Football: le TFC sur les traces du Barça pour la formation

le
0
TOULOUSE MET L'ACCENT SUR LA FORMATION, DANS LE SILLAGE DU BARÇA
TOULOUSE MET L'ACCENT SUR LA FORMATION, DANS LE SILLAGE DU BARÇA

par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - Contraint au dépôt de bilan en 2001, le Toulouse FC s'est reconstruit grâce aux "Pitchouns" de son centre de formation et tente désormais de bâtir un projet de jeu allant de l'école de football à l'équipe de Ligue 1, sur le modèle du FC Barcelone.

Contre Lorient, le 2 décembre (1-0), huit des onze Violets titulaires étaient issus de la formation du TFC, symboles de la belle santé d'un centre dont les récents fleurons sont Etienne Capoue ou Moussa Sissoko - transféré depuis à Newcastle.

Le club revient pourtant de loin: plombé par ses finances et rétrogradé administrativement en National, le 'Téfécé' était passé tout près de disparaître au début de la saison 2001-2002.

Mais grâce au talent de ses jeunes et à l'expérience de grognards comme Christophe Revault, Stéphane Lièvre ou William Prunier, Toulouse avait enchaîné deux remontées immédiates sous la direction d'Erick Mombaerts pour revenir dans l'élite.

"Le club est reparti grâce à la formation lorsqu'il y a eu le dépôt de bilan et que (le président) Olivier Sadran a repris le club", rappelle Alain Casanova, entraîneur des professionnels depuis 2008 et moteur de ce projet d'identité de jeu.

"On a essayé de mettre en place un projet global, avec un modèle de jeu bien spécifique, comme peuvent l'avoir certains grands clubs, comme Barcelone ou l'Ajax Amsterdam, où tout le monde joue de la même manière, avec les mêmes principes, où la philosophie de jeu et le jeu collectif sont mis en avant."

MOUVEMENT ET CIRCULATION DE BALLE

Clubs formateurs réputés pour leur beau jeu, l'Ajax et le Barça ont réussi à dominer l'Europe du football en se fondant sur une philosophie unique appliquée à tous les étages du club.

"Depuis que je suis l'entraîneur, j'ai voulu mettre en place un projet qui démarre à l'école de foot et qui se décline jusqu'aux professionnels", soit une quinzaine d'équipes, poursuit Alain Casanova.

"J'ai mis en place un projet de jeu à partir d'un modèle de jeu que j'applique en professionnel: c'est avant tout un jeu collectif, basé sur la circulation du ballon et le mouvement."

Le TFC accueille 65 joueurs en formation, auxquels il faut ajouter les jeunes de la préformation (13-15 ans) et les 120 enfants de l'école de football (7-13 ans).

Avec un budget annuel de deux à trois millions d'euros, le centre de formation toulousain est parvenu à faire monter dans l'équipe professionnelle trois joueurs par saison en moyenne depuis cinq ans, selon son directeur Rémy Loret.

"On a la chance au Toulouse Football Club d'avoir un entraîneur pro qui fait confiance aux jeunes", se félicite-t-il.

"Le club nous donne des moyens, nous fait confiance et a basé son projet sur la formation, ce qui est un luxe."

"LA MACHINE EST LANCÉE"

L'ossature de l'équipe de Ligue 1 en témoigne: outre le milieu Capoue, d'autres jeunes pousses du TFC sont régulièrement titulaires, comme le gardien Ali Ahamada, les défenseurs Cheikh M'Bengue, Steeve Yago et Jean-Daniel Akpa Akpro, ou les ailiers Franck Tabanou et Adrien Regattin.

Moussa Sissoko, qui compte neuf sélections en Bleu, était lui aussi un cadre des Violets avant son transfert fin janvier à Newcastle.

Inculquer à tous les jeunes Toulousains une culture commune a beaucoup d'avantages, estiment les responsables du club.

"À partir du moment où on forme nos joueurs avec des spécificités par rapport au système mis en place, c'est un gain de temps terrible", insiste l'entraîneur des Violets, qui dit suivre chacun des joueurs du centre de formation.

"Les joueurs, de suite, en arrivant dans le groupe professionnel, n'ont pas besoin de temps d'adaptation. Dans tous les entraînements professionnels, il y a cinq à dix joueurs du centre de formation qui viennent compléter le groupe pro", ajoute-t-il.

Avec un accent particulier mis sur la réussite scolaire -95% d'admis au baccalauréat- et l'ouverture d'esprit, le TFC compte bien inscrire ce projet de jeu dans la durée.

"Ma plus grande fierté c'est que la machine est lancée", conclut Alain Casanova, dont le contrat a été récemment prolongé jusqu'en juin 2014.

"Que je sois là longtemps ou pas, je pense que c'est un projet qui a mis le club sur des rails. Comme à l'Ajax et au Barça, les hommes pourront passer mais je pense que la philosophie, la méthodologie, le projet resteront."

Edité par Grégory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant