Football: les Bleus changent, assure Blaise Matuidi

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par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - L'équipe de France de football a retenu la leçon de l'épisode de Knysna et des écarts de conduite lors du dernier Euro, qui ont considérablement terni son image et ses joueurs sont en train de changer, assure Blaise Matuidi dans un entretien à Reuters.

Interrogé à quelques jours du rassemblement à Clairefontaine pour préparer un match amical contre le Japon et un déplacement périlleux en Espagne dans le cadre des éliminatoires pour le Mondial 2014, le milieu de terrain du PSG s'est confié sans détour sur ce sujet encore sensible dans le groupe tricolore.

"On a su tirer les leçons de ce qui n'a pas fonctionné lors des deux grandes dernières compétitions", commence-t-il, la tête un peu basse, comme celle d'un enfant qui avouerait une bêtise.

Le milieu du Paris Saint-Germain n'était pas de ceux qui ont fait la grève de l'entraînement lors de la Coupe du monde 2010 car à l'époque, Raymond Domenech n'avait pas jugé bon de le retenir pour faire le voyage jusqu'en Afrique du Sud.

En revanche, il était présent cet été en Ukraine, où des joueurs ont insulté journalistes, arbitre, se sont insultés entre eux ou n'ont pas voulu serrer la main du sélectionneur.

À l'écouter en parler avec sa voix douce et calme, tout cela est désormais derrière l'équipe de France, engagée selon lui dans un vrai processus de reconstruction.

"Certains règles ont été définies, il faut les respecter. On a besoin de se refaire une image, c'est la vérité. Et pour le moment, on le démontre bien", juge-t-il.

"Cela arrive de faire des erreurs. Après, l'essentiel, c'est de ne pas les rééditer et d'en tirer des leçons. C'est ce que l'on est en train de faire et tant mieux", poursuit Matuidi.

"On sait qu'il faut être irréprochable, sur et en dehors du terrain. On essaye à chaque fois d'évoluer un peu plus. Depuis l'Euro, certaines choses ont déjà changé."

"PAS DES MAUVAIS GARÇONS"

"Et puis vivons le présent ! Tout ça est derrière nous. On a un objectif, qui est celui de se qualifier pour la Coupe du monde et désormais, c'est ça le principal."

Avant de refermer le chapitre, Blaise Matuidi veut rappeler que les joueurs de l'équipe de France, qu'ils aient fauté ou non en juin, ne sont pas "des mauvais garçons".

"Pour avoir vécu à l'Euro, à l'intérieur du groupe, je peux vous dire qu'on vivait très bien, qu'il n'y avait pas de souci et qu'il y avait une bonne ambiance entre nous", raconte-t-il.

"C'est pour cela que j'ai été un peu surpris de tout ce qui a été dit en France à notre retour. Je pense que cela a été un peu exagéré. Mais bon, après, il faut savoir accepter."

D'un caractère opiniâtre et besogneux, Blaise Matuidi bénéficie cette saison de la confiance de son entraîneur Carlo Ancelotti, qui l'aligne quasiment à chaque match du PSG.

En Bleu, il ne compte que six sélections mais les forfaits de Rio Mavuba et d'Abou Diaby pour les deux prochains matches de l'équipe de France devraient lui permettre de se mettre en valeur.

Pour cet ancien pensionnaire de l'Institut national du football de Clairefontaine (INF), le prestigieux centre de préformation français, revenir à l'endroit même où enfant, il a nourri bon nombre de rêves, est "une fierté immense".

"Toutes mes sélections, je les vis comme si c'était une première. C'est toujours enrichissant de pouvoir porter ce maillot bleu. C'est un grand bonheur", dit-il en toute sincérité.

"Quand j'étais à l'INF, je croisais tous les grands Bleus à l'époque de (Zinedine) Zidane ou de Thierry Henry. Aujourd'hui, savoir qu'on est au 'Château' à leur place, ça me fait vraiment quelque chose."

Edité par Grégory Blachier

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