France 2017-Fillon sonne la charge contre Sarkozy

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    par Guillaume Frouin 
    SABLE-SUR-SARTHE, 28 août (Reuters) - François Fillon a mis 
en doute dimanche la légitimité de la candidature de Nicolas 
Sarkozy, sans jamais citer le nom de l'ancien chef de l'Etat, 
dans une violente charge devant ses partisans rassemblés dans 
son fief de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe). 
    Celui qui fut pendant cinq ans le Premier ministre de 
Nicolas Sarkozy n'arrive qu'en quatrième position dans les 
intentions de vote à la primaire de la droite et du centre, loin 
derrière Alain Juppé, l'ex-chef de l'Etat et Bruno Le Maire. 
    Devant 3.000 personnes et 60 parlementaires, il a clairement 
fait allusion aux affaires judiciaires mettant en cause l'ancien 
président, mis en examen dans le dossier du financement de sa 
campagne de 2012 et un trafic d'influence présumé.   
    "Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne 
devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs", a dit 
le député de Paris. "Il ne sert à rien de parler d'autorité 
quand on n'est pas soi-même irréprochable. Qui imagine un 
instant le général de Gaulle mis en examen ?" 
    "Le président de la République ne devrait pas être un 
Président de faits divers, prenant la parole à tort et à 
travers, usurpant la direction du gouvernement, multipliant les 
petites promesses démagogiques et occupant les rubriques 
mondaines", a ajouté l'ancien maire de Sablé-sur-Sarthe. 
    François Fillon, qui parlait en présence de l'ex-président 
de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, du président du Sénat 
Gérard Larcher et de celui du conseil régional des Pays de la 
Loire Bruno Retailleau, a aussi raillé le déplacement médiatisé 
de Nicolas Sarkozy le 15 août à la messe du Lavandou (Var).  
    "Ce n'est pas en se précipitant à la messe (...) après avoir 
convoqué les photographes ou en courant au Vatican pour tenter 
de regagner quelques voix chez les catholiques (...) que l'on se 
montre à la hauteur de ce rendez-vous de l'Histoire", a-t-il 
asséné. "La politique ne peut pas se résumer à la ruse." 
    "On ne peut pas faire référence en permanence aux racines 
chrétiennes de la France pour justifier des comportements et des 
actes qui sont des insultes à l'esprit-même de ces racines." 
     
    "LA ROUE A TOURNÉ" 
    François Fillon, que Nicolas Sarkozy, à l'Elysée, avait un 
jour rabaissé au rang de "collaborateur", a suggéré qu'il avait 
pensé se présenter à la présidentielle de 2012 ("J'avais la 
conviction que je pouvais battre François Hollande") mais 
renoncé par discipline et loyauté envers l'ex-chef de l'Etat. 
    "Depuis, la roue a tournée et me voici avec ma liberté et 
avec ma volonté de vaincre (...) Je suis candidat à l'élection 
présidentielle parce que je ne veux pas que mon pays soit livré 
aux démagogues qui ne peuvent que le conduire au désastre." 
    "La France n'a pas besoin d'une restauration", a insisté 
l'ancien Premier ministre, pour qui les Français méritent mieux 
qu'un duel entre un "président battu", Nicolas Sarkozy, et un 
président "dont ils ne veulent plus", François Hollande. 
    Evacuant du même coup l'hypothèse d'une victoire d'Alain 
Juppé à la primaire des 20 et 27 novembre, il a ajouté qu'il 
n'était pas là, pour sa part, "pour faire rêver". 
    "Je ne suis pas un bonimenteur, je ne suis pas un 
opportuniste sans convictions, je ne suis pas un interprète d'un 
scénario écrit par des instituts de sondages", a-t-il dit. 
    Il a exposé les grandes lignes de son programme. Il entend 
par exemple "imposer aux musulmans de France les règles communes 
qu'ont acceptées (...) les chrétiens et les juifs". 
    Là encore, il a mis en doute, sur ce thème mis en exergue 
par Nicolas Sarkozy, la sincérité de l'ancien président, dont il 
a rappelé les liens avec des monarchies du Golfe, dont le Qatar. 
    "Comment croire à la sincérité de ceux qui nous promettent 
des mesures énergiques contre l'intégrisme mais qui ne remettent 
pas en cause leurs relations étroites avec des régimes qui en 
sont plus que les complices ?" a-t-il demandé. 
    Il s'est par ailleurs dit opposé à la création d'un 
"Guantanamo à la française" pour placer en détention les 
personnes soupçonnées de radicalisation. 
    "Je ne participe pas au concours Lépine des solutions les 
plus stupides et les plus imbéciles censées lutter contre le 
terrorisme", a raillé François Fillon. "Enfermer des dizaines de 
milliers de suspects sans contrôle et sans jugement ne réduira 
pas le risque d'attentat mais l'aggravera." 
 
 (Edité par Emmanuel Jarry) 
 
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