Fourrières : des élus réclament la fin des sociétés privées

le
2

Des députés du groupe UMP du Conseil de Paris demandent la mise en régie de l'enlèvement et de la mise en fourrière des véhicules verbalisés. Payées au rendement, les sociétés privées sont accusées d'abus.

Le groupe UMP du Conseil de Paris demande un service public des fourrières. À travers des v½ux adressés aux vingt conseils d'arrondissements de la capitale, les élus proposent à la ville de Paris la «remunicipalisation» des services d'enlèvement et de mise en fourrière des véhicules en stationnement gênant.

2000 agents de surveillance, placés sous la direction de la Préfecture de Paris, sont chargés de verbaliser les véhicules en stationnements gênants, abusifs ou dangereux. Mais ce sont des prestataires privés, rémunérés par la ville de Paris, qui réalisent l'enlèvement et la conduction des véhicules à la fourrière. Et ces sociétés sont rémunérées en fonction de leur activité. «Cela pousseàa des dérives», explique la communication du groupe UMP au Conseil de Paris. «On est obligé de choisir des voitures faciles à enlever», précise un grutier interrogé par Le Parisien.

Les prestataires privés veulent que «la rentabilité soit maximale, les chauffeurs ont des primes au rendement et donc ils ont tendance à concentrer tous les enlèvement autour des fourrières, mais l'objectif de l'enlèvement c'est de supprimer ou limiter le stationnement gênant», s'est exprimé Nathalie Kosciusko-Morizet, présidente du groupe UMP au Conseil de Paris.

Pourtant, le système est déficitaire, malgré 250.000 véhicules enlevés par an: la facture s'élève à 6 millions d'euros pas an selon la mairie de Paris. «Il y a 54.000 fonctionnaires dans la ville de Paris. Par déploiement, il faudrait réaffecter des agents au service des fourrières». Avec des frais d'enlévement s'élèvant à 126 euros, auxquels s'ajoutent 10 euros par jour de garde, le système est accusé de défavoriser les conducteurs aux véhicules les plus facilement retirables. Avec une mise en régie de ces services, «tous les conducteurs seraient sur un même pied d'égalité», précise le groupe politique. «On demande à la mairie de Paris et à la préfecture d'étudier l'option».

Il y a quelques mois, une polémique sur le coût de la fourrière avait déjà éclaté. Le préfet de police avait proposé à la municipalité d'augmenter les frais d'enlèvement passant alors de 126 à 150 euros et les frais de garde de 10 à 25 euros par jour, afin de combler le déficit dans les comptes des fourrières. Bertrand Delanoë, alors maire, expliquait qu'enlever un véhicule coûtait en réalité plus de 160 euros, en moyenne. «J'apporte tout mon soutien à la proposition du préfet de police, écrivait-il. Il ne s'agirait, en effet, que d'un rattrapage de l'inflation constatée depuis 2003», selon lui. De l'autre côté, Nathalie Kosciusko-Morizet disait vouloir une «remunicipalisation du service pour revenir à des choses plus raisonnables. On peut le faire par redéploiement et -in fine- ça peut même coûter, moi je crois, moins cher».

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • pier4564 le lundi 30 juin 2014 à 17:51

    une vrai socialo cette NKM!

  • fortunos le lundi 30 juin 2014 à 14:27

    Enfin des deputes qui commencent a comprendre que l'Etat ou les collectivites locales pour certains services,Eau,Autoroutes,et fourrieres;c est preferable aux privatisations !!!