Fragile, l'Arche de la Défense reste sous étroite surveillance

le
13
Le ministère de l'Écologie a commandé un audit sur les façades intérieures du monument.

Attention fragile. L'Arche de la Défense - 300.000 tonnes de marbre et de panneaux vitrés - résiste à grand-peine aux outrages du temps. Édifié par le groupe Bouygues il y a seulement vingt-trois ans, en 1989, le monument s'apprête ainsi à subir de nouvelles vérifications.

«Nous avons commandé un audit technique au groupe d'ingénierie Ginger concernant les marbres des pignons et les marbres des façades intérieures », indique un porte-parole du ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, dont les bureaux se trouvent sur place et qui gère le bâtiment pour l'État.

Les dalles en marbre de Carrare de la paroi sud ont déjà été retirées entre 2010 et 2011. À la place, des blocs de granite, une roche complètement étanche, ont été posés. Une réponse jugée indispensable après une batterie d'études plutôt inquiétantes étalées entre 2004 et 2009. Environ une dalle sur six présentait en effet des altérations attribuables à la «décohésion granulaire » du marbre de Carrare. Plus simplement une usure précoce matérialisée par des déformations, des éclats ou des fissures. «Lorsque je travaillais là-bas, il y avait parfois des plaques qui se détachaient, à tel point qu'un périmètre de sécurité avait été établi au pied de l'Arche », raconte un ancien fonctionnaire parti en retraite il y a deux ans.

«Selon sa qualité, le marbre de Carrare est plus ou moins poreux et sensible aux variations thermiques, éclaircit un importateur de cette roche. Lorsqu'il gèle, par exemple, l'eau accumulée peut s'infiltrer et causer des fissures.» La pollution atmosphérique, sensible autour de la Défense, quant à elle, «n'arrange évidemment pas les choses ».

La conception de cette Grande Arche avait été confiée à un Danois, Johann Otto von Spreckelsen. En 1986, il demande à être libéré du projet et transfère ses responsabilités à Paul Andreu tout en conservant un droit moral. «Von Spreckelsen tenait absolument à utiliser une part de marbre gris, beaucoup plus poreux que le blanc, se rappelle l'architecte français. Une très mauvaise idée, qui nous a causé beaucoup de problèmes.»

Imaginée comme une version du XXe siècle de l'Arc de triomphe de l'Étoile (VIIIe), l'Arche de la Défense, montée sur 12 piliers qui s'enfoncent à 30 mètres dans le sol, cumule encore aujourd'hui les tracas.

Chute d'une poulie

Son toit est notamment fermé au public (250.000 visiteurs par an en moyenne, record des Hauts-de-Seine) depuis le 4 avril 2010. La chute d'une poulie avait alors contraint le ministère de l'Écologie à suspendre l'utilisation des ascenseurs pour des raisons de sécurité. Ils ont été réparés, mais le toit, son centre de congrès et d'exposition, son musée de l'informatique, son restaurant gastronomique et son belvédère offrant une vue panoramique sur tout l'ouest de Paris n'ont jamais rouvert.

Sans oublier qu'une procédure judiciaire est encore en cours avec la société gestionnaire du toit, laquelle possédait un bail valable jusqu'en 2 013. «L'État a choisi de récupérer cet espace pour son propre compte, explique le ministère. Mais les travaux sont plus longs que prévu et il reste un problème d'étanchéité au niveau du belvédère.» Un de plus.

LIRE AUSSI:

» La Défense cherche son second souffle

SERVICE:

» Retrouvez toutes les annonces immobilières à Paris avec Explorimmo

SUIVEZ LE FIGARO IMMOBILIER SUR:

» Twitter: @LeFigaro_Immo

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • ben4you le vendredi 8 juin 2012 à 11:49

    On verra si la Canopée de Delanoë sera plus résistante!

  • vlad16 le vendredi 8 juin 2012 à 10:28

    250.000 visiteurs par an en moyenne lol, les gens aiment bien découvrir comment on les entubent bien profond avec des monuments débiles

  • dmorvan4 le vendredi 8 juin 2012 à 09:21

    Il nous restera la Tour Effel, qui devait être démontée les années suivantes. Ca c'est de la prouesse technologique!

  • elnovian le vendredi 8 juin 2012 à 09:10

    Au lieu de critiquer Bouygues sans savoir. Il faut prendre en compte l'architecte qui voulait ce marbre alors que bouygues voulait peut-être autre chose et aussi prendre an compte le fabriquant de marbre qui n'était peutêtre pas au top de la qualité.

  • hivaoa le vendredi 8 juin 2012 à 08:52

    qui paye au bout du compte ?

  • canddide le vendredi 8 juin 2012 à 08:27

    Si les maçons se sont servis du niveau des commentaires postés, ça se comprend que ça soit de travers.

  • M8547796 le jeudi 7 juin 2012 à 20:55

    c'est évidemment la faute des socialistes si Bouygues a fait du mauvais boulot... évidemment, augmenter ses marges sur le dos du contribuable en utilisant des matériaux moins cher... les socialistes qu'on vous dit!

  • M2654585 le jeudi 7 juin 2012 à 16:26

    C'EST un symbole du socialisme, ne pouvant prétendre au panthéon, tels les pharaons, il leur faut construire pour laisser une trace de leurs "turpitudes" détruisons les symboles inutiles et qui coutent à la commanunauté.

  • elnovian le jeudi 7 juin 2012 à 14:35

    Tout ces monuments sont affreux, il faudrait les remplacer.

  • lorant21 le jeudi 7 juin 2012 à 13:23

    quand au centre Pompidou il faut le refaire entièrement tous les 15 ans.. Architectes? vous avez dit architectes? A priori, l'institut du Monde Arabe et la Pyramide tiennent..