France 2017-L'heure de vérité approche pour Emmanuel Macron

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    * Macron "mûrit" sa décision pour la présidentielle de 2017 
    * Il paraît cependant de plus en plus aller vers une 
candidature 
    * Il présentera une synthèse de ses proposition le 10 
décembre 
 
 (Avec précisions, éléments de programme, commentaires) 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 8 novembre (Reuters) - L'heure de vérité approche 
pour Emmanuel Macron, qui se veut l'artisan d'un "rassemblement 
de progressistes" le plus large possible en vue de la 
présidentielle de 2017, entre une droite bousculée par ses 
primaires et une gauche éparpillée. 
    Selon un de ses porte-parole, Sylvain Fort, l'ex-ministre de 
l'Economie annoncera d'ici le 10 décembre, date à laquelle il 
prévoit de tenir une grande réunion publique, probablement à 
Paris, s'il est candidat à l'élection présidentielle.  
    Ses partisans, notamment au sein de son mouvement "En Marche 
!" qui revendique aujourd'hui près de 93.000 adhérents, le 
pressent de se présenter. 
    "Si l'adhésion à sa démarche continue à croître, il doit se 
déclarer", estimait ainsi lundi le sénateur socialiste François 
Patriat, dans une interview publiée par Le Figaro. 
    A trop attendre, estiment les soutiens de l'ex-banquier de 
38 ans comme cet élu, il risque de décevoir les attentes d'une 
partie de ceux que son discours en faveur d'un renouvellement de 
la politique séduit aujourd'hui. 
    "Il est en train de mûrir sa décision. S'il décide d'être 
candidat, il l'annoncera d'ici le meeting du 10 décembre. A ce 
stade, il n'a pas pris sa décision", dit pour sa part Sylvain 
Fort. "Il est exactement dans son calendrier." 
    Pour le député socialiste Richard Ferrand, soutien de la 
première heure et secrétaire général d'"En Marche !" la fenêtre 
de tir est même un peu plus large : "Entre aujourd'hui et Noël." 
    Le chef de l'Etat, François Hollande, doit aussi annoncer 
dans cette période-là s'il brigue un deuxième mandat. Mais son 
ex-conseiller à l'Elysée assure que cela n'entre pas en ligne de 
compte, pas plus que les résultats de la primaire à droite, dont 
le second tour a lieu le 27 novembre. 
     
    NATIONALISER L'ASSURANCE-CHÔMAGE 
    Chacune de ses interventions publiques, au ton de plus en 
plus "présidentiel", paraît désormais le rapprocher d'une 
déclaration de candidature hors primaire socialiste. 
    Maintenant doté d'une structure dirigeante ( ) 
"En Marche !" s'attache à renforcer son implantation 
territoriale, notamment par l'intermédiaire de plus de 1.800 
comités locaux, tout en continuant à lever des fonds. 
    Emmanuel Macron est crédité de plus d'intentions de vote que 
son ancien mentor au premier tour de la présidentielle. Aucun 
sondage ne le donne cependant à ce jour au second tour. 
    En le sortant de la relative ambiguïté dans laquelle il a 
jusqu'ici été, la présentation de son projet de "transformation" 
de la France constituera un autre moment de vérité.  
    Selon Sylvain Fort, la réunion publique du 10 décembre sera 
l'occasion pour lui de faire la synthèse de propositions qu'il 
va commencer à égréner dans les jours à venir. 
    Il présentera ainsi cette semaine ses solutions pour l'école 
et le social dans une longue interview accordée à L'Obs. 
    "Les grands axes, je les ai en tête", confiait récemment 
Emmanuel Macron à des journalistes en marge d'un déplacement en 
province. Il les a en fait ébauchés au fil de ses discours sur 
l'état du pays, enchaînés depuis début octobre. 
    Il prône ainsi une refonte du financement de la protection 
sociale, pour le faire porter davantage sur la consommation, la 
pollution ou d'autres revenus que ceux du travail. 
    Il propose aussi de transférer la gestion de 
l'assurance-chômage des partenaires sociaux à l'Etat : les 
pouvoirs publics "ne peuvent pas simplement être les 
commentateurs permanents de compromis qui ne viennent pas (ou) 
les garants silencieux d'une montagne de dettes de plus de 30 
milliards d'euros.", dit-il. 
     
    MODERNISER LA FONCTION PRÉSIDENTIELLE 
    Il suggère de faire de la prévention le principal axe de la 
politique de santé, de décloisonner médecine hospitalière et 
médecine de ville, de renforcer la fiscalité environnementale, 
de simplifier le droit du travail, de renforcer la négociation 
de branche et d'entreprise et de développer le syndicalisme. 
    Parmi d'autres propositions, Emmanuel Macron souhaite 
également mettre en place la réforme des prud'hommes qu'il n'a 
pas réussi à imposer quand il était au gouvernement.  
    Il prône une refonte de la formation professionnelle, une 
nouvelle organisation de l'islam en France, le rétablissement 
d'une forme de police de proximité, une refonte des conditions 
d'examen du droit d'asile avec des délais beaucoup plus courts. 
    L'ancien ministre propose par ailleurs l'organisation de 
conventions démocratiques dans les pays de l'Union pendant un 
an, pour élaborer un "projet pour l'Europe" qui pourrait être 
ensuite soumis à référendum. 
    Enfin, pour permettre une meilleure représentation de la 
société française, il propose de modifier le système électoral 
et d'"avancer dans le sens de la proportionnalité". 
    Quant à la fonction présidentielle, "il faut la moderniser 
sans la banaliser", explique Emmanuel Macron, pour qui le chef 
de l'Etat ne peut pas prétendre "répondre de tout" et notamment 
pas "s'engager sur un chiffre du chômage".  
    Une pierre dans le jardin de François Hollande, qui a indexé 
son éventuelle candidature sur l'inversion de la courbe du 
chômage. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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