FRANCE 2017-La 10e présidentielle au suffrage universel de la Ve République

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    par Emmanuel Jarry 
    PARIS (Reuters) - La dixième élection au suffrage universel 
de la Ve République française est également à ce jour la plus 
incertaine, avec quatre candidats dans un mouchoir de poche au 
premier tour pour les deux places de finalistes le 7 mai. 
    Ce scrutin consacre un nouveau saut générationnel, avec la 
retraite de François Hollande et l'élimination lors de primaires 
de droite et de gauche en forme de jeu de massacre de Nicolas 
Sarkozy, Alain Juppé et Manuel Valls, et l'apparition de visages 
nouveaux comme Benoît Hamon (PS) et l'ex-ministre de l'Economie 
Emmanuel Macron, ou inattendus, comme François Fillon (LR). 
    Cette élection est aussi l'aboutissement d'une double 
évolution à l'oeuvre depuis 2002 : l'installation dans le 
paysage politique français du Front national et, parallèlement, 
l'affaiblissement des deux principaux partis de gouvernement 
traditionnels, le PS et Les Républicains (ex-UMP). 
    Pour la première fois, deux candidats hors parti jouent un 
rôle de premier plan : le candidat de la France Insoumise, 
Jean-Luc Mélenchon, à la gauche de la gauche, et celui d'En 
Marche ! Emmanuel Macron, qui dit vouloir rassembler les 
"progressistes" des sociaux-démocrates à la droite sociale. 
    Les sondages sur les intentions de vote donnent depuis des 
semaines Marine Le Pen et Emmanuel Macron qualifiés pour le 
second tour et l'ex-ministre de l'Economie élu. 
    Mais les écarts se sont si fortement resserrés ces derniers 
temps qu'une surprise, qui pourrait prendre la forme d'une 
qualification de François Fillon, voire de Jean-Luc Mélenchon, 
au détriment d'Emmanuel Macron ou même de Marine Le Pen n'est 
plus jugée totalement inconcevable par les analystes. 
 
    1965  
    Première présidentielle au suffrage universel direct, à deux 
tours et à la majorité absolue des suffrages exprimés. 
    Le général Charles de Gaulle, fondateur de la Ve République, 
obtient 44,65% des voix au premier tour, score sans équivalent 
jusqu'à aujourd'hui. François Mitterrand, soutenu par la SFIO, 
ancêtre du Parti socialiste, obtient pour sa part 31,72% des 
suffrages, et le centriste Jean Lecanuet 15,57% 
    De Gaulle l'emporte au second tour avec 55,2% des voix. 
     
    1969 
    Cette élection présidentielle suit la démission du général 
de Gaulle, après la victoire du "non" au référendum du 27 avril 
1969 sur le transfert de pouvoirs aux régions et la fusion du 
Sénat avec le Conseil économique et social. 
    Georges Pompidou (UDR), ancien Premier ministre de de 
Gaulle, arrive en tête du premier tour avec 44,47% des 
suffrages, devant le centriste Alain Poher (23,31%) et le 
communiste Jacques Duclos (21,27%). 
    Le socialiste Gaston Defferre ne recueille que 5,01% des 
suffrages, ce qui scelle la fin de la SFIO, bientôt remplacée 
par le Parti socialiste sous la houlette de François Mitterrand. 
    Pompidou est élu au second tour avec 58,21% des voix. 
     
    1974 
    Cette élection suit la mort de Georges Pompidou le 2 avril 
1974. Le socialiste François Mitterrand a signé un programme 
commun de gouvernement avec les communistes et les radicaux de 
gauche en 1972. Candidat unique de la gauche, il recueille 
43,25% des suffrages au premier tour. 
    La droite est divisée. Valéry Giscard d'Estaing (RI), 
soutenu par le gaulliste Jacques Chirac, recueille 32,60% des 
suffrages, et Jacques Chaban Delmas (UDR) 15,11%. 
    Le Front national fait sa première apparition dans une 
présidentielle en la personne de son fondateur Jean-Marie Le 
Pen, qui recueille 0,75% des suffrages. 
    Giscard d'Estaing est élu au second tour (50,81% des voix). 
     
    1981 
    Droite et gauche se présentent en ordre dispersé. 
    A droite, le président sortant, Valéry Giscard d'Estaing 
(UDF) recueille 28,32% des suffrages au premier tour, son ancien 
Premier ministre Jacques Chirac (RPR) 18%. 
    A gauche, François Mitterrand (PS) rallie 25,85% des voix et 
le dirigeant communiste Georges Marchais 15,35%. 
    François Mitterrand devient le premier président socialiste 
de la Ve République en emportant le second tour (51,76%). 
    Son premier septennat sera marqué par une première 
cohabitation avec la droite après la défaite de la gauche aux 
législatives de 1986, ce qui propulse de nouveau Jacques Chirac 
au poste de Premier ministre. 
     
