Football: Pinault se juge trop complaisant avec le Stade Rennais

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FRANÇOIS-HENRI PINAULT S'ESTIME TROP COMPLAISANT AVEC LE STADE RENNAIS
FRANÇOIS-HENRI PINAULT S'ESTIME TROP COMPLAISANT AVEC LE STADE RENNAIS

RENNES (Reuters) - Le propriétaire du Stade Rennais, François-Henri Pinault, estime avoir été trop complaisant à l'égard de joueurs, notamment le milieu de terrain Yann M'Vila, dont les problèmes extra-sportifs ont perturbé la vie du club la saison dernière.

"Avec mon père, nous avons été trop complaisants avec le Stade Rennais à cause de notre amour du football", dit l'homme d'affaires dans un ouvrage à paraître samedi et publié à l'occasion du centenaire du Stade de la Route de Lorient.

"Nous ne sommes pas aussi lâches avec nos autres entreprises!", ajoute celui qui a pris la suite de son père François Pinault, troisième fortune de France, à la tête du groupe de luxe et de mode sportive PPR.

"Nous sommes des gens simples, souligne-t-il. Ce club est proche de l'éducation que j'ai reçue de mon père. Lorsqu'un joueur se comporte mal, c'est l'image du club qui est atteinte. Par ricochet, celle de ma famille. Je ne peux pas l'accepter."

Au cours de la saison 2011-12, Yann M'Vila a passé une nuit en garde à vue à la suite d'une plainte déposée pour violences et eu affaire à la justice après avoir accusé des prostituées de l'avoir détroussé.

François-Henri Pinault, rarement disert, évoque la façon dont son père, qui a racheté le club en 1998, vit le manque d'investissement de certains joueurs mis à l'index la saison dernière parce que pas assez combatifs.

"Il ne supporte pas que le comportement des joueurs ne soit pas à la hauteur de nos couleurs. C'est insupportable. Ce genre d'attitude met mon père dans une transe incroyable", raconte le fils de l'industriel.

Depuis trois saisons, Rennes est souvent à la lutte pour une qualification européenne jusqu'à quelques journées du terme du championnat mais, invariablement, s'effondre dans le final.

"DANS LA TÊTE"

Si les Pinault s'agacent des errements de leurs joueurs, le fils assure que son père peut comprendre la défaite, d'autant mieux que la famille n'a pas vocation à se lancer dans une course avec les clubs les plus riches de la Ligue 1.

"En préambule de la saison 2012-2013, j'ai expliqué aux joueurs qu'ils avaient le droit de perdre des matches. Leur investissement doit cependant être irréprochable. Le Stade Rennais ne doit pas s'incliner à cause de problèmes de comportement sur le terrain", dit-il.

En veine de confidences, François-Henri Pinault raconte comment, les soirs de match, père et fils respectent un "rituel" en s'enfermant dans le salon de François Pinault pour suivre la rencontre en dehors de toute autre présence.

"Nous vivons le match ensemble comme de vrais supporters. On gueule, on s'engueule (...) Il est sanguin. Je suis mesuré. A la fin du match, je me charge d'appeler Pierre Dréossi, le manager du club. C'est préférable", plaisante-t-il.

Si la famille n'attend pas du club qu'il domine la Ligue 1, elle aimerait glaner un trophée mais ceux-ci lui échappent depuis sa prise de contrôle et, plus loin, depuis la victoire en Coupe de France en 1971.

Cette année, Rennes a chuté en demi-finale de la Coupe de France contre Quevilly, un club de National. En 2009, il avait été battu en finale par Guingamp, alors en Ligue 2.

"Notre club doit régulièrement gagner un de ces deux trophées. Là-dessus on bute. On bute à cause d'un problème psychologique. On perd des matches dans la tête", estime-t-il.

Pierre-Henri Allain, édité par Gregory Blachier et Gilles Trequesser

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