FRANCE 2017-L'attraction Macron s'ancre au PS, Hamon cherche du souffle

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    * En retard dans les sondages, le candidat PS mise sur le 
terrain 
    * Bartolone votera Macron "si la démocratie est en danger" 
    * Le "vote utile" face au Front national en question 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 7 mars (Reuters) - Exister malgré un programme qui 
peine à être audible et les défections dans son camp en faveur 
d'Emmanuel Macron : c'est le défi lancé au socialiste Benoît 
Hamon, dont la campagne patine. 
    Bloqué en quatrième position dans les enquêtes d'opinion, à 
une dizaine de points du fondateur d'En marche!, l'ancien 
"frondeur" issu de la primaire du PS ne parvient pas à marquer 
les esprits sur des thèmes qui se veulent pourtant proches des 
préoccupations des Français. 
    A sept semaines du premier tour de l'élection 
présidentielle, le 23 avril, le candidat du "futur désirable" 
publie le 10 mars un "Manifeste pour la génération qui vient" 
(Editions des Équateurs).  
    Après un week-end en campagne aux Antilles, il présentera la 
semaine prochaine un "projet global" résumant ses propositions 
allant de la transition écologique au rapport au travail en 
passant par l'avenir européen. 
    "Moi j'essaie de mener campagne dignement", a-t-il déclaré 
mardi à la presse dans les Bouches-du-Rhône. "Je veux continuer 
à être exigeant et je le serai jusqu'au bout." 
    Pour sa porte-parole Aurélie Filippetti, il a tout à gagner 
à faire campagne "sur un projet, sur des propositions et sur la 
vie concrète des gens et pas à partir de sondages ou de 
déclarations des uns et des autres".  
    Benoît Hamon doit aussi composer avec les réticences de son 
camp à son égard, alors que la menace d'un bon sens score du 
Front national prédit par les sondages pousse certains 
socialistes à envisager un "vote utile" en faveur d'Emmanuel 
Macron pour faire barrage à Marine Le Pen.   
    C'est l'argument mis en avant mardi par le président de 
l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, pour illustrer sa 
tentation de choisir le fondateur d'En Marche!, comme l'ont  
déjà laissé entendre des ministres comme Ségolène Royal, Patrick 
Kanner et Stéphane Le Foll. 
         
    "VOTE DE PROTECTION"    
    "Je le dis clairement : si j'estime que la démocratie est en 
danger, et que c'est la seule alternative, je voterai Emmanuel 
Macron dès le premier tour. Ce choix sera un vote de protection 
et non d'adhésion", déclare dans Paris Match le quatrième 
personnage de l'Etat, qui se donne encore 15 jours de réflexion. 
    S'il reconnaît la sincérité de la campagne de Benoît Hamon, 
il reste "réservé quant à sa ligne politique et le début de sa 
campagne", qui a selon lui "perdu trop de temps à négocier un 
accord avec les écologistes". 
    C'est aussi la menace du Front national qui pousse vers 
Emmanuel Macron l'élu Front de gauche de Seine-Saint-Denis 
Patrick Braouezec. 
    "Président Front de gauche de Plaine Commune, territoire 
populaire, je mesure les conséquences dramatiques d'un second 
tour droite-extrême droite", écrit-il dans une tribune dans Le 
Monde. "Le 24 avril, il sera trop tard pour avoir des regrets".  
    Un avis que ne partage pas la maire socialiste de Paris, 
Anne Hidalgo, pour qui Emmanuel Macron n'est pas "un candidat de 
gauche" mais "un homme du centre, de la droite libérale", 
a-t-elle jugé sur Europe 1. 
    Pour Aurélie Filippetti, "ceux qui parlent de vote utile 
aujourd'hui se trompent de débat".  
    "Le vote utile, c'est le vote sur un projet et sur des 
idées", a dit l'ancienne ministre à Reuters. "Ce sont surtout 
des élus qui ont cette tentation Emmanuel Macron d'une manière 
qui est un peu opportuniste, et ce sont des gens qui ont 
toujours été à la droite du PS". 
    En coulisses, les stratégies s'affinent dans cette campagne 
présidentielle inédite, objet d'une nouvelle réunion de proches 
de François Hollande mardi au ministère de l'Agriculture.     
    Au même moment, lors d'un sommet européen à quatre à 
Versailles, François Hollande invitait, comme il le fait 
désormais presque chaque jour, à répliquer "aux populistes, aux 
extrémistes, aux nationalistes".   
    Signe de l'inquiétude, au sommet de l'Etat, de l'issue d'un 
scrutin présidentiel imprévisible.  
 
 (Avec Myriam Rivet et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • charleco il y a 7 mois

    Hamon, c'est fini, il ne fait pas le poids et même les socialos n'en veulent pas.