France 2017-La droite et le centre se rassemblent autour de Fillon

le , mis à jour à 23:30
0
    * Un plébiscite sans appel 
    * Fillon, candidat de la "vérité" et des "valeurs" 
    * La défaite amère d'Alain Juppé 
    * Appels au rassemblement à droite et au centre 
 
 (Actualisé avec résultats, Fillon, Juppé, réactions) 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 27 novembre (Reuters) - François Fillon, investi 
dimanche à une écrasante majorité candidat de la droite et du 
centre pour la présidentielle de 2017, a lancé un appel "à tous 
ceux qui veulent servir" la France pour mettre un terme à un 
quinquennat "pathétique". 
    Désigné par près de 67% des électeurs de la primaire, un 
scrutin inédit à droite couronné de succès (près de 9 millions 
de votants), l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a 
affirmé sa volonté de "vaincre l'immobilisme et la démagogie" de 
la gauche et du Front national, pas leurs électeurs. 
    Son adversaire du second tour, l'ancien Premier ministre 
chiraquien Alain Juppé est défait avec un peu plus de 33% des 
suffrages : il a annoncé son intention de se consacrer, à 71 
ans, à la mairie de Bordeaux.   
    Une éclipse de la scène politique nationale qui fait suite 
au retrait de Nicolas Sarkozy, éliminé au premier tour, et 
achève de tourner une page pour la droite française. 
    François Fillon, 62 ans, l'éternel "numéro deux" propulsé 
aux premiers rangs contre tous les pronostics, a dit avoir "une 
pensée particulière" pour Nicolas Sarkozy, qui avait appelé à 
voter pour lui, et a adressé "un message d'amitié, d'estime, de 
respect" à Alain Juppé. 
    "Je veux lui dire (...) combien je compte sur lui pour nous 
aider dans cette bataille qui commence", a dit le député de 
Paris à la suite d'une poignée de mains avec le maire de 
Bordeaux au siège de la Haute autorité de la primaire. 
     
    L'HEURE DU RASSEMBLEMENT 
    Dès lundi commence la campagne du candidat de la droite et 
du centre pour la présidentielle, alors que François Hollande et 
Manuel Valls entretiennent le suspense sur leurs intentions. 
    François Fillon s'est présenté comme le héraut de la 
"vérité", de la "liberté" et des "valeurs françaises", porté par 
la "révolte" et les "espoirs" de "millions" de Français. 
    "Je relèverai avec eux un défi original en France : celui de 
la vérité et celui d'un changement de logiciel complet". 
    "Ces valeurs, je les défendrai et nous les partagerons avec 
tous ceux qui, dans leurs différences, aiment la France. 
Personne ne devra se sentir exclu d'une société que je veux plus 
juste et plus solidaire", a lancé celui que ses détracteurs, y 
compris à droite, accusent d'être ultra-libéral et rétrograde. 
    Sous le sceau de la réconciliation entre François Fillon et 
Alain Juppé, après un entre-deux-tours tendu, les différentes 
sensibilités de la droite et du centre se sont engagées dès 
dimanche soir à se rassembler pour porter cette "espérance". 
    Ralliement symbolique, Jean-François Copé, ennemi intime de 
François Fillon depuis l'élection contestée à la présidence de 
l'UMP en 2012, a été l'un des premiers à le féliciter pour "une  
magnifique victoire". "Je serai à ses côtés avec toute la 
famille rassemblée", a-t-il dit sur France 2. 
    "J'aurais préféré 52-48. A près de 70%, c'est que la 
capacité de rassemblement de François Fillon ne peut pas être 
mise en cause", a concédé le député Benoist Apparu, soutien 
d'Alain Juppé. 
    "Avec une belle primaire, un beau rassemblement, on peut 
limiter le Front national", a-t-il ajouté sur France 2. 
    "Marine Le Pen a raison de s'inquiéter. Nous ferons reculer 
le Front national. Pourquoi? Parce que la droite jusqu'à présent 
refusait de s'assumer", a commenté pour sa part le sénateur LR 
Bruno Retailleau, proche de François Fillon. 
     
    BAYROU LAISSE PLANER LE DOUTE 
    Alain Juppé et son équipe ont toutefois fait valoir qu'ils 
"continueraient à défendre leurs positions", celles d'un 
"libéralisme humaniste" pour reprendre les termes du maire de 
Bordeaux. 
    "Pour apaiser et réconcilier, il faut aussi donner une 
espérance. Il faut mettre sa force au service de la générosité, 
du respect mutuel, de la justice", a-t-il déclaré à son QG de 
campagne, dans une adresse aux jeunes militants. "Travaillez à 
redonner un sens à l'Europe", a-t-il ajouté dans un message 
implicite au séguiniste François Fillon. 
    Au centre, le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, 
qui s'était engagé aux côtés d'Alain Juppé, a amorcé un 
rapprochement avec François Fillon en vue d'un "projet 
législatif commun".   
    Hervé Morin, président du Nouveau Centre qui soutenait au 
premier tour Bruno Le Maire, désormais rallié à François Fillon, 
a exhorté "les élus et les militants de l'UDI à tous s'engager 
dans cette campagne qui s'annonce difficile." 
    Le président du MoDem François Bayrou, qui soutenait Alain 
Juppé, a laissé planer le doute dimanche soir sur ses intentions 
pour la présidentielle en affirmant dans un communiqué que le 
programme de François Fillon laissait en suspens des "questions 
 qui  devront trouver réponse". 
 
 (Avec Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant