France 2017-Fillon en appelle au rassemblement de la droite

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    * "Rien n'est acquis", dit le candidat des Républicains 
    * L'ex-Premier ministre répond aux flèches d'Alain Juppé 
    * C'était son dernier meeting avant le second tour 
 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 25 novembre (Reuters) - François Fillon, favori pour 
décrocher l'investiture présidentielle de la droite, a jugé 
vendredi qu'il aurait "besoin de tout le monde" à l'issue d'une 
campagne parfois mouvementée, en particulier dans la dernière 
semaine. 
    "Rien n'est acquis", a toutefois pris soin de préciser 
l'ex-Premier ministre lors de son dernier meeting, à Paris, à 
l'avant-veille du second tour de la primaire face à un Alain 
Juppé affaibli par son score de dimanche dernier (28,6%). 
    "Je n'accorde pas plus de crédit à ceux qui me donnent 
gagnant qu'à ceux qui me donnaient battu il y a trois semaines", 
a ajouté le député de Paris, arrivé nettement en tête du premier 
tour avec 44,1% des suffrages. 
    Il est désormais donné largement vainqueur du second tour, 
dimanche, avec 61% des intentions de vote, par un sondage 
OpinionWay publié vendredi.   
    Dès dimanche dernier, celui qui a longtemps semblé promis à 
la troisième ou la quatrième place a reçu des soutiens de poids, 
à commencer par ceux de l'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy 
et de l'ex-ministre Bruno Le Maire, tous deux éliminés. 
    "Nous sommes tous de la même famille politique et j'aurai 
besoin de tout le monde", a déclaré devant quelques milliers de 
personnes François Fillon, pour qui les résultats du premier 
tour ont soufflé comme une "tornade". 
    Des orphelins de la Sarkozie sont montés à la tribune, comme 
Luc Chatel et Eric Woerth, lequel a été sifflé quand il a dit 
qu'il n'avait pas voté Fillon au premier tour.  
    Bruno Le Maire est aussi intervenu, de même que des fidèles 
de longue date de François Fillon, comme Jérôme Chartier ou 
Gérard Larcher, et Bruno Le Maire. 
    L'ancien chef du gouvernement a répondu aux attaques d'Alain 
Juppé - sans le citer. 
    Après une campagne de premier tour sans prise de risque, le 
maire de Bordeaux a opté dans la dernière ligne droite pour une 
stratégie offensive face à son concurrent surprise, décrit comme 
le candidat d'une droite "traditionaliste". 
     
    "LES ESPRITS S'ÉCHAUFFENT"  
    Alain Juppé a dénoncé un programme à la fois "brutal" et 
impossible à appliquer sur le plan économique ( ). 
    Vendredi soir, il a réitéré ses critiques et tenté une 
dernière fois de faire entendre sa différence, lors d'une 
réunion publique à Nancy, en Meurthe-et-Moselle, en se 
présentant en champion d'un "libéralisme humaniste". 
    François Fillon a répliqué en s'en prenant aux "rentiers du 
système", qui jugent son programme "trop risqué" et aux "milieux 
informés" qui ne l'ont pas vu venir. 
    "Il y a deux mois, mon projet était considéré par tous comme 
l'un des plus aboutis. Le voici devenu impossible (...) Il y a 
une semaine, j'étais vu comme un réformateur, me voici qualifié 
d'ultra-libéral et destructeur", lui déclaré François Fillon. 
    Il a rappelé au passage les mesures de son programme les 
plus contestées par Alain Juppé : la promesse de réduire de 8% 
les effectifs de la fonction publique en cinq ans et le retour 
au 39 heures de travail hebdomadaire pour les fonctionnaires. 
    "C'est infaisable marmonnent les comptables en tapotant sur 
leur calculatrice", a-t-il dit. "Ce qui est brutal, ce n'est 
évidemment pas mon projet, c'est le chômage de masse qui casse 
des millions de Français." 
    Il a enfin jugé "absurde" de le peindre en "intime" de 
Vladimir Poutine, encore une fois sans prononcer le nom de son 
adversaire, qui a accusé François Fillon de "complaisance 
excessive" à l'égard du président russe.  
    "Cette primaire s'achève et je vois bien que les esprits 
s'échauffent. Chacun doit conserver son calme", a insisté 
l'ex-Premier ministre de François Sarkozy, qui tenait là 
l'ultime meeting de sa course de fond, entamée dès 2013. 
    "On vous accuse d'être déterminés ? Eh bien tant mieux, 
parce que ceux qui se disent modérés ont déjà baissé les bras", 
a lancé François Fillon à ses partisans, à quelques heures de la 
fin de la campagne de la primaire, vendredi à minuit.  
 
 (Edité par Emmanuel Jarry) 
 
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