France 2017-Hollande renonce à se présenter à la présidentielle

le , mis à jour à 21:21
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    * Le chef de l'Etat met un terme au suspense 
    * Il appelle à un "sursaut des progressistes" 
    * Le quinquennat s'achève dans la "pagaille"-Fillon 
 
 (Actualisé avec Fillon, Macron, précisions) 
    par Elizabeth Pineau et Marine Pennetier 
    PARIS, 1er décembre (Reuters) - François Hollande, dont les 
intentions étaient scrutées depuis des semaines par une majorité 
socialiste divisée et pessimiste sur les chances de figurer au 
second tour, a annoncé jeudi qu'il renonçait à se présenter à 
l'élection présidentielle de 2017. 
    "Aujourd'hui je suis conscient des risques que ferait courir 
une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement 
autour d'elle, aussi j'ai décidé de ne pas être candidat à 
l'élection présidentielle", a dit le chef de l'Etat, le visage 
grave et visiblement ému, dans une déclaration à l'Elysée. 
    "Dans les mois qui viennent, mon devoir, mon seul devoir 
sera de continuer à diriger le pays, celui que vous m'avez 
confié en 2012, en m'y consacrant pleinement et dans le 
dévouement le plus total à la République", a-t-il ajouté après 
avoir dressé un bilan positif de son quinquennat.  
    C'est la première fois qu'un président en exercice de la Ve 
République renonce à briguer un second mandat. Cette décision 
survient dix jours après l'élimination de la course à la 
présidentielle d'un autre chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, qui 
avait annoncé dans la foulée son retrait de la vie politique.  
    Président le plus impopulaire de la Ve République, François 
Hollande était crédité de moins de 10% dans les sondages pour le 
premier tour de l'élection présidentielle alors que le candidat 
de la droite et du centre, François Fillon, caracole en tête des 
sondages pour le second tour de la présidentielle. 
    Son Premier ministre, Manuel Valls, qui a assuré à de 
nombreuses reprises être prêt à affronter la droite à la 
présidentielle, devrait donc concourir à la primaire de la 
gauche organisée fin janvier. 
 
    "SURSAUT COLLECTIF"      
    Il y affronterait notamment son ancien ministre de 
l'Economie Arnaud Montebourg et son ex-ministre de l'Education 
nationale Benoît Hamon, expulsés du gouvernement pour avoir 
contesté la politique et l'autorité de François Hollande. 
    Contacté par Reuters, l'entourage du Premier ministre a 
indiqué qu'aucun commentaire ne serait fait jeudi soir.  
    Dressant un inventaire de ses quatre années et demie passées 
à la tête de l'Etat, François Hollande a dit "assumer" son 
bilan, "revendiquant les avancées, en reconnaissant les retards 
et en admettant certaines erreurs". (Papier bilan:  ) 
    "Les résultats arrivent, plus tard que je ne les avais 
annoncés, j'en conviens, mais ils sont là : l'investissement, la 
consommation, la construction repartent et, depuis le début de 
l'année, le chômage enfin diminue", a souligné le chef de l'Etat 
qui avait fait de l'inversion de la courbe du chômage une 
condition pour sa candidature. "Il reste à un niveau très élevé 
et je mesure ce que cette situation peut avoir d'insupportable 
pour nos concitoyens qui vivent dans la précarité."  
    A cinq mois de l'élection présidentielle, il a épinglé les 
programmes des candidats de la droite et de l'extrême droite qui 
font la course en tête dans les sondages, appelant à "un sursaut 
collectif et qui engage tous les progressistes qui doivent 
s'unir dans ces circonstances".  
    "Je ne veux pas que la France soit exposée à des aventures 
qui seraient coûteuses et même dangereuses pour son unité, pour 
sa cohésion, pour ses équilibres sociaux, voilà le message que 
j'étais venu ici vous adresser", a-t-il dit.  
     
    "PAGAILLE POLITIQUE" 
    François Hollande met en garde contre le projet de François 
Fillon, "qui met en cause notre modèle social et nos services 
publics sans aucun bénéfice au contraire pour notre économie et 
avec un risque d'aggravation des inégalités".  
    Quant à l'extrême droite, systématiquement qualifiée pour le 
second tour dans les sondages, "elle nous appelle au repli, à la 
sortie de l'Europe et du monde", a-t-il dit. "Le plus grand 
danger, c'est le protectionnisme, c'est l'enfermement et ce 
serait d'abord un désastre pour les travailleurs français".  
    Dans un communiqué publié quelques minutes après la fin de 
la déclaration de François Hollande, François Fillon a dénoncé 
un quinquennat s'achevant "dans la pagaille politique et la 
déliquescence du pouvoir". (Pour les réactions :  ) 
    "Plus que jamais, l'alternance et le redressement de la 
France doivent être bâtis sur des bases solides : celle de la 
vérité sans laquelle il n'y a pas de confiance des Français et 
celle de l'action courageuse seule en mesure d'obtenir des 
résultats", a estimé l'ex-Premier ministre, qui fait figure de 
favori pour succéder à Hollande au printemps. 
    Emmanuel Macron, qui a démissionné du gouvernement en août 
pour se lancer dans la course à la présidentielle, a salué une 
décision "courageuse".  
    "Quand on a passé sa vie dans le combat politique, prendre 
la décision qu'il a prise aujourd'hui n'est pas neutre, quelle 
que soit son impopularité actuelle", a dit l'ex-ministre de 
l'Economie sur RTL.   
    Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, 
Jean-Christophe Cambadélis, le chef de l'Etat "avec élégance, 
hauteur de vue, sens de la France et non sans émotion, a décidé 
de protéger son bon bilan". 
 
 (avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M7361806 il y a 9 mois

    500.000 chomeurs en 4 ans