Football: Maxime Gonalons, l'ascension dans la discrétion

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LA DISCRÈTE ASCENSION DE MAXIME GONALONS
LA DISCRÈTE ASCENSION DE MAXIME GONALONS

par André Assier

LYON (Reuters) - A bientôt 24 ans, Maxime Gonalons suit sans faire de bruit une trajectoire linéaire et ascendante qui le voit aujourd'hui porter le brassard de capitaine de l'Olympique lyonnais et être régulièrement appelé en équipe de France.

Le milieu de terrain de l'OL a fait ses grands débuts professionnels en 2009. L'année suivante, il fut vice-champion de France et demi-finaliste de la Ligue des champions. En 2011, il fut convoqué pour la première fois chez les Bleus et un an plus tard, il souleva son premier trophée, la Coupe de France.

Depuis le début de la saison, Maxime Gonalons enchaîne les prestations de qualité et son poids dans le vestiaire a conduit le mois dernier son entraîneur Rémi Garde à le désigner comme capitaine, l'Argentin Lisandro Lopez souhaitant être déchargé de cette responsabilité.

"C'est un honneur mais aussi une grande fierté pour mes proches", savoure l'intéressé. "Porter le brassard de l'Olympique lyonnais à 23 ans, ce n'était pas donné à tout le monde. Je ne l'aurais pas imaginé pour autant. Ça s'est fait naturellement. J'ai accepté parce que ce sont des choses qui ne se refusent pas."

Est-ce sa passion de la pêche à la ligne qui le fait rester d'un calme olympien en toutes circonstances ? Est-ce ce maudit staphylocoque doré de juillet 2008 qui lui avait fait craindre pour l'intégrité de sa jambe qui lui fait relativiser ? Ou est-ce son éducation au sein d'une famille où la notion de travail compte beaucoup ?

"Un peu de tout cela", résume l'un de ses premiers éducateurs à l'OL, Pascal Yvars, aujourd'hui l'un de ses conseillers.

"Mais c'est difficile de savoir exactement d'où vient ce recul car il ne parle pas beaucoup. Et son 'souci' de 2008, il n'en parle jamais et ne veut pas aborder le sujet."

Pour Pascal Yvars, il s'agit sûrement d'un excès de timidité. "Ce qui est sûr, c'est qu'il ne fait pas de bruit et parfois, il n'ose pas dire les choses", raconte-t-il.

"UNE FIERTÉ D'ÊTRE APPELÉ RÉGULIÈREMENT"

"Au début du mois, il m'appelle pour me dire: 'Pascal, Je ne suis plus vice-capitaine de l'OL'". A l'autre bout du fil, Pascal Yvars attend la suite. Elle ne viendra pas. "C'est moi qui ait finalement dit, 'Alors, c'est que tu es capitaine !"

A entendre Maxime Gonalons, cette nouvelle responsabilité ne l'a pas transformé.

"Personnellement, je ne change pas. On m'a donné le brassard de capitaine depuis que Licha (Lisandro, ndlr) a voulu se concentrer sur son seul travail d'attaquant. Je n'ai rien changé dans ma façon d'aborder mon métier car à 23 ans, j'ai encore beaucoup à apprendre", confie-t-il à Reuters.

"J'ai plus de responsabilités à prendre. Même si je ne suis pas le joueur qui va parler ou crier sur tout le monde, j'essaie de le faire naturellement."

En attendant, il savoure, lui le Lyonnais de naissance, arrivé à l'OL à 11 ans et qui a franchi toutes les étapes internes pour en être désormais le symbole d'un club qui compte sur son "Académie".

"C'est ma quatrième saison en professionnel et je me sens beaucoup mieux car on me donne de la confiance. J'accumule des matches et du coup, j'appréhende la pression et tout ce qu'il y a autour. Comme dans tous les métiers, avec l'expérience, c'est plus facile."

En restant accessible, humble, généreux, il cultive son côté "normal". "Ses parents lui disent souvent : 'n'oublie jamais d'où tu viens'", explique Pascal Yvars.

Du haut de ses six sélections en Bleu, Maxime Gonalons ne se prend pas pour un cadre et ce, même si Didier Deschamps semble lui accorder du crédit depuis qu'il a remplacé Laurent Blanc l'été dernier.

"Je ne sais pas si je suis installé en équipe de France. Il faut se remettre en question tous les jours. Il faut que je continue à faire le meilleur à l'entraînement. C'est une fierté d'être appelé régulièrement", estime-t-il.

"Et comme j'en ai discuté avec Sidney Govou (49 sélections de 2002 à 2010, ndlr), je reviens plus fort après un passage en équipe de France."

"C'était le cas cet automne avec l'Espagne. J'ai touché ce soir-là le très, très haut niveau. Ce qui se fait de mieux au monde", poursuit-il, en référence au match nul 1-1 que les Bleus ont rapporté de Madrid en octobre.

"Et dans une soirée comme celle-là, tu apprends beaucoup en un match face aux meilleurs du monde. Du coup, tu te sens mieux et plus épanoui au retour."

(Edité par Olivier Guillemain)

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