Football: les Lyonnaises s'attaquent au monde

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par André Assier

LYON (Reuters) - Après avoir fait de la France son royaume depuis 2007 et de l'Europe son empire depuis deux ans, l'équipe féminine de l'Olympique lyonnais part à la conquête du monde.

Le double champion d'Europe participe au Japon, pays des championnes du monde, à un mini tournoi qui l'opposera à l'INAC Kobe, champion national, au NTV Beleza, vainqueur de la Coupe du Japon et au Canberra United FC, champion d'Australie.

L'épreuve est organisée par la Fédération japonaise, sous le regard bienveillant de la Fifa qui pourrait, en cas de succès, la reprendre à son compte et en faire l'équivalent de la Coupe du monde des clubs masculine.

La quête lyonnaise débutera jeudi (07h30 GMT) contre Beleza.

"C'est une belle nouveauté et cela va nous permettre de nous faire connaître de par le monde", résume la capitaine de l'OL Sonia Bompastor.

"Nous allons nous mesurer à des équipes reconnues. Si nous gagnons, nous pourrons dire que nous serons parmi les plus belles équipes du monde. Cela aurait de la gueule !"

Cette nouvelle compétition offre une belle vitrine au football féminin, en plein essor en France grâce aux succès de l'Olympique lyonnais et à la progression des Bleues, quatrièmes de la Coupe du monde 2011 et des Jeux olympiques en août.

"Dans un sens, c'est la reconnaissance du foot féminin", observe Patrice Lair, l'entraîneur lyonnais.

"Cela nous permet d'élargir la palette de nos titres. Cette compétition est une idée japonaise. Nous allons découvrir un football champion du monde et un football australien qui ressemble au foot US très engagé."

PIONNIÈRES

L'expérimentée arrière Sonia Bompastor - septuple championne de France à 32 ans - savoure par avance ces duels.

"Nous nous approchons de ce qui se fait chez les garçons et c'est un plus indéniable", explique-t-elle.

"Déjà, la Ligue des champions est jouée deux jours avant celle des hommes dans la même ville. C'est du positif dans l'évolution du foot féminin."

Véritable moteur de son sport en France, l'OL féminin joue donc les ambassadeurs de luxe.

"Nous sommes aussi des pionnières et cela restera marqué dans nos mémoires", relève Bompastor.

"Nous sommes encore dans le moment présent. Mais plus tard, nous verrons que nous aurons été une génération pionnière dans la reconnaissance, dans les titres et les résultats. Nous serons à jamais dans l'histoire."

De ce périple au bout du monde affleure aussi la question d'un possible ennui des Lyonnaises, tant elles dominent leurs rivales françaises. Invaincues depuis 59 matches, elles ont gagné leurs neuf premiers matches de championnat avec 53 buts marqués pour deux encaissés.

Sonia Bompastor joue donc les diplomates. "Nous ne pouvons pas dire que nous nous ennuyons en France, mais voilà, nous survolons le championnat", plaide-t-elle. "Nous venons de marquer six buts à Montpellier, l'un des potentiels dauphins. C'est un signe."

Patrice Lair est plus direct.

"La France, trop petite ? Ouais... Nous aimerions jouer Bordeaux, Marseille comme Montpellier et PSG. C'est encore assez loin pour avoir un championnat serré", dit-il pour souligner l'absence d'équipes féminines de haut niveau dans les grands clubs nationaux.

Au triplé Coupe-championnat-Coupe d'Europe du printemps, Lyon rêve donc de faire succéder cette saison un quadruplé en ajoutant un trophée mondial à son palmarès.

"Nous ne sommes jamais vraiment rassasiées", prévient Sonia Bompastor.

La finale est prévue dimanche (08h20 GMT).

Edité par Grégory Blachier

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