Football: les Bleus n'ont plus droit à l'erreur, dit Deschamps

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POUR DIDIER DESCHAMPS, LES BLEUS N'ONT PLUS LE DROIT À L'ERREUR
POUR DIDIER DESCHAMPS, LES BLEUS N'ONT PLUS LE DROIT À L'ERREUR

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - Les joueurs de l'équipe de France n'ont plus de droit à l'erreur au regard des errements du passé mais doivent faire abstraction et n'avoir en tête que la Coupe du monde 2014 au Brésil, estime le sélectionneur Didier Deschamps.

Dans un entretien à Reuters, Deschamps rappelle l'importance du maillot bleu, "au-dessus de tout", et, par des propos qui évoquent son passé de capitaine des champions du monde 1998, la nécessaire "unité" du groupe autour de son objectif commun.

Nommé il y a neuf mois, l'ancien milieu de terrain aux 103 sélections a déjà contribué à réconcilier l'équipe de France avec un public resté sur la frustration d'une élimination sans combattre face à l'Espagne en quart de finale de l'Euro 2012.

Les Bleus de Deschamps ne font pas encore tout parfaitement, sinon ils n'auraient pas cédé face à l'Espagne en mars au Stade de France, mais au moins mettent-ils du coeur à l'ouvrage.

Ils s'éloignent ainsi de ceux qui avaient alimenté leur mauvaise réputation à l'Euro, sur fond d'insultes à la presse, de passe d'armes avec le sélectionneur d'alors Laurent Blanc, de signe d'irrespect sur ou hors du terrain.

Deux ans après la Coupe du monde 2010, restée célèbre pour sa grève de l'entraînement consécutive à l'exclusion de Nicolas Anelka, ils avaient échoué à reconquérir les Français, à défaut de conquérir un titre.

"Il y a un avant 2010 et un après 2010, il ne faut pas oublier ce qu'il y a eu. Le regard et tout ce qui en découle sont totalement différents", rappelle Didier Deschamps.

"Malheureusement pour eux, aujourd'hui, le footballeur international français n'a plus le droit à l'erreur."

"On ne va pas vivre avec le passé. Ils ont eu ça, ils le garderont toute leur carrière. Il y a des points noirs dans une carrière, j'en ai eu aussi en tant que joueur. Moi, ce qui m'intéresse, c'est pas ce qui est derrière, c'est ce qui est devant moi et je veux que les joueurs pensent comme ça aussi."

"RIEN DE PLUS BEAU"

L'ex-entraîneur de Monaco, de la Juventus Turin et de l'OM a pris naturellement les commandes de l'équipe de France, dont il a été le symbole pendant les années glorieuses, de 1996 à 2000.

Aujourd'hui, il s'attache donc à faire passer un message simple : "Je pars du principe, et c'est une réalité pour moi, qu'il n'y a rien de plus beau que le maillot de l'équipe nationale, même s'ils jouent dans les grands clubs qui gagnent tous les titres."

"L'équipe nationale doit être au-dessus de tout, et ils doivent se retrouver là-dedans, tous, avec des caractères, des personnalités différentes. Mais l'unité doit y être parce que le talent ne suffit pas, ce serait trop facile."

Lui-même, harceleur, gratteur de ballons et empêcheur de tourner en rond, n'était pas le joueur le plus talentueux des Bleus, laissant la lumière à Zinedine Zidane, Youri Djorkaeff voire à Laurent Blanc, défenseur au port altier.

Mais il était le rassembleur, l'homme du collectif, et cette expérience lui est utile dans sa fonction.

"De par mon expérience de joueur, je sais que même avec du talent, cette notion de collectif est essentielle. Sans ça, on ne peut arriver à atteindre des objectifs élevés", dit-il.

"Ma carrière de joueur m'aide parce que j'ai été confronté à beaucoup de situations. C'est un trésor, entre guillemets, dans lequel je peux puiser à tout moment, en sachant qu'il faut adapter aussi parce que c'était une autre époque, un autre cadre, des mentalités qui ont évolué aussi."

S'adapter, c'est savoir faire fi du passé et laisser les joueurs reprendre leur place, quelle que soit leur histoire. Les exemples de Patrice Evra ou Franck Ribéry, acteurs clés de la fronde sud-africaine d'il y a deux ans, en témoignent.

"Je ne prends jamais de position radicale", assure Deschamps. "Tout être humain peut faire des erreurs (...) Franck a connu moments difficiles, quand il est revenu aussi, parce que les joueurs ont besoin d'être dans un climat de confiance."

Cette notion est, avec l'efficacité dont il est un chantre, la seule qu'il accepte de mettre en avant. Même lorsqu'il est invité à évaluer les progrès de son équipe depuis qu'il en a la responsabilité, Deschamps ne parle que "collectif" et "groupe".

La seule incursion qu'il fait dans l'analyse individuelle réside dans la nécessité de "faire tout pour être le meilleur possible individuellement" et l'intégration des "exigences du haut niveau". Dont celle de faire le moins d'erreurs possibles.

Edité par Tangi Salaün

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