Football: Rousselot veut toujours un Grand Stade près de Nancy

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par Dimitri Rahmelow

NANCY (Reuters) - Après le refus de la Communauté urbaine de Nancy, Jacques Rousselot, président de l'AS Nancy-Lorraine, envisage toujours la construction d'un Grand Stade dans la région, avec éventuellement des fonds exclusivement privés.

"Si ce n'est pas sur ce site-là (à Tomblaine, où est situé le stade Marcel-Picot, NDLR), ce sera sur un autre site", a-t-il déclaré mercredi dans une interview à Reuters, en reconnaissant toutefois qu'une telle enceinte ne pourrait être prête pour le Championnat d'Europe des nations, organisé en 2016 en France.

"Mais je peux vous assurer que l'ASNL va évoluer. Les ressources nécessaires pour évoluer, c'est un stade. Si on veut être à la lutte et pérenniser le club en Ligue 1, il nous faut un outil, donc un stade. Mais pour l'Euro 2016, il faut oublier."

Le président de la Communauté urbaine du Grand Nancy (CGUN), André Rossinot, également maire de Nancy, avait dénoncé le 9 décembre les coûts trop élevés pour l'édification d'une nouvelle enceinte de 32.000 places en vue de la compétition continentale.

"On cherche un investisseur pour nous accompagner durablement et reprendre en charge les destinées de l'ASNL sous une forme ou sous une autre", précise le président lorrain, en laissant entendre que le projet pourrait s'appuyer sur des fonds exclusivement privés.

"Il y a des collectivités de l'extérieur de Nancy qui pourraient nous proposer des terrains. Ca discute déjà. Je ne le lâche pas, ce grand stade", martèle Jacques Rousselot.

"SAVOIR FRANCHIR LA LIGNE JAUNE"

Jacques Rousselot, au club depuis 1994, s'interroge encore sur les raisons qui ont poussé la CUGN à déclarer forfait.

"Il faut parfois savoir franchir la ligne jaune, et se donner de l'ambition. Et je pense notamment à (feu le maire de Montpellier) Georges Frêche, qui a fait un travail considérable. Il a quelques fois franchi la ligne jaune pour avoir un résultat sensationnel", estime Rousselot.

Au-delà d'un stade de football, le projet porté depuis quatre ans par l'AS Nancy-Lorraine consistait en la construction d'un "centre de vie" capable d'accueillir des grands concerts ou des conventions qui ne peuvent avoir lieu dans la région faute d'équipements adéquats.

"Montpellier est une agglomération du même type que Nancy où il y a tout : l'université, le tram, le foot, la culture, une Arena. Frêche a eu le courage d'aller aux devants des besoins. Celui qui n'a pas compris que, dans sa cité, le football c'était sacré, il n'a rien compris."

L'ancien PDG de supermarchés ne désespère toutefois pas que la région Lorraine accueille plusieurs rencontres de l'Euro 2016 à travers la candidature de Metz qui s'est positionné après le forfait nancéien.

"Si Metz peut être le candidat de demain, pourquoi pas. S'ils veulent concourir, en tant que membre de la Fédération et décideur, je ferai tout pour que Metz soit associé à ce projet. Ça ferait un stade lorrain", plaide celui qui est également membre du comité exécutif de la FFF.

Jacques Rousselot, 64 ans, mûrit également un autre projet, se lancer en politique à l'occasion de la prochaine campagne municipale en 2014 pour défier les élus actuels.

"On verra, mais le foot, c'est le parti numéro 1 en France. Ce n'est pas l'UMP, le PS ou le FN. Le foot, c'est 5-6 millions de personnes, avec les amateurs du dimanche. C'est le plus grand parti de France", affirme-t-il.

Edité par Pascal Liétout

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