Ford fermera son usine belge de Genk d'ici fin 2014

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FORD FERMERA SON USINE BELGE DE GENK D'ICI FIN 2014
FORD FERMERA SON USINE BELGE DE GENK D'ICI FIN 2014

par Robert-Jan Bartunek

GENK, Belgique (Reuters) - Ford a annoncé mercredi la fermeture d'ici fin 2014 de son usine belge de Genk dans le cadre d'une restructuration visant à redresser ses activités automobiles européennes lourdement déficitaires.

Le site, qui emploie 4.300 personnes, verra l'assemblage des Mondeo, Galaxy et S-Max transféré à l'usine Ford de Valence, en Espagne, à la fin du cycle de production en cours.

La nouvelle, relayée par les syndicats à la sortie d'une réunion avec la direction, a suscité la colère et l'amertume de centaines d'ouvriers massés devant l'usine.

"La direction a décidé de fermer l'assemblage de voitures et les activités de presse à Genk à la fin du cycle de production actuel en 2014", leur a déclaré Luc Prenen, représentant du syndicat ACV. "Cela entraînera la fermeture du site de production de Genk et la perte des 4.300 emplois."

Selon le syndicaliste, les dirigeants de Ford Europe n'ont pas assisté à la réunion, laissant la direction de l'usine lire une simple déclaration.

Ford Europe, de son siège de Cologne, a peu après publié un communiqué pour confirmer l'arrêt de la production à Genk et le transfert à Valence de l'assemblage des Mondeo, Galaxy et S-Max de nouvelle génération.

"Le projet de restructuration de nos activités de production en Europe est un volet fondamental de notre plan pour renforcer l'activité de Ford en Europe et renouer avec une croissance profitable", y déclare Stephen Odell, le PDG de Ford Europe, en promettant des mesures d'accompagnement pour les salariés de Genk.

Selon le communiqué, "le plan vise à remédier aux surcapacités découlant d'une baisse de plus de 20% de la demande de véhicules en Europe occidentale depuis 2007".

Les responsables de Ford Europe, dont Stephen Odell, avaient des entrevues mercredi avec le gouvernement de la région flamande, où est située l'usine de Genk, et avec le Premier ministre Elio di Rupo et la ministre de l'Emploi Monica De Coninck.

La direction de Ford rencontrera également, jeudi, les syndicats britanniques, les médias locaux rapportant que le groupe envisage aussi de fermer son usine de Southampton, dans le sud de l'Angleterre.

Ce site, où est assemblé le monospace Transit, emploie environ 500 personnes.

Un porte-parole de Ford a refusé de commenter les informations de la presse britannique.

ÉCHAUFFOURÉES

Le sort de l'usine de Genk était en suspens depuis plusieurs mois. Les syndicats pensaient avoir obtenu en septembre l'assurance que la nouvelle Mondeo y serait assemblée mais l'annonce, lundi, de la convocation d'une réunion d'urgence ce mercredi a douché les derniers espoirs.

L'annonce de la fermeture a provoqué des échauffourées devant l'usine, vite contenues par les syndicats. "Elles visaient la direction mais ils sont vite partis. Il y avait beaucoup de colère et de frustration", a expliqué Luc Prenen par la suite.

"C'est difficile parce que la plupart des gens ici ont plus de 40 ans", a dit à Reuters un ouvrier, Rudi Schepens. "Au début ils nous ont donné de l'espoir, maintenant il n'y a plus rien."

En juillet, Ford avait doublé sa prévision de perte en Europe cette année, à un milliard de dollars (773 millions d'euros), en ajoutant qu'il lui faudrait "réduire la production pour répondre à la demande réelle".

Le constructeur américain, dont les usines européennes tournent en moyenne à 52% de leurs capacités maximales, présentera lundi prochain ses résultats du troisième trimestre.

LE C-MAX TRANSFÉRÉ À SARRELOUIS

Ford est confronté comme ses concurrents à la contraction du marché européen, où les immatriculations de voitures neuves ont connu en septembre leur plus forte baisse depuis 12 mois.

PSA Peugeot Citroën, qui a annoncé cet été la fermeture en 2014 de son usine d'Aulnay-sous-Bois, près de Paris, a accusé une baisse de 3,9% de son chiffre d'affaires au troisième trimestre et a recours à une garantie de l'Etat pour son pôle bancaire.

De son côté Opel, filiale de General Motors, négocie avec les syndicats la fermeture de son usine de Bochum, en Allemagne, après avoir décidé en mai de transférer la production de la nouvelle Astra en Grande-Bretagne.

L'usine Ford de Genk a ouvert en 1964. Selon les syndicats, elle a tourné à un rythme de quatre jours par semaine pendant une bonne partie de 2012 et il ne reste cette année que 15 jours de production au programme, dont aucun en décembre.

Dans une récente note de recherche, l'analyste d'UBS Colin Langan, basé à New York, estimait à 1,1 milliard de dollars le coût de la fermeture du site de Genk, pour des économies attendues de 730 millions par an.

En Belgique, la fermeture de Genk fait suite à celle de l'usine de General Motors à Anvers en 2010. Il ne restera à l'avenir que deux sites d'assemblage de voitures en Belgique, ceux de Volvo à Gand et d'Audi (groupe Volkswagen) à Bruxelles.

L'usine Ford de Valence emploie 3.485 personnes et assemble actuellement des Grand C-Max et des Compact. Le constructeur américain a également à Valence une usine de moteurs, avec un effectif de 470 personnes.

Dans son communiqué, Ford dit envisager de transférer la production des C-Max et Grand C-Max de Valence à Sarrelouis, en Allemagne, pour faire place aux nouveaux modèles.

Véronique Tison pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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  • gvigner3 le mercredi 24 oct 2012 à 15:19

    Merci à l'Europe: fermeture en Belgique et transfert de la production OU?? à Valence en Espagne avec le frics de l' ensemble des autres pays Européens...CI C' EST CA LA CONSTRUCTION DE L' EUROPE, SI OUI POUR MOI c'EST NON MERCI