Forte participation à la présidentielle en Iran

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FORTE MOBILISATION POUR LA PRÉSIDENTIELLE IRANIENNE
FORTE MOBILISATION POUR LA PRÉSIDENTIELLE IRANIENNE

par Yeganeh Torbati et Zahra Hosseinian

DUBAI (Reuters) - Malgré une campagne électorale peu animée, les Iraniens semblent s'être déplacés en grand nombre pour désigner un successeur à Mahmoud Ahmadinejad, dans le cadre du premier tour de l'élection présidentielle vendredi.

Le ministère de l'Intérieur a fait état d'une forte participation et a prolongé de plusieurs heures l'ouverture des bureaux de vote, qui devaient à l'origine fermer à 13h30 GMT, pour permettre au plus grand nombre d'électeurs de s'exprimer.

L'Iran n'a pas accordé de visa aux journalistes de Reuters pour rendre compte sur place de l'élection, mais des témoins présents dans différents bureaux de vote ont remarqué que les files d'attente étaient plus longues que lors de la précédente élection, en 2009.

Quelque 50 millions de personnes sont appelées aux urnes, dont 1,6 million voteront pour la première fois. Toutefois, le résultat affectera peu la politique étrangère et nucléaire de l'Iran, qui obéit avant tout aux choix de l'ayatollah Ali Khamenei, le "guide suprême" de la Révolution islamique.

Ali Khamenei a appelé vendredi à une large participation à ce scrutin, disant se "moquer" des remarques américaines, notamment tenues par le secrétaire d'Etat John Kerry, selon lesquelles la crédibilité de l'élection est douteuse.

"Il est important que tout le monde participe", a déclaré Ali Khamenei, qui s'est rendu aux urnes à Téhéran. "Notre chère nation doit aller voter avec enthousiasme et gaieté et doit savoir que le destin de notre pays est entre ses mains, que le bonheur du pays dépend d'elle."

Le camp conservateur semblait assuré de remporter l'élection il y a quelques semaines, mais sa dispersion entre cinq candidats pourrait favoriser les desseins du religieux Hassan Rohani, seul modéré en lice, et conduire à la tenue d'un second tour dans une semaine.

Même si les positions de Hassan Rohani s'écartent peu de la ligne conservatrice actuellement défendue par Téhéran, notamment en matière de politique étrangère, une partie des électeurs réformateurs se sont rangés derrière lui, parfois à contrecoeur.

"COLÈRE"

Le camp réformateur a suivi sans grand intérêt une campagne relativement atone, dont les règles ont été durcies par les autorités, manifestement par crainte de troubles semblables à ceux de juin 2009. Le scrutin présidentiel avait été suivi d'un vaste mouvement de contestation dans la rue contre la réélection jugée frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad.

"Je ne suis pas encore sûre de voter", explique Mahnaz, une électrice de Téhéran. "Je me souviens de ce qui s'est passé il y a quatre ans et ça me met en colère. Mais je pense aussi qu'il est important de voter. Si je décide de le faire, je voterai pour Rohani car c'est le seul modéré."

Parmi les cinq candidats conservateurs, qui ont tous exprimé une allégeance inconditionnelle à Ali Khamenei, trois ont des chances de l'emporter ou d'accéder au second tour.

De ces trois favoris, seul Saïd Jalili, négociateur en chef sur la question nucléaire et candidat le plus en vue de son camp, souhaite que Téhéran conserve une attitude intransigeante malgré la multiplication des sanctions voulues par les Occidentaux.

Ceux-ci estiment que le gouvernement iranien cherche à se doter de l'arme nucléaire, une accusation qu'il dément.

Les deux autres principaux prétendants, le maire de Téhéran Mohammad Baqer Qalibaf et l'ancien ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Velayati, ont promis de poursuivre le programme nucléaire tout en critiquant Saïd Jalili pour son intransigeance dans la négociation.

La candidature du maire de Téhéran attire particulièrement des électeurs qui se disent plus intéressés par son bilan en matière de transports publics et d'infrastructures que par les problèmes de politique étrangère.

"Je vote pour Qalibaf parce qu'il a changé les choses à Téhéran", dit Soroush, un étudiant de 29 ans de la capitale. "Il a beaucoup travaillé depuis son arrivée à la mairie, et je pense qu'on peut compter sur lui."

Pierre Sérisier et Julien Dury pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • python75 le vendredi 14 juin 2013 à 18:46

    Quand je vois la file d'attente pour aller voter!!! Je me dis que ce n'est pas demain la veille que les femmes auront vraiment leur mot à dire!!!