Football: le PSG a un plan pour grandir vite

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LES GRANDES MANOEUVRES POUR FAIRE GRANDIR LE PSG ONT DÉBUTÉ
LES GRANDES MANOEUVRES POUR FAIRE GRANDIR LE PSG ONT DÉBUTÉ

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - Le PSG, pour devenir dans les années à venir un grand d'Europe, entend se donner les moyens de détecter le nouveau Lionel Messi, développer une "marque" internationale et optimiser l'exploitation commerciale du Parc des Princes.

Dix-huit mois après l'arrivée de Qatar Sports Investments (QSI), les grandes manoeuvres ont débuté dans la capitale, au-delà de l'aspect purement sportif et des transferts clinquants de Zlatan Ibrahimovic, de Thiago Silva ou encore de David Beckham.

"L'idée est d'aller vite. Il n'y a pas vraiment d'autre modèle en Europe. On bouge pas mal les lignes. Il s'agit d'une avancée rapide mais assumée, tout en humilité", a résumé jeudi devant quelques journalistes le directeur général du PSG, Jean-Claude Blanc.

"Une ville comme Paris n'a jamais eu de grand club de sport. Le PSG a à peine 40 ans tandis que les autres grands clubs du monde sont centenaires. Cette analyse-là nous pousse à aller vite. Le territoire est disponible", a-t-il ajouté.

"Il y a les Yankees à New York, les Lakers à Los Angeles, les Bulls à Chicago. A Paris, il n'y avait quand même rien ou peu de choses pour l'instant."

INFRASTRUCTURES

Pour grandir vite, le PSG a lancé la modernisation de ses infrastructures.

Le Camp des Loges de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) apparaît trop petit au vu des aspirations du club et le centre de formation ne donne pas assez de joueurs de très haut niveau.

"Nous cherchons à construire un nouveau centre d'entraînement qui sera emblématique de notre ambition", a confié Jean-Claude Blanc sans dire si le club resterait à Saint-Germain-en-Laye.

"Il va falloir mettre les joueurs dans les meilleures conditions possibles. On vise une ouverture en 2016 au plus tard."

"Nous souhaitons aussi développer une académie liée à ce centre. Aujourd'hui nous avons une équipe avec des joueurs qui viennent de différents horizons, qui doivent être efficaces immédiatement. Notre volonté, c'est de construire ici un cycle de formation extrêmement performant avec des joueurs capables de l'intégrer."

"Il y a dans Paris et autour de Paris beaucoup de talents (...) Le nouveau (Lionel) Messi habite peut-être à quelques kilomètres d'ici. Il faut le mettre en condition, le détecter et peut-être l'aider s'il a des difficultés à s'entraîner", a-t-il ajouté, citant le FC Barcelone ou l'Ajax d'Amsterdam en références.

En parallèle de ces projets, le PSG doit accroître ses revenus afin de respecter les nouvelles règles sur le fair-play financier mises en oeuvre par l'UEFA, qui requièrent des clubs qu'ils ne dépensent pas plus d'argent qu'ils n'en génèrent.

Cela passe notamment par le Parc des Princes.

"NE PAS FAIRE COMME LES AUTRES"

Le club se heurte toutefois à deux obstacles majeurs : le stade appartient à la Ville de Paris et sa capacité ne peut être beaucoup augmentée en raison des contraintes architecturales du bâtiment et de la configuration du quartier alentour.

Pour Jean-Claude Blanc, ce n'est pas un problème.

"Quand on ne peut pas augmenter le nombre de places, il reste toujours une possibilité d'augmenter la rentabilité d'un siège en offrant une prestation, une expérience nouvelle", a-t-il expliqué, évoquant les places achetées par des partenaires privés.

"D'une manière générale, nous avons développé de manière très forte l'ensemble des revenus. Dans le licensing (droits d'utilisation de la marque, NDLR), bien évidemment mais aussi dans la partie hospitalité", a-t-il souligné.

"Il y a 18 mois, il y avait 1.500 sièges à prestations au Parc des Princes destinés aux entreprises, il y en a plus de 2.000 aujourd'hui qui sont vendues à 100%. Il y en aura plus de 3.000 la saison prochaine."

Pour trouver d'autres financements, le PSG a conclu un accord original et unique en son genre : se faire sponsoriser pendant cinq ans par l'Autorité de développement du tourisme du Qatar à hauteur de 150 à 200 millions d'euros par saison, au titre de la promotion du petit émirat du Golfe.

"Peut-être que pour aller vite, il faut imaginer des choses nouvelles, ne pas faire comme les autres", a dit Jean-Claude Blanc au sujet de ce contrat que certains jugent déconnecté de la réalité commerciale.

Avec un tel accord, que l'UEFA doit encore valider, le PSG pourra se conformer aux règles européennes que Jean-Claude Blanc ne voit pas comme un obstacle. "Le fair-play financier n'est pas un frein pour nous", dit-il.

Edité par Grégory Blachier

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