France 2017-La politique sociale, talon d'Achille de Fillon

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    * Catégories populaires sous-représentées dans la primaire 
    * Un patronat ravi mais des syndicats inquiets 
    * Le Front national en embuscade sur le front social 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 28 novembre (Reuters) - Le caractère radical du 
programme économique et social de François Fillon, qui ravit le 
patronat français et a contribué à sa victoire à la primaire de 
la droite, pourrait bien devenir rapidement son talon d'Achille 
dans la campagne présidentielle. 
    L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a certes écrasé 
son adversaire, Alain Juppé, au second tour d'une consultation 
qui a mobilisé dimanche plus de 4,3 millions d'électeurs et deux 
sondages annoncent déjà sa victoire sur Marine Le Pen en 2017. 
    Mais selon l'institut Harris Interactive, son électorat de 
la primaire est âgé à 55% d'au moins 50 ans (34% de 65 ans et 
plus). Il est composé à 45% d'inactifs et à 34% de personnes 
issus des catégories socio-professionnelles supérieures. 
    Pour Stéphane Rozès, président de la société de conseil Cap, 
le résultat de dimanche relève donc d'une "illusion d'optique" 
et François Fillon aurait tort de penser que "l'électorat de la 
primaire est l'électorat de la France". 
    "François Fillon dit vouloir changer le logiciel du modèle 
social français", ajoute-t-il. "Mais très majoritairement, les 
classes actives et populaires ne veulent pas tant un changement 
de logiciel qu'une consolidation du modèle social." 
    Les organisations patronales ne cachent pas leur intérêt 
pour les réformes draconiennes proposées par François Fillon, 
notamment en matière de réduction des dépenses publiques et de 
flexibilité du marché du Travail. 
    "Le programme économique de François Fillon va dans le bon 
sens (...) Il a intégré toutes nos remarques", se réjouit un 
haut responsable du Medef. 
    Les syndicats sont en revanche unanimes à s'inquiéter de la 
"purge" promise par le nouveau candidat de la droite et du 
centre à l'élection présidentielle de 2017. 
    "En l'état actuel, son programme est synonyme d'austérité, 
de flexibilité et de dérégulation à outrance, d'explosion de la 
précarité et des inégalités et de chômage", estime ainsi Pascal 
Pavageau, secrétaire confédéral de Force ouvrière (FO). 
     
    UN "BOULEVARD POUR LE FN" ? 
    Dans une interview à Paris Match début novembre, le 
secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, avait jugé 
"délirantes" les réductions du nombre de fonctionnaires promises 
par les candidats à la primaire. Or c'est celui qui en propose 
le plus (500.000), François Fillon, qui l'a remportée. 
    Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, qui a conduit au 
printemps dernier, contre la loi Travail du gouvernement actuel, 
le plus long mouvement social depuis 1968, promet pour sa part 
de nouvelles mobilisations, si l'ancien Premier ministre est élu 
à l'Elysée et applique son programme en l'état. 
    Les organisations syndicales s'inquiètent aussi de ce que 
François Fillon se dise prêt à passer par-dessus les syndicats 
pour mettre en oeuvre sa politique. 
    "Si son programme reste le même et qu'il lance un Blitzkrieg 
pour l'appliquer par ordonnance en quelque mois, on aura un vrai 
problème de démocratie", résume Pascal Pavageau. 
    Tout cela sans compter l'impact des mesures promises par 
François Fillon sur l'activité économique et, dans un premier 
temps, sur les déficits publics, au moment où les taux d'intérêt 
risquent de repartir à la hausse, dit Luc Bérille le secrétaire 
général de l'Unsa, implantée dans la fonction publique. 
    Pour ce dirigeant syndical, comme pour d'autres analystes, 
cela laisse en outre le champ libre au FN sur les thèmes sociaux 
dans l'état actuel de division de la gauche, dont c'est 
habituellement un des chevaux de bataille. 
    "Si Fillon reste sur cette ligne, cela dégage un boulevard 
pour le Front national, qui a déjà beaucoup investi le terrain 
social", estime Luc Bérille, pour qui cela fait aussi partie de 
"l'équation que la gauche doit résoudre".  
    La présidente et candidate du FN, Marine Le Pen, que les 
derniers sondages donnent pour le moment largement battue au 
second tour de l'élection présidentielle par François Fillon, 
s'est engouffrée immédiatement dans la brèche. [ 
    "C'est le pire programme de casse sociale qui n'ait jamais 
existé (...) Jamais aucun candidat n'est allé aussi loin dans la 
soumission aux exigences ultra-libérales de l'Union européenne", 
a-t-elle déclaré dimanche sur Europe 1.   
    L'électorat ouvrier est déjà massivement passés du côté de 
Marine Le Pen, rappelle pour sa part Stéphane Rozès. "Le sujet, 
ce sont maintenant les employés et les classes moyennes."  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • wanda6 il y a une semaine

    LR 73 M€ de dettes, maintenu par les banques, au pourvoir pendant des années, prétend donner des leçons de bonne gestion

  • mipolod il y a une semaine

    Si Fillon était élu la cgt mobiliserais le blocage de l'économie française !!!! Encore un bel exemple de respect démocratique d'un syndicat resté à l'âge de la préhistoire. Les électeurs....rien à f.outre ! Mes sous d'abord !

  • M8252219 il y a une semaine

    "on aura un vrai problème de démocratie "? Le vrai problème de démocratie c'est cette réaction des syndicats qui refusent d'avance le choix fait par la majorité du peuple français , son programme une fois présenté si Fillion est élu la vraie démocratie s'imposera à tous syndicats compris .