FRANCE 2017-Fillon sera candidat "jusqu'à la victoire"

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    * "Je m'en remets désormais au suffrage universel", dit-il 
    * Il s'attend à une campagne "difficile" sur le terrain 
    * Il donne une liste de "Premiers ministrables" 
    * La décision du PNF comme une épée de Damoclès 
 
 (Actualisé avec entretien au Figaro) 
    PARIS, 17 février (Reuters) - François Fillon a l'intention 
d'être candidat à l'élection présidentielle en France "jusqu'à 
la victoire", quelle que soit la suite donnée par la justice à 
l'affaire des emplois de son épouse, y compris dans 
l'éventualité d'une mise en examen. 
    Le vainqueur de la primaire de la droite en novembre 2016 
avait annoncé, après les révélations du Canard enchaîné à la fin 
janvier, son intention de se désister en pareil cas. 
    "Plus on s'approche de la date de l'élection présidentielle, 
plus il serait scandaleux de priver la droite et le centre d'un 
candidat", déclare-t-il dans un entretien à paraître samedi dans 
Le Figaro. 
    "Je m'en remets désormais au suffrage universel. Ma décision 
est claire: je suis candidat et j'irai jusqu'à la victoire", 
ajoute-t-il en réponse à une question relative à ce qu'il ferait 
au cas où il serait mis en examen. 
    Décrié dans son propre camp, le candidat issu de la primaire 
de la droite et du centre reconnaît que la campagne à venir 
d'ici le premier tour, le 23 avril, sera "difficile".  
    "On annonçait depuis plusieurs jours soit ma mise en examen, 
soit l'ouverture d'une information judiciaire et cela alimentait 
l'inquiétude de certains élus. On voit qu'il n'en est rien et 
donc je vais poursuivre ma campagne. Les conditions sont 
difficiles, je le reconnais", dit-il.  
    François Fillon se dit victime d'une "opération lourde, 
conduite pour empêcher le candidat de la droite et du centre" 
mais ne réitère pas ses accusations de "complot" qu'il avait 
lancées contre le gouvernement. 
    "Cela ne m'intimide pas et c'est en train de renforcer la 
volonté des électeurs de la droite et du centre. Ce sont des 
pratiques détestables qui ne me feront pas reculer", 
souligne-t-il. 
     
    LISTE DE "PREMIERS MINISTRABLES" 
    Même s'il dit ne pas avoir choisi son Premier ministre en 
cas d'élection, il cite Xavier Bertrand, François Baroin, 
Valérie Pécresse, Bruno Retailleau et Bruno Le Maire. 
    Depuis plus de trois semaines, François Fillon n'a cessé de 
balayer l'hypothèse d'un retrait malgré un début de fronde parmi 
les députés en début de semaine et malgré les derniers 
rebondissements judiciaires. 
    Jeudi, le PNF a annoncé qu'il poursuivait ses investigations 
et qu'il excluait pour l'heure tout classement sans suite en 
raison des "nombreux éléments déjà recueillis" portant sur les 
soupçons d'emplois fictifs de Penelope Fillon et de deux enfants 
du couple. 
    Toute la difficulté pour le député de Paris consiste à mener 
campagne alors même qu'il n'a pas la maîtrise de son avenir 
judiciaire. 
    Trois possibilités principales s'offrent au PNF : le 
classement sans suite - désormais peu probable -, le renvoi 
devant un tribunal correctionnel ou l'ouverture d'une 
information judiciaire, qui pourrait alors déboucher sur une 
mise en examen.   
    A cette incertitude s'ajoutent les obstacles rencontrés au 
quotidien, comme vendredi devant l'hôtel de ville de Tourcoing 
(Nord) où l'attendait un comité d'accueil composé d'opposants, 
pour certains venus avec des casseroles. 
    "Ce sera dur, bien sûr. C'est la raison pour laquelle il 
faut s'engager", a estimé vendredi Alain Juppé en marge du 
conseil de Bordeaux Métropole.  
    "Au soir de la primaire, j'ai apporté mon soutien à François 
Fillon. Vous savez que je ne change pas d'avis au gré des vents  
sondagiers. Donc je soutiens François Fillon", a poursuivi le 
maire de Bordeaux, défait au second tour de la primaire. 
 
 (Simon Carraud et Elizabeth Pineau, avec Claude Canellas à 
Bordeaux, édité par Yves Clarisse) 
 
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