France 2017-Bartolone veut voir Hollande et Valls à la primaire

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 (Actualisé avec précisions, citations supplémentaires) 
    PARIS, 26 novembre (Reuters) - Le président de l'Assemblée 
nationale Claude Bartolone a souhaité samedi que François 
Hollande et Manuel Valls, mais aussi Emmanuel Macron et Jean-Luc 
Mélenchon, participent tous à la primaire de la gauche pour 
éviter qu'une multiplication des candidatures ne lui soit fatale 
lors de la présidentielle l'an prochain.  
    Les dernières semaines ont été marquées par une 
multiplication des tensions larvées entre le chef de l'Etat et 
le Premier ministre, alors que le premier entretient toujours le 
mystère sur ses intentions pour 2017 et que le second semble se 
préparer à constituer un recours pour une gauche divisée.  
    "Je souhaite que Valls participe à la primaire, je souhaite 
que Hollande participe à la primaire, je préférerais qu'ils 
participent tous les deux à la primaire plutôt que l'un puisse 
se dire 'là je suis éliminé sur le tapis vert, donc je m'éloigne 
de la campagne, je m'éloigne des socialistes, je m'éloigne de 
l'action gouvernementale", a déclaré à la presse l'élu 
socialiste de Seine-Saint-Denis à son arrivée au Carrefour 
citoyen des gauches et de l'écologie organisé par Martine Aubry 
à Bondy, au nord de Paris.  
    "Puisque depuis maintenant quinze jours il semble y avoir un 
débat entre le président de la République et le Premier 
ministre, qu'ils aillent devant les militants de gauche et 
soient tous les deux aussi candidats à la primaire", a-t-il 
poursuivi, en ajoutant "on ne peut pas continuer avec les 
petites phrases".   
    Claude Bartolone a une nouvelle fois mis en garde contre la 
dispersion, appelant également de ses voeux une participation 
d'Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon à la consultation 
prévue les 22 et 29 janvier 2017.  
    "Nous savons les uns et les autres que s'il y a trois, 
quatre candidats qui se réclament de la gauche au premier tour, 
notre élimination est inéluctable", a-t-il prévenu.        
    "Ce n'est pas une petite primaire qui peut nous sauver", 
a-t-il indiqué en ajoutant "je souhaite que Macron participe à 
la primaire (...), je souhaite que Mélenchon vienne exprimer au 
sein de la primaire sa différence." 
    L'ancien ministre de l'Economie et le député européen ont 
tous les deux décidé de ne pas se soumettre à cette consultation 
à laquelle sont notamment candidats Benoît Hamon et Arnaud 
Montebourg, deux autres anciens ministres de François Hollande.  
       
     
    "PAS UN CHARISME CONSIDÉRABLE" 
    Claude Bartolone a décliné son appel au rassemblement dans 
son intervention au rassemblement de Bondy, auquel participent 
également l'ex-garde des Sceaux Christiane Taubira, le député 
Christian Paul, chef de file des frondeurs, ou encore le 
secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Matthias Fekl.     
    "Depuis dimanche, quelque chose a changé en France. La 
droite se rassemble", a-t-il observé à la veille du second tour 
de la primaire de la droite, alertant sur le fait que "la 
désunion, c'est la défaite dans le déshonneur assurée". 
    Après que "la petite musique de nos divisions (a) accompagné 
tout ce quinquennat", le rassemblement s'impose pour éviter le 
"choc conservateur" promis par l'opposition, ce qui nécessite de 
dresser le bilan du quinquennat, de "discuter des réussites et 
des échecs".              
    Epinglé dans son livre de confidences à des journalistes "Un 
président ne devrait pas dire ça...", dans lequel le chef de 
l'Etat juge qu'il n'a "pas l'envergure" d'un Premier ministre et 
"pas un charisme considérable", Claude Bartolone a pris ses 
distances avec François Hollande depuis la parution de cet 
ouvrage.  
    Il a ainsi ostensiblement quitté l'auditorium du musée du 
Louvre avant le discours du président lors de la commémoration 
organisée pour le centième anniversaire de la naissance de 
François Mitterrand, le mois dernier.  
    Le chef de l'Etat, dont la popularité est au plus bas, a 
prévu d'annoncer sa décision sur une éventuelle entrée en lice 
pour un second mandat, avant le 15 décembre, date limite de 
dépôt des candidatures pour la primaire organisée par le Parti 
socialiste. 
    Selon son entourage, cette annonce devrait avoir lieu dans 
les tout prochains jours.     
 
 (Myriam Rivet, édité par Henri-Pierre André) 
 
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