Football: retour d'exil réussi pour l'énigme Steed Malbranque

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L'OL PEUT COMPTER SUR SON ÉNIGMATIQUE STEED MALBRANQUE
L'OL PEUT COMPTER SUR SON ÉNIGMATIQUE STEED MALBRANQUE

par André Assier

Lyon (Reuters) - Comme depuis le début de la saison, l'Olympique lyonnais pourra compter dimanche face à Bordeaux sur l'énigmatique milieu de terrain Steed Malbranque, aussi avare de mots dans la vie qu'il est généreux sur le terrain.

La recrue estivale, formée au club avant un long exil en Angleterre a fait, à onze ans d'intervalle, un aller-retour à Lyon où l'on se posait des questions cet été sur son état de forme, après une parenthèse d'un an sans jouer.

On l'avait quitté un soir d'été 2011 dans l'incompréhension et la confusion : Steed Malbranque, Lyonnais pur sucre, venait de quitter Saint-Etienne quelques semaines seulement après avoir rejoint le meilleur ennemi du septuple champion de France.

Au début du mois d'août, il avait signé chez les Verts et mis fin par la même occasion à son parcours outre-Manche, entre Fulham qui l'a recruté en 2001 pour 51 millions de francs (7,7 millions d'euros), Tottenham et Sunderland.

Et, subitement, il a décidé d'arrêter net son aventure stéphanoise. Il a demandé la résiliation de son contrat, le tout assorti d'une exigence personnelle : ne pas être payé pour ce mois d'août interrompu.

Personne n'a vraiment compris cette volte-face. Lui ne l'a d'ailleurs jamais vraiment expliquée, gardant pour lui le mystère de ce retour avorté. Car Steed Malbranque est ainsi: il ne parle pas.

Son premier formateur à l'OL, Robert Valette, le résume ainsi : "C'est un taiseux. Je ne l'ai jamais vu grand causeur. Et ses années anglaises ne l'ont pas changé. Il est beaucoup sur la défensive."

Steed Malbranque a prononcé ses seuls mots ou presque lors de sa présentation à la presse fin août : "Je ne suis pas revenu en France pour ma notoriété et ma gloriole. Je n'ai jamais dit que je voulais arrêter ma carrière en août 2011 quand je suis parti de Saint-Etienne."

"Je savais que je voulais revenir. L'envie a toujours été là. Le foot m'a manqué. (...) L'OL, c'est le club de mon coeur. Cela me plaît de revenir et c'est un beau challenge que de montrer ma détermination", a-t-il ajouté, sur un ton monocorde.

ENDURCI

Une poignée de mots et puis s'en va. Jamais il ne répond à une demande d'interview et la "zone mixte", où les joueurs croisent les journalistes à la sortie des vestiaires après les matches, n'a jamais été pour lui un passage obligé.

Tout juste se souvient-on de cette boutade à l'été 2011 lors de son bref séjour dans le Forez. "Avec Steed comme prénom, j'étais destiné à jouer en Angleterre", commentait à l'époque celui dont le passage en outre-Manche a de quoi inspirer le respect.

Il se trouve au troisième rang des Français qui ont joué le plus de matches en Premier League avec 336 rencontres disputées, contre seulement 307 pour Patrick Vieira ou 287 pour William Gallas.

Alors, ce sont les autres qui en parlent le mieux, notamment Robert Valette : "Quand il était jeune, la relation avec son père qu'il aimait énormément était compliquée. Son père était très directif, très présent."

A tel point qu'aujourd'hui, et depuis une décennie, ils ne se parlent plus : "Je l'ai vu pleurer lors d'un match cadets que nous avions gagné 4-1 parce que son père, qui voulait qu'il soit le meilleur, lui avait fait une remarque sur une action mal faite."

"Il voulait que ce soit un homme parfait", se souvient son ancien formateur.

"Il a un caractère bien trempé. Il sait où il va. Il n'a pas attendu qu'on lui ouvre les portes. Il a toujours tapé très fort pour se les ouvrir. C'est un bon mec en plus. Un gagneur fini, un acharné."

Les nouveaux coéquipiers de Steed Malbranque abondent dans le même sens, à commencer par le milieu de terrain Maxime Gonalons: "C'est très facile de jouer avec lui. (...) C'est le métronome de l'équipe. Il fait voir à tout le monde qu'il est une excellente recrue pour nous."

Et cela va continuer, prédit Robert Valette : "Je pense qu'il va répéter cela tout au long de l'année si on lui fait confiance. J'ai retrouvé un Steed guerrier. Et peut-être plus qu'il ne l'était avant. Son séjour anglais l'a encore endurci."

"Le foot français est passé à côté d'un très bon joueur", conclut-il. Mais pas son club formateur qui le retrouve au sommet de sa forme.

Edité par Simon Carraud

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