Forte mobilisation en France contre la loi Travail

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MOBILISATION MASSIVE CONTRE LA LOI TRAVAIL
MOBILISATION MASSIVE CONTRE LA LOI TRAVAIL

PARIS (Reuters) - Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont lancé jeudi une nouvelle journée de mobilisation contre le projet de réforme du Code du travail, présentée comme un rendez-vous crucial par les opposants les plus déterminés à obtenir le retrait du texte.

Les deux dernières journées, planifiées pour l'essentiel par les seules organisations de jeunesse, avaient donné des signes d'essoufflement mais certains syndicats de salariés, CGT et FO en tête, ont rejoint le mouvement, comme le 9 mars.

L'objectif pour eux est de faire mieux que ce jour-là - le ministère de l'Intérieur avait compté 224.000 personnes dans les rues et les syndicats de 400.000 à un demi-million.

Dans les grandes villes, les premiers cortèges ont cette fois rassemblé plusieurs milliers de manifestants, jusqu'à 120.000 à Marseille selon les organisateurs, l'évaluation de la police n'étant pas immédiatement disponible.

A Toulouse, ils étaient entre 20.000, d'après la police, et 100.000, d'après les organisateurs.

"Il y a une très forte mobilisation. (...) ça va au-delà de ce qu'on avait prévu", a jugé le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, interrogé par BFM TV. "Il faut que le gouvernement prenne en compte ce qu'il se passe dans la rue."

"Les premières manifestations sont beaucoup plus importantes que le 9 mars. Le gouvernement doit ouvrir les yeux", lui a fait écho sur Twitter son homologue de FO, Jean-Claude Mailly.

Par endroits, les rassemblements ont donné lieu à de brèves échauffourées avec la police, notamment à Marseille ou Nantes. A Paris et en petite couronne, une dizaine de personnes ont été interpellées, surtout pour des jets de projectiles, dit-on de source policière.

PERTURBATIONS À LA RATP ET DANS LES AIRS

La mobilisation prend la forme de défilés, mais aussi de grèves et de perturbations dans les lycées et les universités.

A la SNCF, où l'on prévoyait des difficultés sur le réseau TGV et un TER sur deux en moyenne dans les régions, le taux de participation à la grève s'est élevé selon la direction à 24,2%, contre 35,5% le 9 mars.

La RATP avait prévu un train sur deux pour les RER A et B et trois rames sur quatre en moyenne pour les métros.

Le secteur aérien n'est pas épargné: 20% des vols ont été annulés à Orly et un tiers à l'aéroport de Marseille, a annoncé la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Le ministère de l'Education nationale a par ailleurs recensé en milieu de journée 176 lycées bloqués, sur 2.500 en France. Le syndicat lycéen Fidl parlait de son côté de "plus de 200 lycées mobilisés" dans la matinée.

"Le blocus, c'est une démonstration de force qui permet de montrer qu'on est là et qu'on est jeune et qu'on en a marre de cette loi qui est totalement aberrante", selon Mathieu, un lycéen du XXe arrondissement parisien.

L'exécutif lui-même anticipait une participation massive.

"On s'attend à une mobilisation importante. La CGT se prépare depuis plusieurs semaines, la SNCF est mobilisée", disait-on mercredi dans l'entourage du Premier ministre, Manuel Valls.

"LÉGITIME"

Avant même cette journée, les organisations ayant appelé à la mobilisation et à la grève - CGT, FO, FSU, Solidaires pour les salariés et Unef, UNL et Fidl pour les étudiants et lycéens - n'excluaient pas de prolonger le mouvement.

"Il y a une certitude: sans réponse du pouvoir politique, on continuera cette mobilisation la semaine prochaine", a dit William Martinet, président de l'Unef, sur France Info.

Selon lui, seul un retrait du texte, préalable à de nouvelles négociations, pourra être jugé satisfaisant. Un scénario que n'envisage pas le gouvernement.

"Qu'il y ait (...) des organisations syndicales qui utilisent le droit de grève et le droit de manifester, c'est légitime. Que la jeunesse fasse part de son exaspération, c'est légitime aussi", a déclaré Myriam El Khomri sur BFM TV.

Mais la ministre a souligné que les grévistes se mobilisaient sur des mots d'ordre spécifiques dans certains secteurs, comme les transports, et que le front syndical n'était pas uni.

Myriam El Khomri faisait là référence aux divergences entre FO ou la CGT d'un côté et les syndicats réformistes, parmi lesquels la CFDT, de l'autre. Ces derniers, opposés à la première version du texte mais convaincus par les retouches apportées par le gouvernement, n'ont pas appelé à défiler jeudi.

Le projet de loi, qui entend donner plus de place à la négociation collective dans les entreprises et les branches professionnelles, a été présenté la semaine dernière en conseil des ministres et doit maintenant être examiné par le Parlement.

(Myriam Rivet, Jean-Baptiste Vey et Simon Carraud, avec service France, édité par Yves Clarisse)

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