Football: Rémi Garde fait l'unanimité à Lyon

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RÉMI GARDE FAIT L'UNANIMITÉ À LYON
RÉMI GARDE FAIT L'UNANIMITÉ À LYON

par André Assier

LYON (Reuters) - Passionné, honnête et droit: à l'évocation de Rémi Garde, les éloges pleuvent à l'Olympique lyonnais où l'entraîneur nommé il y a dix-huit mois a mené le redressement d'un club qu'il connaît comme peu d'autres.

Il y a un an et demi, l'ancien milieu de terrain de 46 ans, capitaine de l'OL lors de sa remontée en première division en 1989, prenait les rênes d'un groupe professionnel pour la première fois.

Son équipe est aujourd'hui leader de la Ligue 1 avec trois points d'avance sur le Paris Saint-Germain, grand favori du championnat, auquel il rend visite dimanche au Parc des princes dans le choc de la 18e journée.

Sa nomination, Rémi Garde la doit en grande partie à Bernard Lacombe, conseiller de Jean-Michel Aulas, qui a soutenu sa candidature en glissant à son président: "Mais nous avons notre Guardiola à nous", une référence à l'entraîneur qui a tout gagné avec le FC Barcelone en y faisant ses débuts sur le banc.

"Rémi, c'est mon fils. Version foot", aime à dire Lacombe, figure historique du club, comme Garde dont le premier atout fut bien cette "moelle rouge et bleue".

Arrivé à l'OL à 14 ans pour intégrer les équipe de jeunes, il joue jusqu'en 1993 avec l'équipe première puis prend en 2003, au retour de son exil à Arsenal dont il fut le premier capitaine étranger, les fonctions de superviseur, puis d'entraîneur-adjoint et de responsable du centre de formation.

"Il a bourlingué, en France, en Angleterre (...) Il a été consultant télé, adjoint à l'OL, a travaillé avec (l'ancien entraîneur) Gérard Houllier, avec la formation. C'est exactement le chemin qu'il faut prendre pour être un jour manager", rappelle Robert Duverne, préparateur physique qui a connu Garde à Lyon dans les années 1990.

"A partir du moment où il a travaillé dans les murs avant de prendre son rôle, il connait les rouages du club. C'est un atout, tout comme sa passion du club", reprend-il.

"Quand on est passionné, on est prêt à faire des sacrifices, à foncer d'une autre manière, car c'est un devoir."

CLAIR, CARRÉ, PRÉCIS

Son staff technique n'est pas chiche en compliments, à l'image de Joël Bats, l'entraîneur des gardiens, qui a connu une époque où les habitudes de la maison étaient bouleversées par des entraîneurs venus d'ailleurs.

"Il a de l'humilité et beaucoup de savoir. Quand on a les deux, on est capable de bien s'entourer pour être encore plus fort", souligne-t-il.

Son adjoint Gérald Baticle dresse un portrait plus personnel mais tout aussi positif: "C'est un bon mec, tout simplement. Quelqu'un de juste et d'honnête, ce sont beaucoup de qualités humaines. Et dans l'amitié, c'est encore d'autres valeurs, il est droit et juste dans le travail, et agréable en dehors."

Les supporters lyonnais, frustrés par les échecs des années passées, partagent cette admiration pour Rémi Garde, à qui ils ont réservé une ovation le jour où le groupe des "Bad Gones" fêtait ses 25 années d'existence.

Les joueurs, auxquels il dit demander de penser au collectif avant de penser à leur carrière, semblent aussi apprécier sa franchise, selon Gérald Baticle, qui a côtoyé Garde sur le terrain, à Strasbourg.

"Rémi répète souvent c'est en jouant en équipe qu'individuellement tout le monde s'y retrouve. C'est le collectif, savoir se faire mal individuellement, ne rien lâcher. Mais également rester concentré quand ça va bien. Et se serrer les coudes quand ça ne va pas, être capable de faire les efforts pour l'adversaire", dit Gérald Baticle.

"Sa communication est claire, carrée et précise. Les joueurs ont besoin d'entendre ce genre de discours, ils savent ce qu'ils ont à faire, sur quel principe s'appuyer collectivement."

Ce portrait de l'entraîneur idéal -au moins pour Lyon-, n'exonère pas Rémi Garde de la nécessité de résultats. Avec une victoire en Coupe de France en mai dernier et une place de leader après 17 journées cette saison, il tient pour l'heure sa feuille de route.

"On essaie de faire progresser les joueurs les uns après les autres depuis deux ans, pour que le groupe devienne plus fort", relève Joël Bats. "Et quand un groupe progresse, c'est que l'entraîneur y est pour quelque chose."

Edité par Gregory Blachier

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