Forum GI : L'inflation, une donnée clairement à intégrer

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(NEWSManagers.com) - Mercredi 16 mars, au Forum GI, s'est tenu un atelier sur le thème " Risque souverain, inflation. Comment intégrer la fluctuation des monnaies en 2011 et s'adapter au retour de l'inflation" . En présence de Benjamin Melman, directeur Performance absolue et Allocation d'actifs quantitative chez Edmond de Rothschild (Edrim), Olivier Guinguené, responsable de la Gestion Diversifiée, Quantitative et ISR chez Pictet, Philippe Delienne, président de la société de gestion Convictions AM et Vincent Cornet, directeur des investissements chez Malakoff Mederic, le débat a permis aux intervenants de revenir sur différentes problématiques telles que la réapparition de l'inflation dans le monde, le rééquilibrage de la croissance mondiale des pays développés vers les marchés émergents, et enfin le risque souverain dans la zone euro et les marchés.

Invité à se prononcer sur l'inflation, Olivier Guinguené s'est d'abord intéressé à la hausse des prix des " commodities" (matières premières) en rappelant que cette augmentation était généralement considérée comme le " premier tour" de l'inflation, une situation néanmoins transitoire tant qu'il n'y pas de hausse des salaires. En fait, compte tenu du montant des liquidités très élevées aux Etats-Unis, un transfert a été opéré vers les marchés émergents et? les commodities. Et ce d'autant que la demande dans ces pays là va croissante. " Attention" , a également prévenu Olivier Guinguené, " à ne pas uniquement lier la hausse des prix des commodities avec les problèmes géopolitiques, faisant référence aux récents conflits dans le monde arabe. " La vraie question est de savoir si la hausse des matières premières peut être considérée comme un choc ou si elle est durable" , a-t-il déclaré. Sachant que leurs prix progressent ainsi que les liquidités, l'inflation doit donc augmenter et durer. " A moins qu'un événement comme la catastrophe nucléaire au Japon vienne tout remettre en cause?" a souligné le responsable chez Pictet. Pour le reste, ce dernier fait preuve de sérénité : la hausse des commodities n'est pas un tsunami. Autrement dit, elle peut s'absorber?"

De son côté, Philippe Delienne est revenu sur les politiques monétaires des Etats, dont la nature va naturellement avoir des conséquences sur la maitrise de l'inflation. Selon lui, Ben Bernanke le patron de la Fed, doit impérativement voir le chômage baisser afin de régler le problème de l'immobilier américain. De fait, il s'inscrit dans une logique de taux bas avec pour objectif de combattre l'inflation " core" . En revanche, de ce côté ci de l'Atlantique, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne, qui considère l'inflation totale, prépare les Etats à une remontée des taux courts... Il doit néanmoins faire face à une limite de taille : l'héterogénité des économies au sein de la zone euro, d'où la nécessité de mettre en place une gouvernance, la politique monétaire n'étant pas la panacée. A cela s'ajoute une inconnue, prévient Philippe Delienne, " comment remonter les taux sans provoquer une crise obligataire à l'image de ce qui s'est passé en 1994" .

Concernant le comportement des devises, Benjamin Melman a insisté sur la très grande complexité du problème compte tenu des politiques très accommodantes des marchés émergents. Aussi, " nous croyons à la thématique de l'appréciation des devises asiatiques " , a t-il confirmé, avec une Chine en proie à une bulle économique immobilière qui rend nécessaire un resserrement des taux. Dans ce cadre, " les Chinois seront ravis si la BCE remonte également les siens." , a relevé le responsable chez Edrim.
Par ailleurs, Benjamin Melman a prévenu : les marchés émergents sont au pied du mur en matière d'inflation. " L'idée selon laquelle le noyau dur de l'inflation est contenu est de moins en moins vraie" a-t-il déclaré. En Inde, par exemple. Résultat, les marchés émergents fonctionnent un peu comme une cocotte minute et la prudence s'impose.

De son côté, Vincent Cornet a rappelé que la hausse des taux pour les investisseurs institutionnels était une bonne nouvelle mais que la vitesse de la remontée et son importance étaient effectivement deux éléments essentiels. En 2010, le directeur des investissements avait craint une crise obligataire en Europe. Elle n'a pas eu lieu, a-t-il noté, mais a néanmoins affecté les pays périphériques.

Dans un autre genre, le responsable est revenu sur les contraintes de Solvency 2 pour les investisseurs de long terme comme lui. " Nous sommes pénalisés via un investissement " crédit" et non si nous investissons dans de la dette souveraine," a-t-il martelé, en rappelant que les risques étaient pourtant beaucoup plus élevés?

Au cours de la séance de questions, Philippe Delienne est revenu sur les obligations à haut rendement. Tout en notant qu'effectivement ces titres protègent bien les investisseurs dans les phases de hausse des taux ? même si les primes de risque ont sensiblement fondu ? le président de Convictions AM a avoué avoir de moins en moins de titres de ce type en portefeuilles " en raison d'une hausse du taux de défaut à venir important" .

Enfin, l'idée d'investir dans des obligations émergentes indexées sur l'inflation libellées en monnaie locales a été jugée comme une bonne idée par différents intervenants, à condition de prendre en compte le facteur liquidité très important en l'occurrence. Selon Olivier Guinguené, " il faut aussi faire attention à trouver un point d'entrée car ces titres sont dans l'immédiat exposés à une remontée des taux, un phénomène dommageable compte tenu de leur duration élevée.


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