Forte mobilisation en France contre la loi Travail

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    * FO, la CGT et les organisations de jeunes mobilisées 
    * Ils espèrent faire mieux que le 9 mars 
    * Un quart de grévistes à la SNCF 
    * Un front syndical pas uni, souligne Myriam El Khomri 
 
 (Actualisé avec nouveaux éléments) 
    PARIS, 31 mars (Reuters) - Plusieurs dizaines de milliers de 
personnes ont lancé jeudi une nouvelle journée de mobilisation 
contre le projet de réforme du Code du travail, présentée comme 
un rendez-vous crucial par les opposants les plus déterminés à 
obtenir le retrait du texte. 
    Les deux dernières journées, planifiées pour l'essentiel par 
les seules organisations de jeunesse, avaient donné des signes 
d'essoufflement mais certains syndicats de salariés, CGT et FO 
en tête, ont rejoint le mouvement, comme le 9 mars. 
    L'objectif pour eux est de faire mieux que ce jour-là - le 
ministère de l'Intérieur avait compté 224.000 personnes dans les 
rues et les syndicats de 400.000 à un demi-million. 
    Dans les grandes villes, les premiers cortèges ont cette 
fois rassemblé plusieurs milliers de manifestants, jusqu'à 
120.000 à Marseille selon les organisateurs, l'évaluation de la 
police n'étant pas immédiatement disponible. 
    A Toulouse, ils étaient entre 20.000, d'après la police, et 
100.000, d'après les organisateurs. 
    "Il y a une très forte mobilisation. (...) ça va au-delà de 
ce qu'on avait prévu", a jugé le secrétaire général de la CGT, 
Philippe Martinez, interrogé par BFM TV. "Il faut que le 
gouvernement prenne en compte ce qu'il se passe dans la rue." 
    "Les premières manifestations sont beaucoup plus importantes 
que le 9 mars. Le gouvernement doit ouvrir les yeux", lui a fait 
écho sur Twitter son homologue de FO, Jean-Claude Mailly. 
    Par endroits, les rassemblements ont donné lieu à de brèves 
échauffourées avec la police, notamment à Marseille ou Nantes. A 
Paris et en petite couronne, une dizaine de personnes ont été 
interpellées, surtout pour des jets de projectiles, dit-on de 
source policière. 
     
    PERTURBATIONS À LA RATP ET DANS LES AIRS 
    La mobilisation prend la forme de défilés, mais aussi de 
grèves et de perturbations dans les lycées et les universités. 
    A la SNCF, où l'on prévoyait des difficultés sur le réseau 
TGV et un TER sur deux en moyenne dans les régions, le taux de 
participation à la grève s'est élevé selon la direction à 24,2%, 
contre 35,5% le 9 mars.  
    La RATP avait prévu un train sur deux pour les RER A et B et 
trois rames sur quatre en moyenne pour les métros. 
    Le secteur aérien n'est pas épargné: 20% des vols ont été 
annulés à Orly et un tiers à l'aéroport de Marseille, a annoncé 
la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).      
    Le ministère de l'Education nationale a par ailleurs recensé 
en milieu de journée 176 lycées bloqués, sur 2.500 en France. Le 
syndicat lycéen Fidl parlait de son côté de "plus de 200 lycées 
mobilisés" dans la matinée.  
    "Le blocus, c'est une démonstration de force qui permet de 
montrer qu'on est là et qu'on est jeune et qu'on en a marre de 
cette loi qui est totalement aberrante", selon Mathieu, un 
lycéen du XXe arrondissement parisien. 
    L'exécutif lui-même anticipait une participation massive. 
    "On s'attend à une mobilisation importante. La CGT se 
prépare depuis plusieurs semaines, la SNCF est mobilisée", 
disait-on mercredi dans l'entourage du Premier ministre, Manuel 
Valls. 
         
    "LÉGITIME" 
    Avant même cette journée, les organisations ayant appelé à 
la mobilisation et à la grève - CGT, FO, FSU, Solidaires pour 
les salariés et Unef, UNL et Fidl pour les étudiants et lycéens 
- n'excluaient pas de prolonger le mouvement. 
    "Il y a une certitude: sans réponse du pouvoir politique, on 
continuera cette mobilisation la semaine prochaine", a dit 
William Martinet, président de l'Unef, sur France Info. 
    Selon lui, seul un retrait du texte, préalable à de 
nouvelles négociations, pourra être jugé satisfaisant. Un 
scénario que n'envisage pas le gouvernement. 
    "Qu'il y ait (...) des organisations syndicales qui 
utilisent le droit de grève et le droit de manifester, c'est 
légitime. Que la jeunesse fasse part de son exaspération, c'est 
légitime aussi", a déclaré Myriam El Khomri sur BFM TV. 
    Mais la ministre a souligné que les grévistes se 
mobilisaient sur des mots d'ordre spécifiques dans certains 
secteurs, comme les transports, et que le front syndical n'était 
pas uni. 
    Myriam El Khomri faisait là référence aux divergences entre 
FO ou la CGT d'un côté et les syndicats réformistes, parmi 
lesquels la CFDT, de l'autre. Ces derniers, opposés à la 
première version du textes mais convaincus par les retouches 
apportées par le gouvernement, n'ont pas appelé à défiler jeudi. 
    Le projet de loi, qui entend donner plus de place à la 
négociation collective dans les entreprises et les branches 
professionnelles, a été présenté la semaine dernière en conseil 
des ministres et doit maintenant être examiné par le Parlement.  
   
 
 (Myriam Rivet, Jean-Baptiste Vey et Simon Carraud, avec service 
France, édité par Yves Clarisse) 
 
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