Football: reprise des violences à Port-Saïd, en Egypte

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REPRISE DES VIOLENCES À PORT-SAÏD, EN ÉGYPTE
REPRISE DES VIOLENCES À PORT-SAÏD, EN ÉGYPTE

LE CAIRE (Reuters) - Les violences ont repris samedi après-midi à Port-Saïd, sur le littoral méditerranéen, entre policiers et supporteurs du club de football d'Al Masry quelques heures après la mort d'une personne tuée par balles lors de premiers affrontements.

La police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en l'air dans cette ville portuaire du nord de l'Egypte.

Les supporteurs protestaient contre la suspension de leur club à la suite du drame du 1er février à Port-Saïd.

La Fédération égyptienne de football a annoncé qu'Al Masry, le club de Port-Saïd, était suspendu deux ans et que son stade serait interdit pendant trois ans. Ces sanctions ont été prises en raison de la mort de 74 personnes le 1er février dans des violences qui ont éclaté dans ce stade après un match contre le club cairote d'Al Ahli.

D'après des témoins, durant la nuit de vendredi à samedi, la police militaire a tiré en l'air pour tenter de disperser les centaines de supporters rassemblés devant le siège de l'Autorité du canal de Suez à Port-Saïd.

"Des centaines de supporters en colère ont affronté la police militaire après l'annonce de la décision", a dit un témoin.

"L'un d'entre eux a été tué d'une balle dans le dos et 18 autres ont été blessés dans les affrontements, deux d'entre eux souffrant de blessures par balles", a-t-on dit de source médicale.

En raison des échauffourées, les installations portuaires de la ville ont été fermées samedi matin. D'après des témoins, de nombreuses usines sont restées closes et des centaines de protestataires ont fermé des routes menant à la ville méditerranéenne, empêchant des milliers d'employés venant des provinces environnantes de se rendre au travail.

Al Masry sera de nouveau autorisé à participer au championnat de première division lors de la saison 2013-2014.

Lors de l'envahissement du terrain le 1er février, les portes métalliques du stade avaient été verrouillées. De nombreux supporters tentant de fuir les violences avaient ainsi été bloqués et des dizaines d'entre eux avaient péri dans les bousculades.

De nombreux supporters imputent ce drame au laxisme, voire à la complicité des autorités militaires qui dirigent l'Egypte depuis le renversement d'Hosni Moubarak, emporté par un soulèvement populaire en février 2011.

Le parquet a décidé de traduire en justice 75 personnes, dont neuf responsables de la sécurité à Port-Saïd, pour ce drame.

Mohamed Abdellah, Bertrand Boucey et Benjamin Massot pour le service français

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