Forum GI : Rien n'est fait pour favoriser les investisseurs de long terme

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(NEWSManagers.com) - " Il est de bon ton chez les hommes politiques et parfois les régulateurs de vilipender les hedge funds et les arbitragistes considérés comme responsables de la volatilité des marchés" , a constaté Paul-Henri De La Porte Du Theil, président de l' Association française de gestion financière (AFG) au cours de la conférence d' ouverture du Forum Gestion Institutionnelle, consacrée au rôle des investisseurs de long terme dans la stabilité des marchés financiers.
" Les politiciens et les régulateurs passent un temps considérable à tenter de trouver des solutions pour limiter ces problèmes. Mais ils se trompent de problème, laissant de côté ce qui est vraiment important" , a-t-il poursuivi. En effet, pour lui, si les acteurs de court terme que sont les arbitragistes et les hedge funds représentent une part trop importante du marché, c' est parce que les acteurs de long terme ne sont pas suffisamment nombreux. Et donc, ils ne peuvent pas jouer leur rôle dans stabilité des marchés.
" Les acteurs de court terme font leur travail " , a renchéri Paul-Henri De La Porte Du Theil. " Ce n' est pas en revanche le cas des pouvoirs publics qui ne font rien pour favoriser les acteurs de long terme" .
Par exemple, " avec Bâle III et Solvency II, tout est fait pour décourager les banques et les compagnies d' assurances d' investir sur le long terme" , illustre le président de l' AFG, qui dresse le même constat pour les fonds de pension et caisses de retraite, ainsi que pour les ménages.
Jean-Pierre Grimaud, président de l' Association française des investisseurs institutionnels, a lui aussi déploré que les nouveaux dispositifs prudentiels bancaires et assurantiels rendent difficile la détention plus ou moins longue d' actifs risqués par les investisseurs. A cela s' ajoute la refonte des normes comptables IFRS 9, dont on parle moins, mais qui va aussi avoir un impact.
Pour le président de l' AF2I, les choses ont déjà changé. Ainsi, avec Bâle III, les banques, notamment françaises, sont en train de chercher des sources de financement pour faire face aux ratios de liquidités. Pour lui, la décollecte sur les fonds monétaires n' est pas uniquement liée à la faiblesse des taux, mais aussi à des réallocations de flux vers les bilans bancaires. Le travail s' est aussi fait côté assurances et " lorsque on regarde les portefeuilles des compagnies d' assurances vie françaises, la part des actions est déjà basse par rapport à il y a dix ans. Et leurs portefeuilles obligataires sont principalement concentrés sur les émetteurs souverains pour les maturités longues et les corporates pour les maturités intermédiaires, deux zones d' investissement moins pénalisées sous Solvency II" .
Au total, si on ne favorise pas les investisseurs de long terme en France et plus largement en Europe, " il ne va rester que les fonds souverains et les grands fonds de pension américains" , conclut Paul-Henri De La Porte Du Theil.

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