    1988 
    Droite et gauche se présentent de nouveau en ordre dispersé. 
    A gauche, François Mitterrand rallie au premier tour 34,11% 
des suffrages, et le candidat communiste, André Lajoinie, 6,76%. 
    A droite, Jacques Chirac (RPR) recueille 19,96% des voix et 
le centriste Raymond Barre (UDF), également ancien Premier 
ministre de Valéry Giscard d'Estaing, 16,54%. 
    Pour sa deuxième participation à une présidentielle, le 
candidat d'extrême droite Jean-Marie Le Pen (FN) fait une percée 
à 14,38% des suffrages. 
    Au second tour, Mitterrand bat Chirac (54,02% contre 
45,98%). Son second septennat sera aussi marqué par une 
cohabitation avec la droite, après la déroute de la gauche aux 
législatives de 1993. En vertu d'un accord entre Chirac et 
Edouard Balladur (RPR), c'est ce second qui va alors à Matignon. 
     
    1995 
    Cette élection est marquée par le duel fratricide entre 
Edouard Balladur et Jacques Chirac, malgré l'accord scellé en 
1993, qui prévoyait que le premier s'effacerait. 
    A rebours des pronostics de début de campagne, Jacques 
Chirac se qualifie pour le second tour avec 20,84% des voix et 
élimine Edouard Balladur (18,58%), qui bénéficie pourtant du 
soutien de la nébuleuse centriste de l'UDF. 
    Le PS, mal remis de sa déroute de 1993 et de la fin 
chaotique du deuxième quinquennat de François Mitterrand, a 
présenté l'ex-ministre de l'Education Lionel Jospin, qui se 
qualifie avec le meilleur score du premier tour (23,3%). 
    Le communiste Robert Hue recueille 8,64% des suffrages et 
Jean-Marie Le Pen (FN) 15%. 
    Jacques Chirac est élu au second tour (52,64%). Son mandat 
est marqué dès 1997 par la dissolution de l'Assemblée nationale, 
qui permet à la "gauche plurielle" (PS, PCF, PRG, Mouvement des 
citoyens de Jean-Pierre Chevènement, Verts) de revenir au 
pouvoir sous la houlette de Lionel Jospin, qui sera Premier 
ministre jusqu'à la fin du septennat.  
     
    2002 
    Le mandat présidentiel est désormais de cinq ans et 
l'élection est suivie dans la foulée par des législatives. 
    L'éparpillement de la gauche et de la droite est de nouveau 
à son comble, ce qui permet au président sortant, Jacques Chirac 
(UMP) de se qualifier pour le second tour avec seulement 19,88% 
des suffrages. 
    A la surprise générale, Jean-Marie Le Pen (FN) passe 
également le cap du premier tour (16,86%) malgré la candidature 
concurrente d'un transfuge du FN, Bruno Mégret (2,34%). 
    Lionel Jospin (PS) n'arrive qu'en troisième position 
(16,18%) et est éliminé, victime de la multiplication des 
candidatures à gauche. 
    Le Vert Noël Mamère fait en revanche le meilleur score à une 
présidentielle de l'histoire des écologistes français (5,25%), 
résultat qu'ils n'ont plus jamais approché dans ce scrutin. 
    Le centriste François Bayrou (UDF), dont c'est la première 
candidature présidentielle, recueille 6,84% des voix. 
    Au second tour, Jacques Chirac bénéficie d'un report massif 
des voix de la gauche et est réélu avec 82,21% des suffrages.  
     
    2007 
    Cette élection marque une première rupture générationnelle 
avec l'affrontement entre Nicolas Sarkozy (UMP) et Ségolène 
Royal (PS), candidate qu'on n'attendait pas vraiment à gauche. 
    L'ancien ministre de l'Intérieur de Jacques Chirac recueille 
31,18% des suffrages au premier tour, celle qui était encore, du 
moins officiellement, la compagne de François Hollande, 25,58%. 
    Le PCF et les Verts continuent leur descente aux enfers 
électoraux (respectivement 1,93% et 1,57%) François Bayrou (UDF) 
réalise en revanche son meilleur score (18,57%) et Jean-Marie Le 
Pen reperd une partie du terrain gagné en 2002 (10,44%). 
    Le second tour tourne à l'avantage de Nicolas Sarkozy, élu 
avec 53,06% des voix, contre 46,94% pour Ségolène Royal. 
         
    2012 
    Après un quinquennat marqué par la crise économique et 
financière importée des Etats-Unis et la crise de l'euro, le 
socialiste François Hollande arrive en tête au premier tour 
(28,63%), devant Nicolas Sarkozy (UMP, 27,18%). 
    Jean-Marie Le Pen (FN) fait son meilleur score au premier 
tour d'une présidentielle (17,90%) tandis que l'ex-socialiste 
Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) reprend le flambeau de la 
gauche de la gauche, avec 11,10% des suffrages. 
    Au second tour, François Hollande est élu avec 51,64% des 
voix, privant Nicolas Sarkozy d'un deuxième mandat (48,36%). 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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