FRANCE 2017-Fillon évite un putsch mais reste menacé par la justice

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    * Nouvelle tentative avortée de "plan B" 
    * Soutien "unanime" des députés au candidat 
    * Son retrait créerait une "crise majeure", se défend-il 
 
 (Actualisé avec éléments supplémentaires) 
    par Simon Carraud et Emile Picy 
    PARIS, 14 février (Reuters) - François Fillon, fragilisé 
depuis trois semaines par l'affaire des emplois de son épouse, a 
obtenu mardi le soutien des députés de son camp face à la fronde 
de certains d'entre eux qui ont à nouveau réclamé une solution 
de secours, à un peu plus de deux mois de la présidentielle, 
avant de faire machine arrière. 
    "Le retrait aujourd'hui de ma candidature créerait une crise 
majeure", a-t-il déclaré aux députés Les Républicains (LR) lors 
de leur réunion hebdomadaire à l'Assemblée nationale. 
    Plusieurs parlementaires, emmenés par le sarkozyste Georges 
Fenech, ont auparavant fait circuler une lettre exigeant la 
tenue d'un bureau politique du parti, seule instance à leurs 
yeux capable de mettre en oeuvre un "plan B". 
    Mais le principal artisan de cette initiative a annoncé lors 
de la réunion du groupe LR qu'il renonçait à cette demande, peu 
soutenue malgré les doutes qui traversent les rangs de la droite 
depuis les premières révélations du Canard enchaîné sur les 
rémunérations perçues par Penelope Fillon. 
    "Il n'est pas question de changer de candidat aujourd'hui. 
D'ailleurs, personne ne l'a demandé", a assuré à la presse le 
président du groupe, Christian Jacob, rompu depuis plus de 20 
ans aux campagnes présidentielles. 
    "Il y a toujours un moment où c'est dur et c'est dur en ce 
moment. Il n'empêche que le fait d'avoir eu cette réunion et de 
sonner le rassemblement derrière François Fillon, c'était 
nécessaire. Et maintenant en avant", a-t-il ajouté. 
    Le soutien des députés est "unanime", a pour sa part affirmé 
Thierry Solère, porte-parole du candidat. 
             
    "ÉVIDEMMENT, JE SUIS LUCIDE" 
    Plusieurs députés ont pris la parole devant leurs collègues 
pour exprimer leurs griefs sur la conduite de la campagne et 
faire part des difficultés rencontrées lors de leurs 
déplacements en circonscription.  
    "J'ai dit à quel point c'était difficile. Je crois que 
beaucoup de collègues partagent ce sentiment que cette campagne 
est incroyablement difficile", selon le sarkozyste Pierre 
Lellouche, pour qui la présidentielle reste toutefois "jouable". 
    "Il y a des problèmes dans l'organisation de la campagne. Il 
n'y a pas eu de documents pour amener la campagne sur le fond. 
C'est déjà très difficile d'être audible, mais si en plus on n'a 
pas le matériel...", a-t-il déploré devant les journalistes. 
    Mais, selon un participant, beaucoup ont exprimé leur 
soutien à François Fillon. 
    François Fillon leur a une nouvelle répondu qu'il n'avait 
aucune intention de se désister, que sa victoire à la primaire 
lui donnait toute légitimité pour poursuivre et qu'il avait le 
soutien de ses anciens concurrents à l'investiture. 
    Il a annoncé à cette occasion qu'il devait déjeuner mercredi 
avec Nicolas Sarkozy. 
    "Honnêtement, ça serait peut-être plus facile pour moi 
personnellement et ma famille de ne pas être dans cette 
compétition aujourd'hui", a-t-il déclaré, selon une 
retranscription transmise par son entourage. 
    Puis il a ajouté: "Cette décision, je l'ai prise, je ne 
reviendrai pas dessus." 
    "Evidemment, je suis lucide. Je vois bien les dégâts que 
cette affaire a causés. Les dégâts sur mon image d'abord. Et les 
dégâts sur la campagne présidentielle", a-t-il également dit, 
tout en sollicitant l'aide des députés. 
    "Nous n'avons pas d'autres portes de sortie aujourd'hui", a 
conclu Georges Fenech, qui a par la suite répondu à la presse. 
"Nous sommes tenus de suivre François Fillon dans cette campagne 
présidentielle. La chose est réglée depuis ce matin." 
     
    EPEE DE DAMOCLES 
    Depuis la fin janvier, l'ex-Premier ministre a multiplié les 
opérations destinées à faire taire les plus dubitatifs et à 
relancer sa campagne, comme le 7 février lorsqu'il a convoqué 
une conférence de presse à son siège de campagne.   
    Cette explication de texte, durant laquelle il a présenté 
ses "excuses" aux Français pour avoir salarié son épouse et deux 
de ses enfants avec des fonds publics, avait temporairement 
calmé la fronde naissante. 
    Mais, depuis cette date, le vainqueur de la primaire n'est 
pas parvenu à reprendre la seconde place dans les sondages, qui 
prévoient pour l'heure un duel Emmanuel Macron-Marine Le Pen au 
second tour au mois de mai.   
    "Ce que je vois, c'est qu'on risque d'aller dans le mur, 
c'est qu'on risque d'avoir un débat de deuxième tour 
surréaliste. Moi je ne souhaite pas ça pour mon pays", a jugé le 
sarkozyste Alain Gest après la réunion de son groupe. 
    De retour d'un long week-end à la Réunion, François Fillon 
doit tenir mercredi soir un meeting à Compiègne (Oise) en 
présence de Xavier Bertrand, président de la région 
Hauts-de-France, qui est jusqu'ici resté en retrait de la 
campagne. 
    Au calendrier politique se superpose le calendrier 
judiciaire. 
    Le Parquet national financier (PNF), à l'origine de 
l'enquête préliminaire, doit encore prendre une décision sur les 
suites à donner à cette procédure, suspendue au-dessus du 
candidat comme une épée de Damoclès. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • GEPAPI il y a 10 mois

    On a accusé la Gauche parce que c'était plus facile que de chercher à qui profitait le "crime". Croire que le clan SARKOZY , qui s'est essuyé les pieds pendant 5 ans sur son paillasson de 1er Ministre , va laisser le FILLOU parader, c'est juste impossible. Remboursement et inégibilité à vie.

  • derouet2 il y a 10 mois

    cette affaire sent le sarko a plein nez