaud Montebourg (17,5%) et soutenu par Martine 
Aubry, figure de l'aile gauche du PS, Benoît Hamon est 
arithmétiquement bien placé pour l'emporter.   
    Une proche de Manuel Valls fait un autre calcul, au regard 
d'un premier tour qui n'a pas fait le plein, avec environ 1,6 
million de votants, contre 2,7 millions en 2011.  
    "On peut encore gagner", dit-elle. "Il faut convaincre ceux 
qui ne sont pas venus voter. La gauche irréaliste cause du tort, 
c'est comme si les gens avaient intégré la défaite à l'élection 
présidentielle".  
    Lundi matin sur RTL, Manuel Valls a lancé un appel en ce 
sens "à tous les électeurs qui croient dans la gauche",  
    "Ne désespérez pas, mobilisez-vous !", a-t-il lancé.   
    Les deux finalistes ont trois jours pour préparer le débat 
télévisé de mercredi, duel fratricide où Manuel Valls compte 
opposer sa démarche présidentielle et pragmatique au projet jugé 
utopique du camp adverse.      
    "Il faut assurer la confrontation et Manuel Valls n'est pas 
le plus mauvais pour ça", juge un membre de l'entourage du 
Premier ministre, connu pour sa pugnacité et un sens de 
l'autorité affiché en accord avec ses ambitions élyséennes. 
    La bataille sera aussi programmatique.  
    "Sur nombre de sujets essentiels comme le revenu universel, 
la perception des institutions, la République, la laïcité, le 
temps de travail, les convergences de programmes sont plus 
importantes entre ce qu'ont dit Manuel Valls et les autres 
candidats du premier tour, à l'exception de Benoît Hamon", 
explique Olivier Dussopt, porte-parole de Manuel Valls.  
    "Donc notre objectif est de rassembler cette majorité et de 
considérer le deuxième tour comme une nouvelle élection". 
     
    REMPART CONTRE LE FRONT NATIONAL  
    Parmi les arguments avancés par le camp Valls figure sa 
capacité à faire le poids face à François Fillon, candidat de la 
droite dans la course à l'Elysée.    
    "On n'a jamais eu autant besoin d'Etat, de protection 
sociale et François Filllon n'a pas compris cela ; il fait une 
campagne à rebours de ce que veut le pays. Idéologiquement 
parlant, la gauche a des chances réelles de gagner", souligne un 
 proche de Manuel Valls. "Il y a une brèche".  
    Autre angle d'attaque, selon cette source : la lutte contre 
l'extrême droite, que les sondages prédisent en mesure de se 
qualifier pour le second tour de l'élection présidentielle. 
    "Manuel Valls incarne le rempart face au Front national. Se 
présenter comme celui qui est capable de battre Marine Le Pen au 
second tour, ça parle à la gauche".  
    Mis à part la secrétaire d'Etat à l'Aide aux victimes 
Juliette Méadel, peu de membres du gouvernement se sont exprimés 
dans les médias pour soutenir l'ex-Premier ministre, qui ne 
dispose pour l'heure que du seul ralliement de la radicale de 
gauche Sylvia Pinel (2% des voix). 
    En voyage en Amérique du Sud, le président de la République 
a également brillé par son absence en ce week-end important pour 
sa famille politique.  
    "Je pense que François Hollande fera un petit signe d'ici la 
fin de la semaine", veut croire un soutien de Manuel Valls. "Il 
paraît manifeste qu'entre un frondeur et un ancien Premier 
ministre loyal, même si ça a été compliqué à la fin, il choisira 
le plus loyal" . 
    "Ce n'est pas prévu", a répondu lundi un membre de 
l'entourage du président actuellement en Colombie, à plus de 
8.000 kilomètres de Paris. 
 
 (Avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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