FRANCE 2017-L'accueil ambivalent du monde politique libanais à Le Pen

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    Beyrouth, 21 février (Reuters) - Marine Le Pen a eu droit 
lundi et mardi, au Liban, à des égards inhabituels pour elle de 
la part de hauts responsables étrangers mais également à des 
critiques parfois virulentes venant du monde politique de ce 
pays du Proche-Orient. 
    "J'espère que la France fera un meilleur choix que cette 
droite fasciste", a fustigé mardi Walid Joumblatt, principal 
chef de file politique de la communauté druze à l'issue d'un 
entretien avec François Hollande à l'Elysée. 
    Le numéro 1 du Parti socialiste progressiste réagissait là 
aux propos sur la Syrie de la candidate à la présidentielle 
française, qui a une nouvelle fois exprimé lundi sa préférence 
pour Bachar al Assad - un "moindre mal" selon elle - dans la 
guerre civile de l'autre côté de la fontière.   
    Cette sortie de Marine Le Pen a été diversement accueillie 
au Liban, un pays toujours divisé sur la relation avec Damas, 
plus de dix ans après la fin de la tutelle syrienne. 
    "Les déclarations de Mme Le Pen au Liban ont insulté le 
peuple libanais et le peuple syrien", a encore dit Walid 
Joumblatt, pour qui les plus hauts dirigeants du pays ont commis 
une faute en recevant la présidente du Front national (FN). 
    Généralement en butte aux réserves des dirigeants étrangers, 
l'eurodéputée a eu des entretiens successifs avec le président 
Michel Aoun, le Premier ministre Saad Hariri et le chef de la 
diplomatie Gebran Bassil. 
    Le positionnement de Marine Le Pen sur la Syrie lui a aussi 
valu la réprobation des phalangistes de Kataëb, un parti qui 
entretient pourtant des liens historiques avec le FN - certains 
cadres et ex-cadres frontistes ont combattu à ses côtés durant 
la guerre du Liban (1975-1990). 
    "Lutter contre (l'extrémisme) ne se fait pas en soutenant 
les dictatures mais en soutenant les forces modérées et en 
diffusant des valeurs de tolérance et de diversité 
démocratique", a jugé Kataëb dans un communiqué publié après une 
rencontre entre le chef du parti, Samy Gemayel, et Marine Le 
Pen.     
    "Il y a des liens du sang mais ce qu'elle dit sur Bachar al 
Assad n'est vraiment pas acceptable", selon un responsable des 
Phalanges, une formation majoritairement chrétienne. 
    Saad Hariri a lui aussi publié un communiqué critique après 
sa rencontre avec Marine Le Pen. 
    "Les Libanais et les Arabes, comme la majorité du monde, 
considèrent que la France est la patrie des droits de l'homme et 
de l'Etat républicain qui ne fait aucune distinction ethnique, 
religieuse ou de classe entre ses citoyens", lui a-t-il dit 
durant leurs échanges, selon le communiqué. 
    Michel Aoun, premier chef d'Etat en exercice à recevoir la 
présidente du FN, ne s'est pas exprimé sur le sujet.     
 
 (Simon Carraud, avec Elizabeth Pineau à Paris, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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  • cavalair il y a 11 mois

    Les journaleux de goche de l'AFP ont laches leur venin