Forte mobilisation à Paris contre les rythmes scolaires

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FORTE MOBILISATION DES ENSEIGNANTS DU PRIMAIRE CONTRE LA RÉFORME DES RYTHMES SCOLAIRES
FORTE MOBILISATION DES ENSEIGNANTS DU PRIMAIRE CONTRE LA RÉFORME DES RYTHMES SCOLAIRES

PARIS (Reuters) - Quelque 90% des enseignants d'école primaire à Paris étaient en grève mardi pour protester contre l'entrée en vigueur de la réforme des rythmes scolaires dès la rentrée 2013 dans le cadre du projet de loi sur la refondation de l'école, a-t-on appris de source syndicale.

Au total, 56 écoles primaires de la capitale sont fermées, a indiqué à Reuters Nicolas Wallet, membre du SNUipp-FSU Paris, le syndicat majoritaire du primaire, qui parle d'une "mobilisation historique".

Le rectorat de Paris a fait état pour sa part de 78% d'enseignants grévistes et de la mise en oeuvre du Service minimum d'accueil (SMA) dans 71 écoles à Paris à la veille d'une journée d'action nationale et de la présentation du projet de loi en conseil des ministres, mercredi.

La mairie de Paris, dont le maire Bertrand Delanoë souhaite une entrée en vigueur de la réforme dès cette année, avait indiqué lundi que 84% des enseignants parisiens avaient fait part de leur intention de faire grève.

L'intersyndicale réclame le report de la mise en oeuvre de la semaine de quatre jours et demi officiellement prévue pour la rentrée 2013. Selon le projet de décret du gouvernement, les communes ont jusqu'au 1er mars pour demander un report d'un an de l'entrée en vigueur de la réforme, soit à la rentrée 2014.

La réforme prévoit de fixer à 5h30 la durée maximale de la journée de classe (contre 6h actuellement), à 3h30 la durée maximale de la demi-journée et à 1h30 la durée minimale de la pause à la mi-journée. L'enseignement sera dispensé dans le cadre d'une semaine de neuf demi-journées incluant le mercredi matin et des activités pédagogiques viendront s'ajouter aux 24 heures d'enseignement hebdomadaire.

Les syndicats dénoncent entre autres un nombre insuffisant d'animateurs formés avant septembre pour gérer les activités périscolaires et redoutent des inégalités croissantes entre les écoles concernant ces activités.

"On ne veut pas une réforme bâclée, le mot d'ordre c'est ni statu quo ni bricolage", explique Nicolas Wallet. "Il ne s'agit pas d'un réflexe corporatiste, il y a une réelle inquiétude concernant la mise en place de cette réforme."

"S'ils nous prouvent qu'en cinq mois, ils sont capables de recruter du personnel, de proposer des offres périscolaires riches et égalitaires entre les différentes écoles, on peut y réfléchir, mais j'en doute."

DIALOGUE ET CONCERTATION

Invitée sur RTL mardi matin, la première adjointe au maire de Paris, Anne Hidalgo, a défendu la réforme du gouvernement, arguant qu'elle était faite "pour les enfants".

"Tout le monde s'accorde en France à dire que le rythme de nos enfants n'est pas bon", a fait valoir l'élue socialiste, candidate aux élections municipales de 2014.

"Je pense que les parents nous suivront", a-t-elle ajouté. Concernant les syndicats, "on va discuter. Vous savez en France, on sait que les réformes sont toujours difficiles à porter, on va le faire dans le dialogue, dans la concertation", a-t-elle indiqué.

La secrétaire générale déléguée de l'UMP Valérie Pécresse a dénoncé pour sa part "une réforme mal préparée".

"On désorganise les écoles primaires, la vie des familles, le fonctionnement des collectivités locales. Ça va être très coûteux. Ces marges de man?uvre financières, on aurait dû les mettre dans les cours de soutien pour les apprentissages fondamentaux", a-t-elle estimé sur i>TÉLÉ. "C'est un passage en force symptomatique de l'absence de méthode de Vincent Peillon."

Le chef de l'Etat François Hollande s'est engagé en octobre à procéder à une refonte de l'école avec la volonté de mettre en oeuvre des changements structurels plutôt qu'une énième réforme.

Un fonds spécifique de 250 millions d'euros va être débloqué en 2013 pour aider les collectivités à financer la prise en charge des enfants pendant les heures réaménagées par la réforme.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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  • ANOSRA le mardi 22 jan 2013 à 13:46

    Mr Peillon champion de la concertation? On se demande avec qui, sans doute pas avec les enseignants dont Juliard, ancien secrétaire du syndicat étudiant et maître d'oeuvre de la réforme s'est étonné du corporatisme et du conservatisme de leurs syndicats! Echec pour ces prétentieux !