France 2017-Fillon face au défi du "rassemblement" de son camp

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    * Son projet libéral au coeur des tractations 
    * Fillon veut placer ses hommes au sein des Républicains 
    * Un remaniement du parti à venir 
    * L'inconnue centriste, le casse-tête Bayrou 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 28 novembre (Reuters) - François Fillon, désormais 
leader de la droite, s'attelle au rassemblement de son camp pour 
la présidentielle, des sarkozystes au centre, une équation 
politique complexe pour un candidat qui n'entend pas sacrifier 
son programme à l'unité. 
    Dimanche, au soir d'un plébiscite qui lui donne les coudées 
franches, il s'est dit investi du "devoir de convaincre tout un 
pays que notre projet est le seul qui puisse nous hisser vers le 
haut, pour l'emploi, pour la croissance". 
    Il lui incombe d'abord de rallier les siens à son programme 
"de rupture" fustigé par les syndicats ( ) et dont la 
radicalité a été critiquée à droite par les juppéistes, les 
sarkozystes, Bruno Le Maire, mais aussi les centristes de l'UDI 
et le président du MoDem François Bayrou.  
    Avant d'inévitables tractations, l'ancien Premier ministre 
veut s'assurer le soutien des parlementaires Les Républicains, 
une formalité qui devrait se concrétiser par sa venue mardi aux 
réunions du groupe LR à l'Assemblée et au Sénat. 
    Sa priorité est d'asseoir son autorité sur le parti, comme 
l'y autorisent les statuts de LR. Laurent Wauquiez, président 
par intérim du mouvement remanié à sa main par Nicolas Sarkozy, 
pourrait en faire les frais. 
    "On va voir. (...) On va avoir l'occasion d'en discuter. 
(..) J'aime ce que je fais, après, ce n'est pas moi qui décide", 
a dit sur RTL le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. 
    Un bureau politique devrait être convoqué sous peu, 
probablement mardi, pour arrêter le futur organigramme. Les 
statuts stipulent que le candidat désigné pour la présidentielle 
"propose au bureau politique les conditions dans lesquelles la 
direction du mouvement est assurée". 
     
    "ÉQUILIBRE" 
    Les noms de Bernard Accoyer, ancien président de 
l'Assemblée, et de Bruno Retailleau, président du groupe LR au 
Sénat, ont été cités pour succéder au "trop" sarkozyste Laurent 
Wauquiez, mais, invités respectifs lundi matin de Public Sénat 
et RTL, ils ont paru écarter cette hypothèse. 
    "Est-ce que ce sera un filloniste ou un sarkozyste ? On n'en 
sait rien. (...) Il faut que François Fillon imprime sa marque, 
mais ça ne veut pas dire prendre que des fillonistes", a 
expliqué sur RTL le député Bernard Debré, l'un de ses soutiens. 
    Querelles d'hommes, querelle de projets. 
    Si le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, qui avait 
soutenu Alain Juppé, a consenti dimanche soir une ouverture en 
vue d'un "projet législatif commun", la mouvance centriste est 
loin de suivre François Fillon comme un seul homme.   
    A commencer par François Bayrou, qui laisse planer le doute 
sur ses intentions pour la présidentielle. 
    Après avoir qualifié de "dangereux" le programme de François 
Fillon, le triple candidat à l'Elysée a estimé dimanche soir 
qu'il posait de "nombreuses questions aux citoyens et à notre 
société, qui vont apparaître dans les semaines qui viennent." 
    "Ces questions devront trouver réponse", insiste-t-il. 
    Dans une récente interview au Figaro, François Fillon 
s'était dit "confiant" en l'attitude du maire de Pau auquel le 
lient des "relations anciennes, réfléchies et courtoises". 
    "On peut être d'accord pour reconnaître que la division 
serait mortelle pour nous tous et pour la France", disait-il. 
     
    LE PROJET FILLON EN QUESTION 
    Bruno Retailleau souligne que François Fillon, qui ne 
déteste rien tant que les discussions "d'arrière-boutiques", 
sera "solide" sur son projet. 
    Les responsables de l'UDI, qui escomptaient revoir à la 
hausse leurs investitures pour les législatives, sont prévenus. 
    "Il y aura une marge de négociation en fonction de leur 
adhésion à mon projet. C'est l'union autour du projet qui fait 
les alliances solides", disait François Fillon dans Le Figaro. 
    Quant à amender son projet, "certainement pas!", a lancé 
l'ancien Premier ministre avant le premier tour de la primaire. 
    Le débat sur le projet de François Fillon s'est ouvert lundi 
dans les rangs mêmes de ses soutiens, partagés sur la nécessité 
d'infléchir ou non le "programme puissant" de leur champion. 
    Les antagonismes se focalisent pour l'heure sur sa 
proposition de réforme de la Sécurité sociale qui réserverait 
l'assurance publique universelle aux affections graves et de 
longue durée, le reste étant renvoyé aux mutuelles, exception 
faite des plus démunis.   
    "Qu'il y ait un problème sur l'avenir de notre protection 
sociale, c'est évident. Mais je pense qu'il faut retravailler ce 
point, de façon à ce qu'il soit infléchi et accepté par nos 
compatriotes", a estimé Bernard Accoyer sur Public Sénat. 
    "C'est mal connaître François Fillon que de croire un seul 
instant qu'il va attiédir, affadir son projet", a répliqué sur 
RTL Bruno Retailleau, qui déplore des "caricatures". 
    Dans le jeu de poker qui s'amorce, le candidat de la droite 
a déjà l'appui des sarkozystes, qui l'ont ménagé dans 
l'entre-deux-tours après avoir pour beaucoup raillé ses 
ambitions. 
    "Il faut absolument garder la même partition, mais ajouter 
des gammes différentes. Si, le lendemain de son élection à la 
primaire, le premier signe c'est de renoncer à ce qu'on a 
proposé, rien ne serait pire", a résumé Laurent Wauquiez. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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