Forte mobilisation contre le projet d'aéroport de Nantes

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FORTE MOBILISATION CONTRE LE PROJET D'AÉROPORT DE NANTES
FORTE MOBILISATION CONTRE LE PROJET D'AÉROPORT DE NANTES

NOTRE-DAME-DES-LANDES (Reuters) - Des milliers de personnes ont participé samedi à un grand rassemblement contre le projet d'aéroport de Nantes, à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

Cette manifestation de "réoccupation" des terrains évacués depuis un mois par les forces de l'ordre a rassemblé 30.000 personnes, selon les organisateurs et 13.500 d'après la préfecture.

Ce projet, voulu par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lorsqu'il était député et maire de Nantes, est en passe de devenir le symbole du mécontentement d'une partie de la gauche face aux premiers mois du gouvernement socialiste.

Le cortège, hétéroclite, a rassemblé aussi bien des militants anarchistes, des écologistes que des agriculteurs en tracteurs, autour de slogans comme "Oui aux carottes, non aux carottages !" ou "De l'humus, pas des Airbus !".

Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche, et le député européen d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) José Bové, ont marché aux côtés des manifestants.

Une partie d'entre eux a commencé à reconstruire des cabanes sur un terrain en cours d'expropriation, à l'aide de palettes de bois et de matériaux de récupération.

Cette "manifestation de réoccupation" survient un mois après le début des expulsions des militants anticapitalistes, qui ont investi depuis plusieurs années des maisons rachetées par les pouvoirs publics ou le concessionnaire Vinci en vue de la construction du futur aéroport.

Selon la préfecture, elles se justifient par l'imminence des travaux préparatoires à la future desserte routière de l'aéroport, qui doivent démarrer en janvier prochain. Ceux de l'équipement à proprement parler doivent débuter en 2014, pour une mise en service en 2017.

LE PS S'EN PREND À L'EELV

La construction et la concession du futur aéroport, situé à 30 km au nord de Nantes, ont été confiées au groupe Vinci, qui évalue son coût à 560 millions d'euros. Il en déboursera 320, le reste étant payé par l'Etat (125,5 millions d'euros) et les collectivités locales (115,5 millions d'euros).

Le projet - dont les écologistes, le MoDem et le Parti de Gauche réclament l'abandon - est porté par l'Etat et soutenu par l'UMP, le Parti communiste et les élus socialistes locaux.

Présenté par ses promoteurs comme un "transfert" de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, situé en périphérie immédiate de la ville et menacé selon eux de "saturation", le futur équipement vise à réduire les nuisances en termes de bruit et le "sentiment d'insécurité" d'une partie des habitants de l'agglomération survolés par les avions.

Les opposants affirment que ces arguments sont infondés.

Le Premier secrétaire du Parti socialiste a estimé samedi qu'une partie de la majorité gouvernementale, l'EELV, "ne devrait pas s'impliquer dans des manifestations qui prennent pour cible le Premier ministre".

Devant le conseil national du PS, Harlem Désir a affirmé que le projet était "soutenu par les collectivités locales et leurs habitants très majoritairement".

"Nous ne manifestons pas contre le Premier ministre ni le gouvernement, c'est le contraire", a rétorqué le secrétaire national d'Europe-Ecologie Les Verts, Pascal Durand.

Guillaume Froin, édité par Gérard Bon

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