France 2017-Compte à rebours lancé pour la candidature de Hollande

le
3
    * Annonce présidentielle imminente pour un second mandat 
    * Rien de certain sur la teneur de sa décision 
    * Ses proches jugent positive une confrontation avec Fillon 
    * Risque d'une humiliante défaite, y compris à la primaire 
PS 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 29 novembre (Reuters) - François Fillon désormais 
engagé à droite dans la course à la présidence de la République, 
c'est au tour François Hollande de mettre fin dans les tout 
prochains jours au suspense sur son entrée en lice pour un 
second mandat. 
    Une annonce attendue avec impatience par une gauche au bord 
de la crise de nerfs, où les ambitions grandissent à mesure que 
se creusent les divisions, au point de troubler le 
fonctionnement de l'exécutif. 
    Le président sortant est seul capable de rassembler son 
camp, le mieux à même de défendre son bilan et il aura un projet 
à défendre : tel est le leitmotiv de ses proches à cinq mois de 
l'élection présidentielle. 
    Sur la forme, "il vaut mieux surprendre un peu", conseille  
un ministre "hollandais".  
    Les fidèles du président ne "doutent pas" d'une candidature 
jugée souhaitable, en dépit de l'impopularité du chef de l'Etat 
et des agitations à gauche - candidatures d'Emmanuel Macron, de 
Jean-Luc Mélenchon et de Sylvia Pinel hors primaires, tentative 
de dissuasion du Premier ministre Manuel Valls, qui s'en est 
expliqué en direct lundi avec François Hollande.   
    Le renoncement est aussi une option, dans un contexte de 
défiance inédit sous la Ve République.  
    Le président a-t-il confié à son Premier ministre sa 
décision ? Aucune certitude à ce sujet.   
    "Je suis prêt à mener le combat pour 2017 comme tous je 
l'espère, je veux que les gens retrouvent de l'espoir, de 
l'envie et pour cela les responsables publics doivent s'ouvrir", 
déclarait Manuel Valls lundi à Tunis, deux jours après avoir 
affirmé qu'il se tenait "prêt" pour les futures échéances dans 
les colonnes du Journal du dimanche.  
     
    PASSER PAR LA PRIMAIRE 
    Sur la date de l'intervention de François Hollande, 
théoriquement possible jusqu'au 15 décembre, plusieurs fenêtres 
sont possibles dans l'agenda du président, tout juste de retour 
de Madagascar et attendu vendredi à Abou Dhabi.  
    Samedi, la "Belle alliance populaire" imaginée par le Parti 
socialiste permettra de se mettre en ordre de bataille pour la 
primaire des 22 et 29 janvier, où l'éventuelle participation de 
François Hollande fait débat.  
    Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a 
affirmé mardi avoir reçu "personnellement" l'assurance du 
président qu'il se plierait à cet exercice.     
    "Le président n'a pas un problème d'âge ou de santé. Ne pas 
se représenter serait un aveu d'échec. Et ne pas passer par la 
primaire serait une forme d'autoritarisme qui ne ressemble pas 
au bonhomme", analyse un ministre.  
    Un député très critique envers la politique du président va 
dans le même sens.     
    "Je ne l'imagine pas ne pas y aller. C'est la Ve République, 
et c'est quand même difficile de décider que le mandat s'arrête 
en décembre", explique-t-il. "Mais sa ligne molle, centrale, 
confuse, attachée aux vieux équilibres est vouée à l'échec. Je 
ne le vois pas passer le cap de la primaire."  
    Le risque d'une "humiliation", publiquement évoquée par 
l'avocat Jean-Pierre Mignard, grand ami du président, pèse dans 
la balance, confirme un autre proche du président.   
    "C'est pour cela que ce n'est pas ferme, qu'il réfléchit. Il 
voit beaucoup de monde, il consulte, mais il ne dit pas ce qu'il 
va faire", dit-il.       
     
    "SON IMAGE VA CHANGER QUAND IL SERA CANDIDAT"     
    Parmi les arguments en faveur d'une candidature figurent les 
bons chiffres de l'emploi d'octobre, qui appuient l'idée d'une 
lente inversion de la courbe du chômage sur l'année 2016, dont 
le président avait fait une condition de son entrée en lice. 
    Sa capacité de rassemblement est aussi soulignée.   
    "Je ne vois pas de candidat capable d'être soutenu de Manuel 
Valls à (l'ex-ministre, figure de la 'gauche de la 
gauche'"-NDLR) Christiane Taubira", dit un "hollandais" 
historique.   
    Le camp gouvernemental voit aussi des raisons d'espérer dans 
la désignation de François Fillon, candidat au positionnement 
franchement à droite à même de ramener la gauche au bercail.  
    "François Fillon rebat les cartes et donne à François 
Hollande un argument supplémentaire : si quelqu'un défait tout 
ce qu'il a fait, ça rehausse son bilan", dit un de ses amis. 
"Son image va changer quand il sera candidat. On a un travail 
d'explication à faire et le programme de Fillon nous aide".   
    Beaucoup de travail reste sur la planche pour changer une 
image brouillée, encore aggravée par la publication d'un livre 
de confidences qui a sidéré nombre de ses anciens soutiens, et 
un bilan dont le succès ne saute pas aux yeux de l'opinion.  
    "François Hollande donne le sentiment d'avoir failli à la 
tâche. Il y a un manque de résultats, et puis cette légèreté 
dans le comportement qui sied mal à la fonction", accuse un 
député socialiste.   
    En revanche, un "hollandais" historique ne comprend pas le 
"procès" fait au président qui a engagé l'armée française sur 
plusieurs terrains, affronté les pires attentats jamais commis 
dans le pays et fait signer à Paris un accord universel 
historique contre le réchauffement climatique.    
    "Ce Hollande 'bashing' me souffle. Au regard de l'Histoire, 
si on regarde les faits, c'est totalement disproportionné. On 
fait comme s'il n'était pas président de la République, comme 
s'il n'était pas capable de l'être, vous plaisantez ou quoi ?", 
s'emporte un proche du chef de l'Etat.  
    "Son tort", concède-t-il toutefois, "c'est de n'avoir pas 
été assez clair sur ce qu'il faisait."  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • newwin il y a 4 mois

    comme dit ici hollande est un nul qui abaisse la fonction présidentielle viens a ta primaire on attend!t as rien fait durant ton quinquennat a part ton mpt a cause du lobby gay qui t as fiannacé t as tout raté viens a ta primaire

  • M3435004 il y a 4 mois

    "Ce Hollande 'bashing' me souffle. Au regard de l'Histoire, si on regarde les faits, c'est totalement disproportionné". Ce genre de propos montre bien l'irresponsabilité et l'inconscience de ceux qui les tiennent. Hollande mérite la Haute Cour et la destitution. Et à défaut la plus grande raclée électorale de toutes les Républiques. Le bashing c'est le tarif minimum infligé par une caste de journalistes qui lui est globalement acquise. Sarkozy en avait pris bien plus pour bien moins que ça.

  • M3435004 il y a 4 mois

    Ne pas passer par la primaire serait une forme d'autoritarisme. Y passer sera une mise en accusation et un procès à grand spectacle qui se déroulera au tribunal politique de ses meilleurs amis. Des amis qu'il aura plongés dans la ........... jusqu'au cou.