France-2015, le millésime de la sagesse pour les primeurs bordelais?

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    * Une semaine cruciale pour le Bordelais 
    * L'annonce d'un bon millésime, "voire très bon" 
    * Retour à la mesure sur les prix 
 
    par Claude Canellas 
    BORDEAUX, 1er avril (Reuters) - Un optimisme prudent règne 
dans le vignoble de Bordeaux avant la semaine des primeurs du 
millésime 2015 qui s'ouvre lundi, et devrait permettre avec un 
bon cru de revenir aux prix du marché que certains propriétaires 
avaient trop souvent dépassés. 
    Comme chaque année au début du mois d'avril, cinq à six 
mille importateurs, grossistes et distributeurs du monde entier 
sont attendus dans les châteaux girondins pour goûter la 
production en cours d'élevage. 
    Cette semaine de dégustation organisée par l'Union des 
grands crus de Bordeaux (UGCB), qui réunit 133 des plus grandes 
propriétés, permettra de fixer les prix d'ici quelques semaines 
et de vendre deux ans avant livraison. 
    Cette tradition unique dans le monde a fait le succès des 
Bordeaux, apporté de la notoriété et de la trésorerie. 
    Mais la dernière décennie a été marquée par les prix 
excessifs des millésimes 2009 et surtout 2010, et les années qui 
ont suivi, avec des millésimes de moindre qualité voire 
quelconques, n'ont pas permis de revenir aux prix du marché. 
    Au final, les acheteurs ont parfois acquis des vins à des 
prix bien au-dessus du marché, ce qui a encombré les stocks et 
diminué les capacités financières des négociants, notamment. 
    Le millésime 2013, dont le volume a été historiquement bas, 
et la crise économique ont semble-t-il ramené le plus grand 
vignoble de France à la raison. 
    "On a un bon millésime voire très bon qu'on peut comparer au 
2005 mais avec plus de corps. On s'attend à une hausse par 
rapport à 2014, normale et souhaitable compte tenu de la qualité 
du millésime", explique François Lévêque, l'un des plus grands 
courtiers de la place. 
    "Mais si le 2015 est au prix de sortie du 2009, on n'y 
arrivera pas. Je suis optimiste, j'ai le sentiment que les 
propriétaires l'ont compris", ajoute-t-il. 
    Avec une récolte d'une qualité inégalée depuis 2010, la 
semaine des primeurs devrait être une réussite. D'autant que le 
journaliste américain Robert Parker, dont les notes et critiques 
ont longtemps conditionné les prix du marché, est désormais 
absent. 
     
    "LE MILLÉSIME 2015 FERA PARLER DE LUI" 
    "Avant, je proposais un prix à certains propriétaires en 
fonction des volumes, des stocks. Ils mettaient mon papier dans 
la poche et ils attendaient la note Parker. Si elle était 
supérieure à 93, mon papier ne servait à rien et ils fixaient 
leurs prix au-dessus", se souvient François Lévêque. 
    Bordeaux "déparkérisé" se réapproprie son rôle de 
prescripteur au moment où le consommateur s'intéresse de près à 
ce millésime. 
    Olivier Bernard, président de l'UGCB et propriétaire du 
Domaine de Chevalier, cru classé de Graves en AOC 
Pessac-Léognan, note qu'un certain nombre de propriétaires ont 
eu tendance "à faire plus pour aller chercher la note Parker", 
mais qu'"ils ont fait marche arrière." 
    "Bordeaux a toujours assis sa réputation sur des vins 
d'équilibre, c'est l'ADN de Bordeaux", souligne-t-il. 
    Bernard Farges, président du Conseil interprofessionnel du 
vin de Bordeaux (CIVB), estime que "le millésime 2015 fera 
parler de lui." 
    "Après, on ne sait pas ce que ça va donner. La semaine des 
primeurs, c'est un éclairage fort sur Bordeaux et ses vins quand 
le millésime est intéressant, que les vins soient vendus ou pas 
en primeurs." 
    "Après, poursuit-il, on peut toujours imaginer qu'il n'y a 
plus de grands crus, ni de primeurs. Tout le monde y perdrait." 
    "A chaque fois que Bordeaux pénètre un marché, il le fait 
par les grands crus. Ensuite ce sont les Bordeaux et les 
Bordeaux Supérieurs qui suivent par le volume et enfin le coeur 
de la gamme en troisième", rappelle Bernard Farges. 
    Il y aura cette année moins de Chinois dans les chais et 
châteaux, mais plus d'Américains, qui reviennent après avoir 
boudé un temps le Bordelais. Les Européens des plus grands 
marchés (Belgique, Allemagne, Grande-Bretagne) seront également 
présents. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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